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Cerveau et sommeil

Passionnée de sciences, Loreline Robbe est rédactrice scientifique du blog Sciences et … Elle a effectué des études de médecine puis de biologie, avec finalement une spécialisation en neurosciences et l’obtention d’un master 2 recherche en juin 2008. Loreline est ingénieure en informatique au sein d’une société de service à Paris depuis octobre 2008.

Le sommeil joue un rôle fondamental dans le bon fonctionnement du cerveau. En effet, des chercheurs ont constaté qu’après une nuit blanche, l’activité cérébrale est quasi normale, mais entrecoupée de fortes chutes de l’attention et du traitement de la vision. Durant ces courtes absences, l’activité des régions frontale et pariétale du cerveau se réduit et le cerveau entre alors dans un état proche du sommeil.Or une privation de sommeil induit une santé mentale plus fragile, avec une réactivité du centre des émotions plus forte. C’est ce qu’a montré une étude publiée dans la revue Current Biology. “Le sommeil semble restaurer les circuits des émotions et préparer ainsi aux défis du lendemain et aux interactions sociales”, commente Matthew Walker de l’Université de Californie à Berkeley, coauteur de la recherche.

En 1949, Giuseppe Moruzzi et Horace Magoun montrent que lorsque le tronc cérébral est lésé chez le chat, celui-ci tombe dans une sorte de comma et à l’inverse, après stimulation de la formation réticulée, l’animal endormi se réveille. Ils décrivent donc la formation réticulée comme le « centre de l’éveil ». Cependant, on découvre plus tard que d’autres structures cérébrales jouent un rôle et que le sommeil n’est pas forcément un phénomène passif. En effet la stimulation du thalamus entraine cette fois-ci une phase de sommeil et on observe par ailleurs une activité corticale intense lors du sommeil paradoxal. Les aires visuelles extra-striées s’activent lors des phases oniriques de sommeil et on note une forte activité du système limbique, impliqué dans les émotions. Il est également intéressant de constater que le cortex, impliqué dans la pensée consciente et le jugement, n’a qu’une très faible activité lors du sommeil paradoxal, ceci entrainant sûrement le contenu souvent bizarre, illogique ou contraire au jugement et à la raison des rêves. Enfin, le gyrus cingulaire antérieur, qui régule l’attention et la motivation (impliqué aussi dans la dépression) est très actif pendant le sommeil paradoxal, ce qui pourrait contribuer aux images des rêves vives et changeantes.

Une équipe de l’INSERM de Lyon a récemment identifié des neurones du sommeil qui s’opposeraient aux neurones de l’éveil via une boucle d’activation-inhibition, responsable du sommeil et de l’éveil. Mais il reste à découvrir ce qui déclenche cette inhibition ou activation.

Source : The Journal of Neuroscience, vol.28, p.576.

À propos de l'auteur

Antoine Blanchard

Antoine Blanchard

Projets numériques et innovants @univbordeaux. Co-fondateur @deuxieme_labo @cafe_sciences @votonsscience @sciencehackday Bordeaux.

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