Billets

Pourquoi les blogs de science ?

Vivian a contacté par courriel les blogueurs que nous sommes, se demandant ce qui nous pousse à  parler ainsi de science, de quelle façon nous essayons d’en parler et à  qui. Il a bien fait. Voici donc quelques réflexions jetées en vrac par Tom Roud et Enro (et relues par Timothée).

Au XIXe siècle, la vulgarisation scientifique était partout et la science un sujet de discussion incontournable. Aujourd’hui, la presse quotidienne mêle dans une même rubrique science, technologie et environnement, réduisant les thématiques scientifiques pures à  une peau de chagrin mais montrant que le progrès ne se dissocie plus des préoccupations environnementales et des technologies qui rythment notre vie quotidienne. C’est cette réalité qui pousse des scientifiques de formation ou de profession à  vouloir bloguer pour partager leur vision de la science.

En effet, la science qu’ils vivent au quotidien ou qu’ils regardent évoluer en observateurs attentifs n’a rien à  voir avec le mythe de la science froide et austère. Elle est chaude, humaine, fragile et précieuse à  la fois. Le blog est donc une fenêtre sur la science, permettant de court-circuiter les barrières entre public et recherche, et surtout d’entamer un échange. Sur un blog, le citoyen peut poser des questions aux scientifiques, demander des références, engager un véritable dialogue. Qu’on ne s’y trompe pas, le scientifique y trouve son compte. Car dans un monde où la science est omniprésente, où des décisions politiques doivent être prises sur la base de faits scientifiques (qu’il s’agisse de la culture des OGM ou du réchauffement climatique), le blog permet au scientifique d’intervenir directement sur la place publique, de défendre le fait scientifique publiquement, sans le miroir déformant des politiques ou des journalistes. Ce n’est pas un hasard si économistes et climatologistes sont autant représentés sur la blogosphère scientifique ; le blog fait alors aussi partie d’une démarche citoyenne.

Bloguer ne risque-t-il pas d’empiéter sur l’activité scientifique même ? Il s’agit évidemment de trouver le bon équilibre, mais le blog peut au contraire être un bon moyen de tenir une bibliographie, de commenter des articles, de détailler des points scientifiques obscurs pour les autres ou pour soi. Il permet le cas échéant de rencontrer d’autres scientifiques en ligne, d’échanger des idées. L’ouverture et le débat n’ont jamais nui à  la science, bien au contraire, et le blog, espace public mais personnel ” au contraire d’un forum par exemple ”, est un lieu idéal pour mener une discussion encadrée par le blogueur hôte. N’oublions pas non plus qu’écrire et expliquer font partie des activités de base des scientifiques, que cela soit dans des articles spécialisés ou dans le cadre d’un enseignement. Bloguer régulièrement sur un sujet peut permettre de se maintenir activement et ludiquemment à  jour dans une thématique tout en posant les bases de futurs cours, en regroupant références, graphiques, en “testant” ses explications sur un auditoire a priori bienveillant. Ecrire sur un blog permet en plus de s’affranchir du style impersonnel de la publication scientifique, d’adopter un ton plus ouvert, plus propice à  un échange avec ses lecteurs. Au plus grand plaisir du rédacteur !

Car le blog est un plaisir avant tout égoà¯ste, un plaisir d’écrire et un plaisir de fouiller et de s’engager au lieu de simplement survoler. Et puisque c’est une tribune libre, le blogueur en profite aussi pour aborder des sujets pas uniquement scientifiques, en espérant conserver son regard particulier. Mais cet “ego trip” ne part pas moins du présupposé que ce qui nous intéresse puisse intéresser d’autres personnes. Des pairs, des amateurs de science mais aussi de simples curieux attirés par un certain style d’écriture ou de questionnements plus que par le savoir scientifique en soi. Car pour ces blogueurs, la science n’est pas nécessairement une fin en soi. Ils ne veulent pas tant faire oeuvre de prosélytisme et donner à  la science de nouveaux adeptes que la partager comme on partage toute culture, en racontant son histoire, ses pratiques et ses relations complexes à  la société, la religion, la morale, la politique ou l’art. Finalement, tout devient prétexte pour parler de la science, que ce soit pour en partir ou pour y revenir. En espérant que le lecteur, lui, y revienne plutôt qu’il n’en parte

