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Le buzz de la semaine : Darwinius Masillae

En cette année Darwin, on devrait se réjouir de parler de paléontologie et d’évolution. Et la publication de l’étude d’un fossile remarquablement conservé, Darwinius Masillae, surnommé “Ida” est des plus intéressante (le papier avec moult photos est d’ailleurs en accès libre sur PlosOne).
Mais comme Oldcola le relève, le buzz semble un peu surfait. C’est …  [suite…]

En cette année Darwin, on devrait se réjouir de parler de paléontologie et d’évolution. Et la publication de l’étude d’un fossile remarquablement conservé, Darwinius Masillae, surnommé “Ida” est des plus intéressante (le papier avec moult photos est d’ailleurs en accès libre sur PlosOne).

Mais comme Oldcola le relève, le buzz semble un peu surfait. C’est …  Daniel Schneidermann, le spécialiste de l’emballement médiatique en tous genre (même scientifique) qui nous explique pourquoi :

Internet étant impitoyable, quelques clics suffisent au matinaute pour réaliser qu’Ida n’arrive pas par hasard, un beau matin de mai, exhumée de la veille par des paléontologues vernis. Découverte en 1983, ce qui ne date pas d’hier, Ida a été présentée cette semaine lors d’une conférence de presse  à grand spectacle à New York, inaugurée par le maire Bloomberg. Cette conférence de presse annonce elle-même un documentaire, “The link” (le chaînon) qui doit être diffusé la semaine prochaine sur History Channel, et pour lequel le site de la chaîne a déjà mis les petits plats de baies dans les grands. Il n’est pas de découverte qui vaille, sans vente exclusive des droits à un média, de préférence étazunien.”

Ce n’est d’ailleurs peut-être pas un hasard si cet article a été publié sur Plos One,  revue un peu particulière qui publie vite et en évaluant uniquement le contenu technique. Du coup, l’article n’a pas été “bloqué” dans un processus de revue plus “classique” pour lequel l’échelle de temps de publication est beaucoup plus aléatoire : parfois, plusieurs années s’écoulent entre la soumission et la publication d’un article.  Ce qui aurait été certainement incompatible avec une diffusion rapide du documentaire de History ?

Et  pour les aspects plus scientifiques de la découverte, je recommande très chaudement ce billet de Semik sur le blog SSAFT , qui nous conte une belle histoire sur Darwinius, les lémuriens et les tarsiers, et égratigne les auteurs de l’article scientifique original, qui semblent justement être allés un peu vite en besogne :

“De nombreux paléontologistes restent extrêmement sceptiques à propos de la nouvelle (pour les plus modérés d’entre eux), et s’indignent de la pauvreté des arguments scientifiques apportés, compte tenu de la qualité de conservation du fossile. En effet l’étude comparative du squelette de Darwinius masillae ne se base que sur 30 caractères tandis que les études classiques analysent 200 à 300 traits avant publication.”

À propos de l'auteur

Tom Roud

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