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Extinction des dinosaures : vers la fin de l’hypothèse météorite ?

Il y a environ 65 millions d’années, entre les âges Crétacé et Tertiaire, une grande partie des espèces animales et végétales disparaissent soudainement, notamment tous les dinosaures (à l’exception des oiseaux). Cette catastrophe écologique est une aubaine pour d’autres espèces : des niches écologiques entières se retrouvent libérées, l’évolution est en quelque sorte “boostée”. En [suite…]

dinometeo.1241962406.jpegIl y a environ 65 millions d’années, entre les âges Crétacé et Tertiaire, une grande partie des espèces animales et végétales disparaissent soudainement, notamment tous les dinosaures (à l’exception des oiseaux). Cette catastrophe écologique est une aubaine pour d’autres espèces : des niches écologiques entières se retrouvent libérées, l’évolution est en quelque sorte “boostée”. En particulier, les mammifères se diversifient, ce qui aboutira finalement à l’apparition des hommes.

L’étude des strates géologiques de cette période révèle l’existence d’une fine couche d’argile, à haute concentration en iridium. Cet élément est rare sur Terre mais abondant dans les météorites, ce qui a amené les scientifiques à proposer qu’une ou plusieurs météorites s’étaient écrasées sur Terre à cette époque, provoquant une catastrophe écologique ayant pour conséquence l’extinction massive décrite ci-dessus. Dans les années 80, on découvre un gigantesque impact météoritique, à Chixculub , au nord du Yucatan au Mexique. Les datations révèlent que ce cratère s’est formé exactement à la limite entre Crétacé et Tertiaire, ce qui valide l’hypothèse d’un impact météoritique majeur à cet époque.  Cependant, il n’est pas clair que cet impact météoritique a déclenché la vague d’extinction massive à la fin du Crétacé.

Dans un article paru fin avril dans Journal of the Geological Society, Gerta Keller, professeure de géologie à Princeton, et ses collaborateurs, présentent de nouvelles données remettant en cause cette hypothèse populaire. Keller ne s’intéresse pas aux dinosaures, mais à de petites algues unicellulaires, les foraminifères. Suite à l’extinction massive à la fin du Crétacé, ces algues ont évolué rapidement, si bien que la transition entre Crétacé et Tertiaire est marquée par un changement dans les espèces fossiles de foraminifères. Keller et son équipe ont  analysé des forages au Mexique, et ont comparé les espèces de foraminifères avant et après la couche riche en iridium caractéristique de l’impact météoritique. Surprise : sur 52 espèces présentes avant l’impact, 52 sont présentes après l’impact ! Le changement dans la population de foraminifères n’a lieu que dans des couches géologiques un peu plus récentes : les données suggèrent que l’épisode d’extinction  massive n’a eu lieu 300 000 ans après l’impact météoritique.

Keller et son équipe contredisent également d’autres hypothèses liées à l’impact météoritique. Par exemple, il a été suggéré que suite à la chute du météore, un tsunami  a complètement chamboulé les couches géologiques dans le golfe du Mexique. Keller affirme dans sa nouvelle étude montre qu’il n’en est rien, et que les couches de sédiments postérieures à l’impact se sont déposées par un processus “normal”, à la vitesse de quelques centimètres par milliers d’années.

Reste à  savoir ce qui a déclenché effectivement l’extinction de toutes ces espèces. Keller est une partisane de l’hypothèse “volcanique” : des éruptions volcaniques massives sur le plateau du Deccan, en Inde, auraient relargué des poussières et des gaz qui auraient fini par altérer l’ensoleillement, déclenchant une catastrophe écologique.

Références :

Princeton News

La controverse sur Chicxulub sur la page de Keller

Une dépêche de Futura Sciences

L’article original ne semble pas encore disponible en ligne.

À propos de l'auteur

Tom Roud

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