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Mythes du créationnisme I

J’inaugure aujourd’hui une nouvelle catégorie de billets pour ce blog, passant en revue certaines critiques se voulant “scientifiques” de  la théorie de l’évolution et me permettant d’exposer  quelques contre-contre-arguments flagrants.
Mythe du créationnisme :
“L’évolution ne peut rien créer, mais juste modifier ou détruire de l’information génétique. Les génomes peuvent se déteriorer, mais jamais s’améliorer, ou [suite…]

J’inaugure aujourd’hui une nouvelle catégorie de billets pour ce blog, passant en revue certaines critiques se voulant “scientifiques” de  la théorie de l’évolution et me permettant d’exposer  quelques contre-contre-arguments flagrants.

Mythe du créationnisme :

“L’évolution ne peut rien créer, mais juste modifier ou détruire de l’information génétique. Les génomes peuvent se déteriorer, mais jamais s’améliorer, ou se complexifier. Seul un Créateur Tout Puissant a pu combiner au départ les bons ingrédients génétiques, l’évolution observée depuis n’est qu’une longue suite de destructions génétiques, dues au péché originel”

Exemple sur le web : Voir par exemple la conclusion de ce billet de l’Institute for Creation Research

Contre-exemple du mythe :

Evidemment, ce mythe est complètement faux. Il y a des tas d’exemples d’innovations évolutives, de génomes qui se complexifient, d’acquisition de nouvelles compétences …Citons en particulièrement deux :

  • les transposons. Il s’agit de petites séquences d’ADN pouvant assez facilement s’intégrer dans des génomes, et de là, se multiplier. Ainsi, on pense qu’un seul transposon, appelé Alu, représente à lui seul 10% du génome humain ! Par ailleurs, Alu est spécifique aux primates. Des études récentes ont suggéré qu’Alu pourrait avoir un rôle évolutif important : en s’insérant dans des séquences codant pour des gènes, il serait impliqué dans un processus appelé “épissage alternatif” qui consiste, en gros, à créer deux protéines différentes à partir d’un même gène. On voit donc bien comment Alu peut avoir amené à la création de nouvelles fonctions ! (plus de détails ici). Au passage, les créationnistes que j’ai liés ci-dessus seraient bien inspirés de lire les articles scientifiques qu’ils citent, qui concernent justement la présence dans le génome de transposons  identiques dans des espèces non directement apparentées (supputation de ma part :les transposons ont pu être transporté d’une espèce à l’autre par des virus).
  • les mécanismes de duplication génétique. De temps en temps, au cours de l’évolution, il arrive qu’un gène se “duplique” spontanément dans le génome. L’organisme dispose alors de deux copies du même gène, ce qui rend plus facile les “essais” évolutifs : pendant qu’une copie du gène fait le boulot, la seconde copie peut évoluer seule et acquérir d’autres fonctions. Des exemples intéressants sont les gènes impliqués dans la formation du plan de base des animaux, comme les gènes Hox, qui ont été dupliqués de nombreuses fois et dont les différentes copies ont pu ainsi acquérir des fonctions de plus en plus spécialisées. Bien mieux, il est arrivé plusieurs fois au cours de l’évolution que la totalité du génome soit dupliquée, d’un coup. C’est en particulier bien connu et étudié chez la levure et  … les vertébrés (typiquement, la totalité des gènes Hox a été dupliquée au moins deux fois, via une duplication complète du génome).  Doubler la totalité de l’information génétique disponible pourrait donc correspondre à des sauts évolutifs très importants. Signalons au passage qu’au jeu du génome le plus dupliqué, nous perdons allègrement puisque les poissons (téléostéens) ont subi une duplication de plus que la lignée humaine…

À propos de l'auteur

Tom Roud

Blogger scientifique zombie