Un traducteur chien-humain, c’est pour bientôt ?

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*+- Hondenras_Mudi.jpgPropriétaires de chiens désireux d’approfondir la communication avec leur animal favori, l’avenir semble radieux pour vous : la science s’intéresse au langage canin. Une équipe de chercheurs espagnols et bulgares vient en effet de “décoder” certains aboiements. Les scientifiques enregistré les aboiements de huit chiens de race Mudi (chiens de berger bulgares), trois mâles et cinq femelles, alors qu’ils se trouvaient dans des situations préétablies :
  • Attachs à un arbre par son propriétaire
  • Aller chercher une balle
  • Combat, un humain simulant une attaque contre le propriétaire du chien
  • Nourriture (le chien reçoit sa ration quotidienne)
  • Jeu avec son propriétaire
  • En compagnie d’une personne étrangère
  • Prêt à sortir avec son propriétaire pour une promenade
Les aboiements ont été analysés par plusieurs programmes informatiques grâce auxquels les chercheurs ont été capables de reconnaître différentes données juste en écoutant la “voix” du chien. Ainsi, son genre a pu être identifié dans plus de 85% des cas, et même son âge dans 80% des cas. Les situations dans lesquelles se trouvaient les chiens ont elles aussi pu être “décodées” à plus de 55%. Pour les chercheurs, cette étude “révèle la pertinence biologique et la richesse de l’information de l’aboiement du chien, et apporte de nouvelles possibilités pour la recherche appliquée.” Par exemple, les personnes en charge de l’éducation canine ou les vétérinaires pourraient bénéficier du développement d’un programme informatique qui serait capable de détecter chez le chien les émotions comme la peur, l’anxiété, les niveaux d’agressivité… Cela permettrait également d’identifier les chiens agressifs susceptibles de causer des problèmes dans les refuges, ou encore reconnaître des troubles du comportement de l’animal. Enfin, une autre application concernerait les “robots sociaux“, qui interagissent avec les humains en fonction d’une série de comportements en rapport avec leur utilité (par exemple un robot conçu pour passer des outils à un astronaute sur la station spatiale internationale). “Nous pourrions développer des sonorités émotionnelles pour ces robots basés sur les aboiements de chiens reconnaissables par les humains, ce serait une méthode pour développer des robots sociaux crédibles“, expliquait à l’Independent le Dr Tamas Farago, co-auteur de l’étude. Ces travaux communs menés par l’école d’informatique de l’université polytechnique de Madrid et le département d’éthologie de l’université Eötvös Lorànd de Budapest viennent d’être publiés dans la revue Animal Cognition. Nous n’en sommes pas encore à un Google Translate version chien, mais qui sait, dans quelques années, peut-être serez-vous capable de comprendre un peu mieux votre animal. Il semble cependant peu crédible que vous puissiez avoir de grands débats philosophiques avec lui… Crédit photo : Un chien de race Mudi (Vulpes via Wikimedia Commons) Continue reading

A-t-on découvert un remède pour vous sortir une chanson de la tête ?

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*+- Gumball_machines_Dallas_2008.jpgAvoir une chanson ou un morceau de musique dans la tête sans pouvoir l’en sortir, c’est parfois irritant. Cela peut durer des heures, parfois des jours… et il ne s’agit pas toujours d’un air agréable. Il peut s’agir d’une ritournelle cent fois entendue étant enfant et qu’on ne peut plus supporter, ou l’un de ces tubes répétitifs que l’on a entendus à la radio bien malgré soi et que l’on préférerait oublier, ou, pire encore, d’un jingle publicitaire. Lorsque cela nous arrive, on a même l’impression que plus on essaie de l’oublier, plus l’intrus s’incruste, comme un bourdonnement d’insecte que l’on n’arriverait pas à chasser. Heureusement, la science est là, et plus particulièrement une équipe de psychologues de l’université de Reading, au Royaume-Uni. Ces chercheurs, qui publient les résultats de leurs travaux dans The Quarterly Journal of Experimental Psychology, se sont basés sur des études précédentes qui montraient qu’articuler quelque chose ou simplement bouger sa mâchoire pouvait interférer avec la mémoire à court terme ou avec les bruits imaginaires. Ils ont décidé d’aller plus loin en étudiant… les effets de la mastication de chewing-gum. Les psychologues ont donc utilisé une trentaine de cobayes, leur faisant entendre Play Hard de David Guetta et Payphone de Maroon 5, leur demandant de ne plus penser aux morceaux ensuite. Ils devaient appuyer sur un bouton chaque fois qu’ils y pensaient. Le résultat ? Les sujets qui mâchaient du chewing-gum ont appuyé moins que ceux qui n’avaient rien à mastiquer. La différence était suffisamment sensible, réduisant d’un tiers le nombre de fois où ils jouaient le morceau dans leur tête. Ce n’est pas encore un remède miracle, mais cela laisse un peu d’espoir à ceux qui souffrent d’entendre le dernier morceau de variétés à la mode alors qu’ils n’écoutent généralement que de l’opéra, par exemple. Le phénomène de ces chansons répétitives dont on n’arrive pas à se débarrasser “date au moins du 19ème siècle”, selon le Dr Phil Beaman, qui a dirigé l’étude. “Edgar Allan Poe et Mark Twain ont tous deux fait référence à cette expérience dans des travaux connus. La majorité d’entre nous le vivent pendant de courtes périodes seulement, peut-être juste quelques minutes, mais d’autres peuvent y être sujets durant deux ou trois jours, ce qui peut être particulièrement frustrant et démoralisant. Nous avons voulu voir si l’action simple de mâcher un chewing-gum pourrait aider”. La conclusion de l’équipe est que ce genre d’activité masticatoire pourrait aider à chasser les pensées intrusives, et pas seulement les chansons que l’on a dans la tête. Le Dr Beaman espère qu’on pourra tirer de cela une méthode plus sophistiquée qui pourrait éventuellement aider à contrecarrer des symptômes de troubles obsessionnels compulsifs, par exemple. Comme quoi, mâcher un chewing-gum, ce n’est pas si banal. En attendant, la prochaine fois que vous avez un air coriace dans la tête, essayez de mastiquer, même si vous n’avez pas de chewing-gum sous la main. On ne sait jamais, ça pourrait marcher ! Crédit photo : distributeurs de chewing-gum (Andreas Praefcke via Wikimedia Commons) Continue reading

