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Où était assis le pirate ?

Les promoteurs de la loi Hadopi, qui sera examinée mardi 10 mars à  l’Assemblée, espèrent dissuader les téléchargeurs illégaux. Vaste programme. La loi prévoit d’instaurer une riposte graduée à  ceux qui font fi du droit d’auteur en téléchargeant illégalement.
A l’université d’Osaka, au Japon, Noburu Babaguchi et son équipe ont mis au point un système [suite…]

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Les promoteurs de la loi Hadopi, qui sera examinée mardi 10 mars à  l’Assemblée, espèrent dissuader les téléchargeurs illégaux. Vaste programme. La loi prévoit d’instaurer une riposte graduée à  ceux qui font fi du droit d’auteur en téléchargeant illégalement.

A l’université d’Osaka, au Japon, Noburu Babaguchi et son équipe ont mis au point un système pour traquer ceux qui mettent des films à  la disposition des internautes.

Si le pirate est chanceux, il débusquera une copie d’un DVD a diffusion interne, d’une qualité impeccable. Mais parfois, le pirate se contente de filmer l’écran de son cinéma avec un camescope lambda. Le problème, c’est que la caméra filme tout, les bords de l’écran et le spectateur qui va aux toilettes. Quant au son, il n’a plus grand chose en commun avec le Dolby surround des salles obscures.

C’est justement par le son que les chercheurs japonais espèrent confondre les pirates. Ils ont ajouté un petit quelque chose d’inaudible à  une bande-son, une watermark sonore (littéralement, “filigrane” mais qui se traduit par “tatouage numérique”). Ce signal est restitué de manière différente dans chacun des hauts-parleurs de la salle.

Si la bande-son est enregistrée par le micro d’un camescope, la watermark sera enregistrée, elle aussi, quoique inaudible. Mais les chercheurs peuvent l’”entendre”. Puis en déduire, en analysant le signal, la place de la caméra, pour savoir où le vidéaste s’est assis. Avec une précision de 44 centimètres…

Cette nouvelle technique sera-t-elle suffisante pour remonter à  la source d’une vidéo pirate ? Les chercheurs n’en doutent pas. Dans le compte-rendu de leurs travaux, dans la IEEE Transactions on Multimedia, ils soutiennent qu’il existe “une application pratique de ce système” à  la lutte contre le piratage.

Admettons que la bande-son du prochain blockbuster soit agrémentée de ce signal. Un petit malin le filme et le diffuse. Comment savoir dans quel cinéma il a oeuvré ? Si le film est diffusé en numérique, c’est possible. Et après ? Une fois que l’on sait qu’il était à  la huitième place du cinquième rang, comment connaître son identité ? Plus difficile.

À propos de l'auteur

Jonathan Parienté