À propos de l'auteur

Antoine Blanchard

Antoine Blanchard

Blogue depuis 2006 sur la sociologie des sciences, la communication scientifique et les relations science-société. Fait de gloire : co-fondateur et ancien président du Café des sciences.

23 Commentaires

  • Merci à  vous deux pour ce petit récapitulatif…

    Ce qui légitime le plus l’activité du bloggueur scientifique à  mes yeux, c’est l’occupation de la niche — je fais mon écologiste — que les médias traditionnels n’exploitent pas : la science de tous les jours, qui mêle des aspects très théoriques à  des aspects très humains… Et les chroniques de laboratoire, qui au final, nous en apprennent beaucoup sur ceux qui “font la science”.

    La prochaine étape sera de se demander “Pourquoi les médias traditionnels et les bloggueurs doivent travailler ensemble?

  • Pour ma part, je sais que le blog a constitué un bon moyen de mettre des idées à  plat et de développer plus avant certaines idées qui seraient restées comme beaucoup d’autres sur une feuille de brouillon si je ne m’étais pas forcé à  en extraire un petit article. Je pense qu’au final, c’est vraiment un très bon exercice que de se forcer à  se demander ce qui dans la science peut-être intéressant pour des non spécialiste. Je pense que ça m’a donné de nombreuses idées pour des recherches futures. Le seul problème, c’est que ça prend un temps fou d’écrire ces petits articles d’une demie page.

  • “La prochaine étape sera de se demander “Pourquoi les médias traditionnels et les bloggueurs doivent travailler ensemble?”

    Je pense que cela peut être assez compliqué en fait. Car il me semble que, vis-à -vis du grand public, le blogueur scientifique a potentiellement un petit avantage par rapport au journaliste scientifique : il connaît en général mieux la science dont il parle, surtout quand il occupe sa “niche” comme tu dis. C’est assez différent du cas des blogs politiques où les blogueurs politiques n’ont pas tellement d’autres plus values que d’être des blogs. Je me demande du coup quelle est la perception des journalistes des blogs scientifiques (c’est un peu un appel à  la discussion ). L’avantage du journaliste, c’est qu’il a probablement plus l’esprit de synthèse, va peut-être plus facilement faire le lien avec la société en général, et aborder des thématiques plus variées : les blogs des c@fetiers sont en fait assez monocolores thématiquement (Eljj maths, Benjamin plutôt bactéries, Enro plutôt sociologie des sciences, etc …)

    Sinon je suis assez d’accord avec tout le commentaire de PAC; moi aussi le blog me permet de mettre les choses à  plat. C’est aussi pour cela que je pense que le blog est très utile d’un point de vue pédagogique (c’est un peu ce que je voulais dire dans le billet aussi).

  • Merci pour votre article. Ce que vous décrivez révèle un terrible problème toutefois. Ce que vous faites, tous aux cafés des sciences est super mais bon, soyons réalistes, vous vous lisez beaucoup entre vous. Je ne dis pas que des ‘curieux’ ne viennent jamais, mais même dans ce cas, combien de personnes cela concerne, très peu finalement. Je suis tout de même parfaitement atterrée par l’inculture des journalistes, même scientifiques. Par l’inculture des politiques. Par l’inculture des citoyens dans leur immense majorité. Tenir un blog est bon pour toutes les raisons que vous avez évoquées, mais après ça, on reste avec le même problème – moins epsilon. J’attends avec impatience l’article sur les journalistes. C’est en effet un moyen de faire caisse de résonance. C’est indispensable. Je trouve que notre monde est tres triste quand on est scientifique.

