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La plante qui détecte les mines

“Changer les hommes avec des géraniums” chantait le fougueux Laurent Voulzy en 1992 dans sa surprenante chanson “le pouvoir des fleurs”. Seize ans plus tard, il se pourrait bien qu’il ait raison… La recherche en génétique vient d’enfanter d’un nouveau projet qui mettra sûrement d’accord, pour une fois, anti et pro OGM. Des biologistes danois [suite…]

“Changer les hommes avec des géraniums” chantait le fougueux Laurent Voulzy en 1992 dans sa surprenante chanson “le pouvoir des fleurs”. Seize ans plus tard, il se pourrait bien qu’il ait raison… La recherche en génétique vient d’enfanter d’un nouveau projet qui mettra sûrement d’accord, pour une fois, anti et pro OGM. Des biologistes danois ont inventé une plante génétiquement modifiée aux propriétés formidables.

Plantée sur un champ de mine, cette plante, l’arabidopsis thaliana ou arabette des dames, change de couleur selon qu’une mine est enterrée dans le sol ou non. Le largage de graines d’arabidopsis thaliana sur un champ de mines deviendrait un moyen économique de lutter contre ce fléau.

L’arabette des dames est l’élève modèle des biologistes moléculaires. Sa culture est aisée et rapide (de l’ordre de 6 à  8 semaines). Son génome est un des plus petit du monde végétale avec ses 5 chromosomes constitués de 25498 gènes regroupant 125 millions de bases ! Une vétille! Ce génome est désormais disponible sur le site internet de la plante.

Rouge je m’arrête, vert je passe

Séquencer l’ADN permet de déterminer l’origine de toutes les fonctions de la plante. Les scientifiques se sont penchés sur la capacité des feuilles de la plante à  changer de couleur en fonction du sol dans lequel elle pousse. Grâce a une manipulation génétique, ils ont créé des plantes dont les feuilles changent de couleur au contact de dioxyde d’azote. Elles virent ainsi du vert au rouge. Or les mines enfouies dans le sol libèrent du dioxyde d’azote, contenu dans leur explosif. Elles deviennent facilement repérables. Rouge je m’arrête, vert je passe. Ce détecteur d’un nouveau genre pourrait considérablement accélérer le travail des démineurs, préserver des vies et rendre fréquentables de nombreux territoires. Rappelons que 15 à  20 000 personnes périssent chaque année à  cause de cette arme encore plus barbare que toutes les autres.

À propos de l'auteur

Jonathan Parienté