Dis-moi à quel âge tu veux des enfants, je te dirai ta classe sociale – traits d’histoire de vie et sciences sociales.

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La biologie de l’évolution n’est souvent pas la première discipline vers laquelle on se tourne lorsqu’il s’agit d’expliquer la variabilité des comportements humains dans différentes conditions économiques et sociales. Rien de bien étonnant à cela : une explication évolutionnaire d’un comportement sous-entend généralement une part d’influence génétique et donc une certaine stabilité de ce comportement […]
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Oktober-fest of science !

Quoi il n’y a eu qu’un article en octobre ? Quelle déception …
Certes, je comprend la tristesse qui vous afflige chers lecteurs, mais cette fois j’ai une bonne excuse. Car en octobre il y a eu les vacances, mais aussi la fête de la science, une sorte “d’oktoberfest” mais où la science remplace la bière. Le thème de l’année était “infiniment grand – infiniment petit” un thème de physiciens, mais qui ne m’a pas empêché de m’exprimer avec beaucoup de plaisir!
Café des sciences (IRL)
Pour commencer, j’ai parlé devant des vraies personnes venues de leur plein gré, dans un haut lieu de la science et de la bière : un bar, en l’occurrence “l’entropie” à Pau. Le titre de la soirée: “Être très grand ou très petit: un problème de taille en biologie”. Dans 3ans si j’ai écoulé toutes mes idées d’articles je proposerai peut-être un billet sur ce thème ! En attendant vous n’aviez qu’à être là !
Le lendemain, même lieu, même heure, j’ai commenté avec des chimistes et des physiciens ce petit film des années 70:
Un peut rétro mais toujours aussi fascinant… (c’est peut-être à cause de la bande son psychédélique)
Pour des version plus modernes et interactives vous pouvez jeter un oeil aux animations ci-dessous:
- Magnifying the Universe par Number Sleuth
- The scale of the universe 2 par Cary Huang
(Pour bien profiter de l’animation ci-dessus mieux vaut avoir de bons yeux, ou se rendre directement sur le site source : The scale of the universe)
Village des sciences
Cette année, et pour la première fois le département de biologie de l’UPPA proposait un stand au village des science sur la place Clemenceau au centre-ville de Pau avec votre serviteur aux manettes. Résultat: 7000 visiteurs pour le week-end ! Non en fait il faut surtout remercier la météo !
Pour coller au thème de l’année et du laboratoire, mes collègues et moi avons parlé de microbiologie avec: des cultures des micro-organismes de nos objets du quotidien, des observations microscopiques, des antibiogrammes, des photos en microscopie électronique, et … du fromage !
Quelques photos du stand pour la gloire!
 Quelques uns de nos illustrations (cliquez sur les images pour les agrandir):
Comment les bacteries deviennent resistantes aux antibiotiques. Chiffres resistance
Le mécanisme de la résistance aux antibiotiques.
photo d'une cellule eucaryote, comparée à une bacterie (procaryote), comparée à un virus, avec echelle de taille
Virus, Bactérie, Cellule eucaryote: une comparaison.
MEB tete d epingle, brosse à dent poil, planche à découper. Vu au microscope electronique à balayage. SEM needle, toothbrush
Comment ça, elle pas propre ma brosse à dent ??
l'aspect original d'une culture de Paenibacillus vortex
Paenibacillus vortex
Ici nos posters de microbiologie, merci aux doctorantes qui ont participé à leur conception. (Cliquez sur les posters pour les voir en grand)
programme 3eme - antibiogramme bacterie, champignon, virus. pathogènes et utiles
Les micro-organismes et la santé : Fabien J, et Justine A.
winogradsky, station epuration, barrage pollution par les bactéries
Les micro-organismes dans l’environnement : Mathilde J.
programme 3eme svt - microorganismes bacteries, levure, pourriture, fromage, alimentation
Micro-organismes et aliments : Vanessa R.
Et en prime une animation totalement hors-sujet sur le cœur, où les visiteurs ont pu réaliser leur ECG (un électrocardiogramme quoi)…
 