    Nicole

  • @Nicole : ce petit nombre de lecteurs, il ne faut pas se le cacher, c’est le lot de la blogosphère en général. à€ l’exception de quelques blogues hyper-populaires (que tous les médias mentionnent à  tour de rôle), 99,9% des blogues vont chercher un auditoire minimaliste… Mais ceci dit, il ne faut pas s’en faire, parce que c’est leur raison d’être!

    Certes, nous aimerions tous avoir des millions de lecteurs, mais le but premier des blogues, tel qu’exprimé au fil des ans de diverses façons (par exemple ici et ici), c’est non pas d’avoir l’achalandage le plus élevé possible mais de générer la conversation la plus intéressante possible. Le mot « conversation » étant pris ici dans son sens le plus large : ce peut être l’échange qui a lieu en ce moment sur cette page, mais aussi celui qui sera répercuté de blogue en blogue, via les hyperliens.

    Or, une telle conversation peut être tout à  la fois intéressante, instructive et utile, même si elle se déroule dans un cercle de gens restreint : des gens qui travaillent dans le même domaine, ou partagent des affinités (intérêt pour la science ou pour World of Warcraft, affinités sociales ou géographiques). à€ partir de ce premier cercle, tout blogue peut ensuite élargir sa « clientèle », et certains y parviennent mieux que d’autres.

    En science, il ne faut pas se le cacher, c’est plus difficile qu’en politique. Mais le principe de base demeure : un blogue comme celui-ci n’est pas un média généraliste, comme Ouest-France ou CNN visant à  aller chercher l’auditoire le plus large possible. Par ailleurs, comme la blogosphère est encore jeune, il n’est pas anormal que ce blogue n’attire que relativement peu de gens. Je ne dirais pas que c’est là  un “terrible” constat : c’est la réalité des blogues, pimentée d’une thématique moins populaire que Sarkozy et Carla… :-)

  • Faut dire aussi que pour se décontracter sur le net on va sur ce qui nous donne le plus rapidement satisfaction. Pour prendre plaisir à  lire des articles sur la science il faut pouvoir prendre la mesure de l’importance de la découverte que l’on fait en lisant une nouvelle. Pour cela il faut avoir un minimum de connaissances qui est placé, hélas, assez haut par rapport à  ce que l’on retient des classes obligatoires.
    Ce blog est géniale mais je suis à  la fac. Ce blog par exemple serait chiant à  mourir pour mon père qui n’y connait rien en sciences. Aussi les blogs de science accessibles aux néophytes sont écrits pour les enfants. Et il est compréhenssible que les gens n’aillent pas sur ” la science pour les 6-10 ans.com”.
    D’une part les gens veulent du pré-maché sans efforts et d’autre part il existe trop peu de site qui reprennent le b.a ba de la science.

    Une chose est certaine : les blogs de sciences ne peuvent que contribuer à  la diffusion de la science dans la population.

  • @ Mecton, Il existe des blogs pour tous les goûts ;) Et de même des portails Internet Sciences pour tous les niveaux. Tu trouveras des blogs et sites aussi bien pour ton profil que pour ton papa curieux de sciences ;) Mais il faut dire que la vulgarisation scientifique est aussi assez bien servie par d’autres médias également, et je vois plus aussi les blogs et sites associés comme des vecteurs de diffusion d’une science plus approfondie mais pas forcément incompatible avec le grand public, au contraire même !

    @Nicole, difficile d’évaluer à  vue d’oeil la fréquentation d’un site ou d’un blog. Beaucoup de lecteurs restent passifs, non pas par dédain ou incompréhension du billet, mais tout simplement parce qu’ils n’ont rien de spécial à  ajouter. Sur les blogs BD (par exemple), le lecteur se croit dans le devoir de “marquer le coup” en postant “preum’s” ou “lol”, etc … L’impression de public reste aussi toute relative face à  un comportement de “commentaires floods” fort peu utile au débat science !

