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Les satellites dans les embouteillages de l’espace

Écrit par Jonathan Parienté

Il y a une petite ambiance de guerre froide dans les nouvelles de cette fin de semaine. Le 10 février deux satellites, l’un russe, l’autre américain, son entrés en collision à  800 km au dessus de nos têtes. Et il y a du dégât. Après le choc, les satellites se sont éparpillés en 600 débris [suite…]

satelliteIl y a une petite ambiance de guerre froide dans les nouvelles de cette fin de semaine. Le 10 février deux satellites, l’un russe, l’autre américain, son entrés en collision à  800 km au dessus de nos têtes. Et il y a du dégât. Après le choc, les satellites se sont éparpillés en 600 débris de tailles diverses qui resteront en orbite.

L’espace est infini, certes. Mais il y a du monde à  proximité de la terre.  2 500 satellites gravitent autour de la terre (selon le CNES). La Nasa a créé une application géniale appelée Satellite tracking, disponible en ligne, qui modélise les trajets de la plupart des satellites qui gravitent autour de la terre. Il y a du traffic !

En plus de tous ces machines de communication et d’observation, les alentours de la terre sont “jonchés” de débris qui se sont accumulés au fil de la conquête de l’espace. En témoigne le célèbre gant de l’astronaute Edward White, perdu lors de la d’une sortie. Le nombre de ces débris diffère selon les sources. Si l’on en croit le CNES, qui consacre un site (un modèle de site web 2.0!) au sujet, il y a en orbite :

  • 9100 objets catalogués d’une taille supérieure à  10 cm
  • 200 000 objets compris entre 1 et 10 cm (estimation)
  • 35 millions qui mesurent entre 0,1 et 1cm (estimation)

L’homme ne s’est pas contenté de saloper la planète, il a aussi investi les faubourgs. Boulons, vis, morceaux de tôles compartiments de fusée ou satellites en retraite foncent à  toute allure dans le vide. Ils représentent un vrai danger pour les autres satellites et notamment pour la Station spatiale internationale.

Le quotidien russe Izvestia (repris par Courrier international) cite le cosmonaute Alexandre Serebov, qui a séjourné à  plusieurs reprises dans la station Mir, aà¯eule de l’ISS :

“Un jour, je regardais par le hublot de la station et j’ai vu une tôle tordue de la taille d’un fauteuil qui se dirigeait droit sur nous ! C’était affreux ! J’étais terrifié. Cette fois-là , le morceau de métal est juste passé à  côté de nous. Mais lors d’un vol avec Vassia Tsibliev, nous avons entendu un coup sourd, comme une brique tombant sur le toit d’une voiture. Nous avons dû faire une sortie dans l’espace, ce qui nous a permis de découvrir un bel impact sur le revêtement de protection. Les déchets de l’espace sont un vrai problème, mais pour l’instant personne ne s’en préoccupe.”

En fait, pas mal de gens s’en inquiètent. Le problème des débris spatiaux est au menu de la 46e session du “sous-comité scientifique” du Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique de l’ONU. Nettoyer l’espace de tous des objets inutiles est une tâche colossale. Mais les scientifiques ont déjà  quelques idées. Ils envisagent de surveiller la course des débris connus et de dévier les satellites qui sont sur leur chemin ou renforcer la protection des nouveaux engins pour qu’ils encaissent mieux le choc.

Certains pensent à  les éliminer au laser ou à  les contraindre à  entrer dans l’atmosphère. En entrant à  grande vitesse dans l’atmosphère, ces débris sont soumis à  d’importantes forces de frottement et brûlent. Seules les poussières atteigent le sol. Presque toujours. L’Américaine Lottie Williams se promenait dans un parc alors qu’elle soufrait d’insomnie. Elle aurait été blessée à  par la chute d’un débris spatial. C’est la seule victime terrestre des débris spatiaux connue.

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Jonathan Parienté