Voilà le poster qui va avec:
coeur ECG echelle, organe cellule, circulation sang
Le cœur à toutes les échelles
Voilà pour ce petit compte-rendu, du meilleur événement de vulgarisation scientifique en France. Merci à tous les visiteurs et réels et maintenant virtuels, et rendez-vous l’an prochain!
__________________
A Pau la fête de la science est organisée par l’association Lacq Odyssée.
Merci à Clovis Darrigan de la mission culture scientifique et technique de l’UPPA.
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Elimine 99,9% des bactéries !

canard+WC+desinfecte+99

L’autre jour en allant aux petits coins pour soulager un besoin naturel, j’ai jeté un œil au produit d’entretien situé à proximité du trône : du canard WC, ou autre substitut du genre. Sur l’étiquette figure l’inscription suivante : « Elimine 99,9% dans bactéries* » – L’astérisque renvoie à la mention suivante : « sur la partie émergée de la cuvette ». Que recouvre ce chiffre de 99,9% ? Est-ce une vraie information sur un “atout” de ce produit, ou plutôt un banal argument marketing, sans plus d’importance que son parfum lavande ?
La cible : les vilaines bactéries (ou le consommateur crédule).
Notre tube digestif en un véritable nid de bactéries, environ 100 000 milliards de bactéries rien que pour le colon soit 10 à 100 fois plus de cellules que dans l’ensemble de notre corps. Autant dire que tout ce qui sort de notre tube digestif est très largement « contaminé ». Ces bactéries se retrouvent sur les parois mais également dans l’eau des toilettes où elles dégradent la matière organique. La plupart du temps ces « microbes », comme on les appelle, vont s’organiser pour former un biofilm, c’est-à-dire un agrégat de cellules englobées dans une matrice protectrice plus ou moins gélatineuse. 
[Un exemple de culture bactérienne formant un biofilm bien structuré.]
Un biofilm peut contenir de nombreuses espèces de microorganismes (bactéries, champignons, algues ou protozoaires). La promiscuité d’espèces différentes permet une certaine synergie (sécrétion de matrice, transfert horizontaux de gènes, complémentarité du métabolisme etc.) permettant à l’ensemble de devenir plus performant… Une sorte d’ingénierie écologique qui prend tout son sens dans la cadre théorique du phénotype étendu. C’est une sujet passionnant mais ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui… 
[Ce voile algual formé sur une eau stagnante eutrophisée constitue un autre exemple de biofilm.]
Désinfecter un peu, beaucoup, à la folie… ou pas du tout !
Si vos toilettes sont vraiment très sales, un biofilm peut contenir un milliard de bactéries par cm². Un vrai désinfectant selon les normes en vigueur doit éliminer 99,999% des bactéries (5log de réduction). Il reste alors plus de 10 000 bactéries par cm²… Notre canard WC lui correspond à une réduction de 3log (99,9%), il reste alors un millions de bactéries par cm²… Ces normes de désinfection sont par ailleurs basées sur des cultures de bactéries en suspension et non organisées en biofilms. La matrice entourant les bactéries limite inévitablement l’action des désinfectants et le nombre de bactéries éliminées est donc surement moindre encore…
[Un biofilm constitué par plusieurs bactéries observé en microscopie optique.]
[Sur cette image en microscopie électronique à balayage on observe bien la matrice hydratée entourant les bactéries.]
Est-ce vraiment utile ?
Sachant que le chiffre de 99,9% est donné pour la partie aérienne de la cuvette, on imagine aisément que l’action est encore plus limitée sous l’eau, où le produit est dilué, et la survie des bactéries plus aisée. Bref inutile d’espérer une désinfection totale qui ne peut être obtenue que par stérilisation. Par ailleurs je ferai remarquer aux « stressés de la bactérie », que s’ils espèrent désinfecter la partie aérienne de la cuvette, ils ne désinfectent à priori pas leurs fesses… Enfin héberger sur sa cuvette quelques milliards de bactéries non pathogènes est peut-être une façon d’éviter la colonisation de celle-ci par des espèces plus nocives. 
Bien sûr ces constatations ne doivent surtout pas vous empêcher de nettoyer vos toilettes notamment dans le cas où quelques visiteurs viendrait « patauger dans la cuvette des chiottes», mais juste vous permettre de relativiser l’action désinfectante des produits utilisés. Lavage des mains, fermeture de l’abattant de la cuvette lorsque l’on tire la chasse d’eau sont des moyens probablement bien plus sûrs d’éviter une contamination…
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Commission Charbonneau : à quand une enquête technique ?