  • Nicole disait à  la fin de son billet :
    “Je trouve que notre monde est tres triste quand on est scientifique”

    Je ne suis pas du tout d’accord avec cette vision. Quelle est pour vous la différence entre un scientifique et un non-scientifique? Pour moi, être scientifique, c’est avant tout essayer de mieux comprendre la nature qui nous entoure. On peut donc s’attendre à  ce qu’un scientifique ait une meilleure compréhension du monde. Je ne vois pas comment notre monde serait plus “triste” quand on le comprend mieux. Au contraire, le comprendre, c’est souvent le rendre “beau” avec les mathématiques.

    Je ne citerai qu’une phrase de Poincaré écrite en 1918 que j’aime énormément :

    “Le savant n’étudie pas la nature parce que cela est utile ; il l’étudie parce qu’il y prend plaisir et il y prend plaisir parce qu’elle est belle. Si la nature n’était pas belle, elle ne vaudrait pas la peine d’être connue, la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue. Je ne parle pas ici, bien entendu, de cette beauté qui frappe les sens, de la beauté des qualités et des apparences ; non que j’en fasse fi, loin de là , mais elle n’a rien à  faire avec la science ; je veux parler de cette beauté plus intime qui vient de l’ordre harmonieux des parties, et qu’une intelligence pure peut saisir.”

  • Bonjour
    Je suis une grande fan de vulgarisation scientifique…malheureusement pas assez répandue, je trouve. Je suis addict de la Recherche, Science et VIe et du café des Sciences…
    Comment faut il faire pour rejoindre votre communauté ? si vous voulez bien de moi ? Merci de me préciser la marche à  suivre.

  • Bonjour Pascale et merci de votre intérêt ! Généralement les “candidatures” pour faire partie du C@fé des sciences sont soumises à  l’ensemble des membres actuels (par exemple par courriel, comme décrit ici) qui délibèrent et prennent leur décision en s’accordant le temps qu’il faut (autrement dit, il ne faut pas être pressé ;-) )…

  • “Vous vous lisez beaucoup entre vous. Je ne dis pas que des ‘curieux’ ne viennent jamais, mais même dans ce cas, combien de personnes cela concerne, très peu finalement.”

    Témoignage d’un “curieux” qui vient d’ajouter le Café des Sciences à  sa blogoliste ;-).

    Je fréquente depuis quelques temps un blog politique qui fait dans les 3000 visites par jour. Les commentaires des conversations les plus animées y dépassent à  peine le nombre de 20. C’est dire s’il faut un achalandage important pour créer beaucoup de commentaires. De plus, c’est un nombre à  peu près idéal. Comme le constate Pascal Lapointe, un but des blogs est de générer une discussion. Or les blogs les plus fréquentés deviennent parfois insupportables à  ce chapitre, en raison, certes des trolls, mais encore plus simplement du nombre de commentaires. Quand je vais sur le blog de Boulet ou sur les blogues de cyberpresse, je ne participe jamais à  la discussion, déjà  parce qu’il est rare d’avoir des réponses du blogueur lui-même, enseveli en deux jours sous 200 à  800 commentaires, et parce qu’il faudrait aussi que je lise tous les commentaires qui m’ont précédé, ce qui prend des heures! Je souhaite bien de la fortune aux très intéressants blogs du café des sciences, mais je leur souhaite aussi de n’être jamais victime d’un trop grand succès. Souhait fort égoà¯ste au demeurant, puisque j’aime pouvoir avoir des réponses directes des blogueurs: ça me permet entre autre de vérifier si j’ai bien compris ce qu’ils m’expliquent. Et ça, c’est un avantage immense (en plus de la gratuité) sur la presse de vulgarisation standard.

