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Evolution corallienne

Écrit par Tom Roud

Auteur : Tom Roud
 
Imaginons que vous soyez un corail, voulant briller de mille feux sous l’eau pour frimer, et attirer les touristes et les poissons. Vous avez alors intérêt à  mettre au point tout un tas de pigments pour égayer les fonds marins et épater la galerie aquatique. Effectivement, les coraux disposent d’une palette de [suite…]

Auteur : Tom Roud

 

Imaginons que vous soyez un corail, voulant briller de mille feux sous l’eau pour frimer, et attirer les touristes et les poissons. Vous avez alors intérêt à  mettre au point tout un tas de pigments pour égayer les fonds marins et épater la galerie aquatique. Effectivement, les coraux disposent d’une palette de pigments, allant du vert au rouge, en passant par le bleu. Néanmoins, la composition chimique de ces pigments est assez complexe : en fait, vous avez besoin de groupes chimiques assez compliqués pour ne pas vous contenter du vert “Hulk” et afficher un joli teint de rose.

 

Du coup, la question qui se pose est de savoir comment ces pigments compliqués sont apparus dans l’évolution, par exemple si les pigments actuels sont tous des rouges ayant lentement dégénéré vers le vert et le bleu dans certains cas, ou si au contraire, l’évolution a réussi le prodige de “réinventer” plusieurs fois de nouveaux pigments à  partir de rien.

 

 

Ugalde et al. ont alors étudié les séquences génétiques correspondant à  ces  différents pigments coralliens . Leur tour de force est d’avoir réussi à  retrouver, par simple étude des séquences de l’ADN, les relations évolutives entre pigments  d’espèces différentes et surtout différents candidats pour les ancêtres successifs des pigments. Ils ont alors synthétisés ces ancêtres potentiels (sur la photo) : à  chaque embranchement est placé un ancêtre “reconstitué”. O miracle de l’évolution : si vous n’êtes pas daltonien, vous pouvez voir clairement l’arbre généalogique des pigments coralliens, indiquant comment un pigment de base vert a lentement dérivé vers le rouge, confirmant une interprétation darwinienne de l’évolution de ces pigments…

 

Référence :

Ugalde et al, Science, Vol. 305. no. 5689, p. 1433, 2004

 

(Billet original publié par Tom Roud et reproduit avec son aimable autorisation)

 

PS : pour cause d’engagements professionels importants du responsable éditorial de ce blog, le rythme de publication va un peu se ralentir dans les jours et les semaines à  venir, mais pas d’inquiétudes !

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Tom Roud

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