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Pourquoi le sexe est bon

Auteur : Tom Roud
L’une des questions posées par l’évolution est de savoir pourquoi l’immense majorité des animaux et végétaux utilisent la reproduction sexuée. Une bonne vieille parthénogénèse serait bien plus efficace d’un point de vue évolutif (sur le mode gène égoiste ): une femelle se clonant laisse deux fois plus de ses gènes dans [suite…]

Auteur : Tom Roud

L’une des questions posées par l’évolution est de savoir pourquoi l’immense majorité des animaux et végétaux utilisent la reproduction sexuée. Une bonne vieille parthénogénèse serait bien plus efficace d’un point de vue évolutif (sur le mode gène égoiste ): une femelle se clonant laisse deux fois plus de ses gènes dans la génération suivante qu’une femelle faisant appel à  un mâle.[ Petit apparté terrible pour les machos : oui, nous mâles ne sommes pas capables de porter des enfants et donc ne servons pas à  grand chose du point de vue de la reproduction.] Même chez l’homme, la parthénogenèse pourrait être possible  comme l’évoquait  un article du Monde au moment des affaires sur le œclônage humain . Pourquoi et comment le sexe a-t-il alors été sélectionné ?
L’hypothèse généralement retenue est que le sexe permet le brassage génétique, et donc l’élimination de mutations œgênantes. Le principe est qu’avec le temps, la lignée d’une femelle parthénogénétique accumule des mutations délétères, qui amènent finalement à  l’extinction de sa lignée quand le code génétique est trop cabossé. Avec un bon brassage génétique, les mauvaises mutations disparaissent vite et il ne reste que les bonnes mutations.
Cette hypothèse a été démontrée dans un article de Science de 2006 (Paland et Lynch, Science, 2006, 311, 990-992). Paland et Lynch ont comparé des lignées différentes de petits crustacés, les daphnies. lifecycle.1235261812.jpgCes animaux ont la particularité d’avoir les deux modes de reproduction : sexuée et parthénogénétique. Cependant, dans certaines espèces, les mâles ont récemment acquis une mutation supprimant la meiose, et donc la production de gamètes. Plus de sperme disponible : les femelles de ces lignées n’ont d’autre choix que de se cloner pour survivre. Mauvaise idée ! Paland et Lynch ont démontré que le taux d’accumulation de mutations délétères dans ces lignées est quatre fois plus important que chez des lignées ayant conservé la reproduction sexuée. Conclusion : oui, le sexe est bon, et utile ! Nous autres mâles avons donc malgré tout une certaine utilité

(Billet original précédemment publié sur le blog de Tom Roud)

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