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Une check-list pour éviter d’enlever un sein de trop

La malade aurait-elle caché ce sein (gauche) que l’équipe médicale n’aurait su voir ?  à‡a pourrait expliquer la terrible erreur dont a été victime une patiente du centre Léon-Bérard de Lyon. Admise afin de subir une ablation du sein, une dame atteinte d’un cancer a été débarrassée de ses deux seins, après que les [suite…]

chirurgieLa malade aurait-elle caché ce sein (gauche) que l’équipe médicale n’aurait su voir ?  à‡a pourrait expliquer la terrible erreur dont a été victime une patiente du centre Léon-Bérard de Lyon. Admise afin de subir une ablation du sein, une dame atteinte d’un cancer a été débarrassée de ses deux seins, après que les médecins se sont aperçus qu’ils s’étaient trompés de côté.

De telles bévues parraissent impesnables, reléguées au rang des cauchemars. Et pourtant les erreurs arrivent, plus ou moins graves, lors des 234 millions d’actes chirurgicaux pratiqués tous les ans.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il existe un moyen simple pour diminuer drastiquement le nombre de complications. Pendant un an, l’OMS  a demandé à  huit hôpitaux des quatre coins de la planète de tester une check-list pré-opératoire.

Le concept est on ne peut plus simple. La check-list contraint le personnel médical à  prendre quelques secondes avant l’anésthésie, avant l’opération, puis après celle-ci, pour égrener à  haute voix les points importants  “ nom du patient, nature de l’opération, allergies éventuelles, stocks de sang, etc.

De la Tanzanie à  la Nouvelle Zélande, les résultats sont sans appel. Le taux de complication “ toutes opérations confondues, “cardiaques exceptées” “ est passé de 11 % à  8 %. Le taux de mort sur le billard est descendu de 1,5 % à  0,8 %.

L’OMS diffuse, sur son site, une vidéo montrant l’exemple. En la visionnant, on imagine mal comment le personnel de l’hôpital lyonnais aurait pu se tromper de côté si ces vérifications avaient été faites. |

Il est surprenant qu’une idée aussi simple et aussi peu onéreuse puisse aboutir à  des résultats si spectaculaires. Pourquoi n’y a-t-on pas pensé avant ? L’OMS espère que “2500 hôpitaux auront adopté ce système avant la fin de l’année”. Quatre pays ayant participé à  l’expérimentation ont annoncé leur volonté de généraliser au plus vite ce système.

En France, c’est pour quand ?

Cette étude a été publiée dans le New England Journal of Medicine

Photo : Marmont59

À propos de l'auteur

Jonathan Parienté