Le premier robot conscient ressemblera-t-il à un insecte ?

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*+- bild.jpegHector est un robot qui est très loin de l’image que l’on peut en avoir : il ne ressemble pas aux droïdes de Star Wars (R2D2 ou C3PO), et encore moins aux réplicants de Blade Runner. Hector a été conçu pour ressembler aux phasmes, ces insectes fascinants qui ressemblent à des brindilles. Il est aussi le fruit d’une coopération entre roboticiens et biologistes, et se situe au carrefour des deux disciplines. Il a été doté d’un programme pour lui apprendre à marcher, ce qui n’est pas aussi évident que cela peut le paraître. Le robot a en effet été doté de membres mécaniques imitant au mieux les mécanismes biologiques. Les programmes et senseurs intégrés, eux, ont doté Hector de la possibilité de réagir en fonction du terrain rencontré, y compris s’adapter aux obstacles. Mais aujourd’hui, les chercheurs passent à une toute autre étape : doter Hector des capacités nécessaires à une forme de conscience. Les chercheurs de l’université Bielefeld (Allemagne) l’ont doté d’un système basé sur les réseaux de neurones, qui pourrait permettre au robot de se voir de la manière dont les autres le voient. “Avec cela, il aurait une conscience réflexive“, explique le Dr Holk Cruse, biologiste et co-auteur d’une étude publiée dans la revue en ligne Open Mind, spécialisée dans l’étude de l’esprit, de la conscience et de la cognition. ”Un humain possède une conscience réflexive quand non seulement il perçoit ce qu’il ressent, mais qu’en plus il a la capacité de ressentir qu’il éprouve quelque chose”, précise Holk Cruse. “La conscience réflexive existe donc si un humain ou un système technologique peut se voir “à l’extérieur de lui-même”, si je peux dire”. Les chercheurs n’ont pas essayé de programmer la conscience dans Hector, mais ils observent sa possible émergence. En effet, son programme lui permet déjà de réagir aux stimuli de son environnement, et même de trouver son chemin pour rejoindre un but distant. Lorsque ses programmes initiaux ne lui apportent pas la solution désirée, il peut aussi faire appel à un autre logiciel, qui va lui permettre “d’imaginer” des solutions nouvelles : il va envisager des hypothèses et décider si elles sont ou non adaptées avant de les adopter. “Etre capable d’effectuer des actions imaginées est une caractéristique centrale d’une forme simple de conscience”, affirment les chercheurs. Ils pensent aller encore plus loin en tentant de lire les “émotions” du robot, en se basant sur le fait qu’il a des “intentions”, comme celles qui peuvent l’inciter à aller dans certains lieux (par exemple à sa station de recharge). “Les émotions peuvent être déduites du comportement”, assure Holk Cruse. “Par exemple, une personne heureuse prend davantage de risques et prend des décisions plus rapidement que quelqu’un qui est anxieux”. Pour Hector, on pourrait alors déduire ses “émotions” du fait qu’il adopte des solutions rapides mais risquées ou au contraire qu’il prend son temps pour trouver une réponse plus sûre. Reste à savoir si Hector va effectivement évoluer dans ce sens. “Avec ses nouveaux programmes, Hector pourrait observer son propre état mental – jusqu’à un certain point, ses humeurs – et diriger ses actions en utilisant cette information”, explique Malte Schilling, co-auteur de l’étude. “Ce qui rend cela unique, c’est qu’avec notre extension logicielle, les facultés de base sont préparées pour que Hector puisse aussi être capable d’évaluer l’état mental des autres. Il pourrait sentir les intentions et les attentes des autres, et agir en conséquence”. “Le robot pourrait alors être capable de “penser” : Qu’est-ce que cette personne attend de moi? Et il orienterait alors ses actions en conséquence”, précise le Dr Cruse. Hector n’en est cependant pas encore là, pas tout à fait… Il reste donc à observer de très près ses futurs progrès. Que ceux qui craignent l’intelligence artificielle se rassurent, il n’est pas encore capable d’avoir une conversation avec vous sur le sens de la vie… Crédit photo : Le robot Hector (CITEC/Bielefeld University)
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