Alors que les révélations se poursuivent à la Commission Charbonneau, il y aurait lieu d’enquêter sur la qualité des travaux publics réalisés pendant toutes ces années par les firmes de génie conseil et les entreprises de construction, plutôt que simplement sur les conditions d’octroi des contrats. Tous les filous qui ont abondamment fraudé pour obtenir [...] Lire la suite » Continue reading

Quelle science pour le nouveau pape ?

pontifical
Parmi les tâches qui l’attendent, le nouveau pape devra se pencher sur les travaux de l’Académie pontificale des sciences, qui tente de réconcilier la foi et la science en réunissant, au Vatican, 80 chercheurs de toutes confessions choisis parmi l’élite de la science mondiale. Descendante de l’Académie des Lynx fondée en 1603 pour se porter à [...] Lire la suite » Continue reading

Bentham et Kant étaient-ils des autistes ?

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Sans connotation péjorative dans le terme “autiste” bien sûr, comme il est parfois utilisé dans certaines tranches d’âge de la population (je ne balancerai pas). La question – sérieuse – est bien de savoir, si Kant et Bentham revenaient à la vie aujourd’hui, pourraient-ils être diagnostiqués comme autistes selon les critères officiels du DSM IV […]
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Les réseaux communautaires de l’économie mondiale

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Si les réseaux urbains sont visibles de l’espace, il n’en est pas de même
pour les liens tissés entre les entreprises multinationales.
Il y a un peu plus d’un an, une triade d’économistes de l’École
polytechnique fédérale de Zurich (Suisse) décortiquaient les entrelacs qui
constituent le réseau global des multinationales, mettant à jour une structure
hiérarchisée dominée par une super-entité de petite taille mais contrôlant une
grande part de l’activité internationale (vous pouvez retrouver les détails de
l’affaire dans l’article World Company : mythe ou
réalité ?
). La même équipe replonge cette année dans le grand bain de
l’économie mondiale pour construire le réseau “social” des grandes entreprises
mondiales. Si les liens tissés traversent les frontières nationales, des
communautés se forment, autour d’activités économiques semblables mais surtout
entre acteurs résidant dans le même pays. La World Company serait-il
moins cosmopolite qu’on pouvait le croire ? L’étude suisse s’intéresse à 43 060 multinationales, installées pour la
majorité aux États-Unis et en Europe (même si les chercheurs ont dénombré
également 139 compagnies installées aux Bermudes et 40 aux Îles Caïman, deux
pays connus pour leur fiscalité avantageuse). Le réseau complet fait apparaître
plus de 600 000 entités (compagnies ou actionnaires) associées à ces
multinationales, nouant entre elles plus d’un million de liens capitalistiques.
Parmi les 23 825 sous-réseaux indépendants qui apparaissent, les chercheurs
helvètes avaient mis en évidence en 2011 l’existence d’un mastodonte
rassemblant les trois-quarts des entités et qui écrase les autres regroupements
économiques, dont neuf sur dix regroupent moins de dix entités. Ils ont cette
fois-ci observé plus en détail les affinités qui émergent entre les quelque
460 000 entités économiques concernées. La structure interne de ce réseau prépondérant est mise au jour grâce à la
notion de modularité
qui estime le caractère uniforme ou au contraire segmenté du réseau en diverses
communautés relativement indépendantes les unes des autres : plus la
modularité du réseau est élevée, plus celui-ci est formé de communautés
délimitées. Un algorithme maximisant la modularité du réseau permet
d’appréhender sa structure interne : le calcul aboutit à un total de près
de 7 000 communautés capitalistiques, d’importance très variable, et qui
ne peut pas être expliqué par le hasard de l’organisation dun nombre si
important d’entités interdépendantes. Alors que 99 % des communautés
rassemblent moins de mille firmes, les deux plus grosses tournent autour de
50 000 chacune !

