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Le tsunami, un phénomène rare

Écrit par Jonathan Parienté

Il y a quatre ans une gigantesque vague tuait plus de 200 000 personnes sur les côtes de l’océan Indien. C’était ce que l’on appelle désormais “le” tsunami. Pourtant, des tsunamis, il y en a, en moyenne, une dizaine par an. Mais “le” tsunami restera celui de 2004. Les autres sont relégués au rang de [suite…]

La grande vague de KanagawaIl y a quatre ans une gigantesque vague tuait plus de 200 000 personnes sur les côtes de l’océan Indien. C’était ce que l’on appelle désormais “le” tsunami. Pourtant, des tsunamis, il y en a, en moyenne, une dizaine par an. Mais “le” tsunami restera celui de 2004. Les autres sont relégués au rang de vaguelettes “ même si certains ont été meurtriers.

Il est vrai que la force du séisme cause du tsunami était exceptionnelle : 9,1 sur l‘échelle ouverte de Richter. A l’échelle humaine, des phénomènes d’une telle ampleur sont uniques. C’est ce qu’ont démontré deux équipes, thaà¯landaise et américaine, de géologues dont les travaux ont été relayés dans Nature du 30 octobre.

La vague de 2004 a parcouru près de deux kilomètres à  l’intérieur des terres. L’équipe thaà¯landaise a étudié les sols à  2 kilomètres des côtes du nord de Phuket, en Thaà¯lande ; l’équipe américaine a fait de même sur l’île de Sumatra.

Cette gigantesque vague a charrié des matériaux qui n’avaient rien à  faire si loin du rivage : du sable mêlé à  divers fragments de plantes et autres débris. Ils ont cherché si de telles couches existaient dans les profondeurs de la terre, et en ont découvert deux.

D’après les datations au carbone 14 effectuées par les scientifiques thaà¯landais, “le plus récent prédécesseur du tsunami de 2004 a eu lieu entre 1300 et 1450″. Avant cela, une vague de cette ampleur aurait touché la région entre “780 et 990″, selon l’étude américaine.

En gros, un tsunami dévastateur a une périodicité de 600-700 ans dans la région. Ce qui pose le problème, maint fois soulevé, de la prévention. Ceux qui ont subi le tsunami de 2004 se rappelleront des signes avant-coureurs et sauront agir en conséquence. Mais comment ces “souvenirs” seront transmis aux générations futures, et en particulier à  celles qui habiteront la région dans six ou sept siècles?

Si vous avez un moment, jetez un oeil à  cette excellente vidéo de Nature (en anglais) sur le travail de ces deux équipes, pionnières de l’étude des “paléotsunamis”

Illustration : La Grande vague de Kanagawa de Hokusai

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Jonathan Parienté