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La biodiversité connaît une crise sans précédent

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ose le parallèle : “La crise que traverse la vie sauvage est pire que la crise économique”. Un mammifère sur quatre serait aujourd’hui menacé d’extinction, selon le tout nouveau rapport 2009 de l’organisation, une étude de référence publiée tous les quatre ans. Près d’un tiers des […]

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ose le parallèle : “La crise que traverse la vie sauvage est pire que la crise économique”. Un mammifère sur quatre serait aujourd’hui menacé d’extinction, selon le tout nouveau rapport 2009 de l’organisation, une étude de référence publiée tous les quatre ans. Près d’un tiers des amphibiens et plus d’un oiseau sur huit pourraient bientôt disparaître. C’est la leçon d’un instrument statistique très pertinent (la fameuse “Liste rouge”) qui s’appuye sur 44.838 espèces représentatives de celles peuplant notre planète.

Et comme seuls les arguments économiques semblent faire bouger les gouvernements, je poursuis sur le ton de l’UICN pour constater que la biodiversité est en récession depuis des millénaires. L’Homme a depuis toujours accéléré le processus de sélection naturelle (joyeux anniversaire Darwin!). Tout du moins depuis la fin de l’âge de pierre. Rien de nouveau, donc. Mais la crise s’est tellement accentuée récemment, que les gouvernements ont débloqué un “plan de sauvetage” en 2002, promettant de réduire la perte de biodiversité de manière significative d’ici à 2010. L’objectif n’a pas été atteint, comme le montre le rapport. Pire, la crise s’est à nouveau agravée !

La faute au changement climatique ? Notre bouc-émissaire favori n’est pour l’instant pas pointé du doigt. “Il n’est pas la principale menace pour les espèces sauvages à l’heure actuelle, mais il pourrait bientôt le devenir”, note l’UICN. Une part importante des espèces qui ne sont pas encore classées “menacées” sur la Liste rouge sont en effet vulnérables aux changements climatiques.

Les éléments qui agravent déjà la crise sont, selon l’étude, les atteintes au milieu naturel et les interventions de l’homme sur la chaîne alimentaire, en particulier “la destruction des systèmes d’eau douce et la surpêche”. Au sujet des belles promesses de 2002, l’auteur du rapport, Jean-Christophe Vié, note qu’il y a “quelques avancées, mais nous sommes encore loin d’avoir inversé la tendance”.

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Pierre