Une domination anglo-saxonne et bicéphale, adossée sur un secteur financier
central

L’interconnexion des différentes communautés capitalistiques. La principale
communauté, dominée par les États-Unis, compte 54 100 firmes, rattachées entre
elles par près de 256 600 liens. Ces firmes possèdent des parts dans 29 700
firmes de la deuxième communauté, menée par le Royaume-Uni.
La plus grosse communauté est dominée par les États-Unis, qui hébergent
59 % des firmes la composant, suivis par le Canada avec 7 %,
10 % étant détenu par des pays asiatiques (Japon, Taïwan et Corée du Sud).
Cette communauté constitue un poids lourd de l’économie mondiale, comptant pour
34 % de la valeur totale des multinationales ; elle se consacre
principalement à trois secteurs économiques, d’importance quasi égale :
services, industries manufacturières et activités commerciales. Viennent
ensuite sept communautés majoritairement européennes, rassemblant entre
5 000 et 50 000 firmes. La plus importante d’entre elles, qui
représente 17 % du résultat d’exploitation des multinationales, est
emmenée par le Royaume-Uni avec 42 %, l’Allemagne suivant avec environ
10 % ; cette communauté européenne se distingue par la prédominance des
activités commerciales, qui représentent près de 40 % de l’ensemble, soit
autant que les services et l’industrie réunis. Enfin, la première communauté
dominée par des puissances économiques asiatiques se classe au douzième
rang. Conclusion : le poids des origines géographiques dans la constitution
des communautés de multinationales est plus fort que celui de la spécialisation
sectorielle. À l’heure de la mondialisation des échanges économiques, où le
capital semble sans patrie, cette prééminence de la nationalité des
investisseurs rappelle que les acteurs économiques restent ancrés dans leurs
territoires plus que dans leur domaine d’expertise, somme toute relatif pour
les communautés internationales de grande envergure. Les économistes suisses ont également évalué le rôle joué par la finance.
S’il ne représente que 9 % des firmes et n’apparaît jamais en tête des
secteurs d’activité des plus importantes communautés économiques, le secteur
financier s’avère pourtant essentiel : il joue en effet un rôle cohésif
très important, comme le montre le cas hypothétique d’un réseau dépourvu de
firmes financières. Dans ce cas, le réseau global est chamboulé, la plus
importante communauté, dominée par les États-Unis, perdant à l’occasion deux
tiers de ses liens internes et 75 % des liens dirigés vers la seconde
communauté en taille, menée par le Royaume-Uni. L’interconnexion des
communautés entre elles s’avère particulièrement dépendante du secteur
financier, lequel joue un rôle de passerelle entre les différentes composantes
de l’économie mondiale, plus chauvines qu’attendu. Source : S. Vitali et S. Battiston, The Community Structure of the Global
Corporate Network
, arXiV, 14 janvier 2013.
Crédit photo : NASA. Continue reading

Suicide(s)

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Terrible nouvelle ce matin: Aaron Swartz s’est suicidé. Le brillant Cory Doctorow nous apprend/rappelle sur boingboing sa (courte) vie et son oeuvre (impressionante).  En lisant ce portrait, on ne peut s’empêcher de penser que Swartz était un (le) modèle IRL de Marcus, personnage principal de son roman « Little Brother ». Swartz était largement inconnu du grand [...]
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Les macaques mâles aussi préfèrent jouer aux petites voitures !

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J’étais tranquillement en train d’offrir à mes oreilles un délice sensoriel en leur faisant écouter le dernier épisode de podcast science, quand j’entendis une de ces phrases qui ont le pouvoir de me faire sortir de ma torpeur auditive. David je crois commence les hostilités : « Mais sinon le problème [du peu de] femmes dans [...]
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