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Darwinquizz : les premiers pas de l’humanité

Philippe, en commentaire du billet précédent, a quasiment trouvé la réponse au Darwinquizz. Bravo à  lui ! Cette image a fait la couverture du magazine Science du 27 Février, et est tirée d’un article écrit par Matthew Bennett et al (Abstract). Elle représente effectivement une topographie d’une couche de sédiment fossilisée, et on peut y [suite…]

Philippe, en commentaire du billet précédent, a quasiment trouvé la réponse au Darwinquizz. Bravo à  lui ! Cette image a fait la couverture du magazine Science du 27 Février, et est tirée d’un article écrit par Matthew Bennett et al (Abstract). Elle représente effectivement une topographie d’une couche de sédiment fossilisée, et on peut y voir des empreintes de pas, déposées il y a 1.5 millions d’années à  Ileret, au Kenya. On distingue bien en particulier une empreinte de pas droit vers le milieu de l’image, et une trace de pied gauche à  gauche de l’image, juste au-dessus de la zone très bleue.

L’une des inventions les plus importantes de l’évolution humaine est le pied. Le pied humain est “optimisé” pour la marche : talon bien rembourré, voûte plantaire médio-latérale (dans le sens de la largeur), gros orteil bien aligné avec les autres. Lors de la marche, l’homme pose d’abord son talon, puis le côté du pied, et enfin les orteils, avant d’appuyer fort sur ses orteils, ce qui crée un effet de levier qui rend la marche rapide et efficace, au contraire d’un singe qui “pose” davantage le pied plutôt que de s’en servir véritablement comme levier.

L’analyse des traces de pas permet d’analyser les aspects dynamiques de cette marche. Les empreintes sont en effet les plus marquées là  où l’homme appuie le plus fort, au talon, sur le côté extérieur et au niveau des orteils. Bennett et al. ont analysé quantitativement ces traces de pas d’anciens hominidés (probablement Erectus ou Ergaster), et ont établi qu’elles sont littéralement indistingables de traces de pas d’hommes modernes, contrairement par exemple à  des traces de pas d’australopithèques. Cela suggère donc que nos ancêtres du genre homo marchaient vraisemblablement exactement comme nous. Si on y ajoute la probable présence des  “gènes de la parole“  dans leur génome, on se rend compte finalement que nos ancêtres lointains étaient très évolués …

Référence :

Matthew R. Bennett, John W.K. Harris, Brian G. Richmond, David R. Braun, Emma Mbua, Purity Kiura, Daniel Olago, Mzalendo Kibunjia, Christine Omuombo, Anna K. Behrensmeyer, David Huddart, and Silvia Gonzalez
Science 27 February 2009: 1197-1201.

À propos de l'auteur

Tom Roud

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