    Vous négligez, parmi les curieux, ceux qui deviennent des habitués, non parce qu’ils sont des scientifiques, mais simplement parce qu’ils aiment accroître leur culture personnelle. Ou, plus simplement encore, pour rêver, parce que la science fait rêver. Personnellement, je suis historien. à€ vous de voir si vous me catégorisez comme un scientifique. Personnellement, je ne m’y catégorise pas. On peut arguer que j’ai tout de même reçu une formation universitaire de haut niveau qui fait de moi un public atypique. J’aurais tendance à  dire que mon intérêt pour la science est davantage alimenté par mon goût pour la science-fiction.

  • @ ENRO et @ TOM, great introduction (et pas une seule faute en français !! )

    J’ai apprecié que vous avez utilisé la tournure “se maintenir LUDIQUEMENT à  jour”. Bravo !

    @ BENJAMIN (my “middle name” btw)
    You are “beautifully” wide-eyed .. and very much on target !!
    bien que je ne sois pas justement de même avis que Monsieur Poincaré à  propos de “la beauté plus intime qui vient de l’ordre harmonieux des parties”.
    I have less confidence than he does that INTELLIGENCE is able to SEIZE + ORDER THINGS, but I do believe that the pleasure of science is definitely worth taking the creative risk, even if one gets burned by its COSMIC FIRE + lost in its ENDLESS LABYRINTH.

    @ NICOLE
    sigh … the scientific blues — on a le cafard, eh ? (et des cafards dans un lab, ca n’est pas bon !!)
    here’s an existential quiz … which is worse ?
    the sad life of the laboratory scientist OR the sad life of the laboratory robot ???????????????

    @ DEREGLE TEMPOREL
    non, les historiens ne sont pas des scientifiques, there’s all that stuff about REPEATABILITY of the experiment and scientific LAWWWWWWWW !!
    je reviendrai à  votre site pour lire les articles sur l’eschatologie (La fin des temps)

    @ TOUS LES BLOGUEURS DE SCIENCE
    You’re a marvelous group. Together, you guys are creating Science 2.0. It’s a pleasure to be able to watch and participate. Good luck! IRA in new york city

  • I just re-watched “Sad life of a robot”
    lmao, it’s just as good as the first time

    ET avez-vous remarqué quelque chose ?
    Il y en avaient des femmes, et elles étaient bien amusantes (et je suis sûr, tres intelligentes aussi),
    Où sont les scientifiques françaises sur C@fé de sciences ?

  • Où sont les scientifiques françaises sur C@fé de sciences ?

    Ah, vaste question. Nous avons seven qui malheureusement n’a pas publié depuis quelques temps. Nous sommes ouverts à  toutes les candidatures ! Peut-être qu’on devrait mettre en place de l’affirmative action ?

  • Yes, indeed. I like to ask the vast questions.
    Have you approached recruitment of women in a scientific manner ?

    According to aufeminin.com, there are five distinct categories.

    La battante.
    La scientifique glamour.
    La wonder woman.
    L’humaniste passionnée.
    La super active.

    Men! Select your psychological type … and Recruit !!

  • @Ira: je suis plutôt d’accord avec vous, mais la “scientificité” des sciences humaines est un débat assez ennuyeux et jamais terminé; de surcroît, assez vain, raison pour laquelle je laisse à  chacun sa réponse. Notons que la première personne à  m’avoir sans ambages affirmé que l’histoire était une science était un prof de sciences pures au cégep (chimiste de formation, je crois).

  • I am in other virtual cafe but my opinions are:
    Sciences are very hard to know to people,is a kind of other planet idiom to readers no scientists.
    Scientists must be able to say in simple words his achievements in a globalized world.Blogs could be comunication media inter scientists but the essence of them is to be a free opinion and personal expresion sumited to democratic debats.
    The increase of human knowledge and the fall of older determinist theories in many sciences fields requires a more humble vision of scientists about the absolut value of his own world paradigma.

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