Le secret de la peur

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Astérix et les Normands se trouve plus facilement dans les rayons BD que dans les bibliothèques scientifiques et pourtant le syndrôme qu’il décrit existe bel et bien: certains individus sont pathologiquement incapables d’éprouver la moindre frayeur, même lorsque leur vie est en danger: Cette anomalie tire son origine d’une lésion ou d’une atrophie de ce qu’on appelle les amygdales cérébrales: deux petites zones en forme d’amandes, profondément enfouies dans les lobes de notre cerveau. Les amygdales repèrent le moindre signal de danger dans l’environnement et déclenchent automatiquement un sentiment de peur chez l’individu. Ce système d’alarme hérité de nos lointains ancêtres reptiliens fonctionne normalement sans que nous en ayons conscience, comme notre cœur ou nos poumons. Il suffit par exemple de présenter l’image subliminale de deux yeux écarquillés à quelqu’un. Même s’il ne perçoit pas consciemment l’image, ses amygdales réagissent immédiatement à ce signal et modifient instantanément son rythme cardiaque, sa tension et la moiteur de ses mains (voir ce  billet). Lorsque les amygdales cérébrales sont lésés, à la suite par exemple d’une maladie génétique dégénérative appelée le syndrôme d’Urbach-Wiethe, les personnes atteintes ne réagissent plus du tout à ce type d’alerte. Dans les années 1990, Antonio Damasio s’est beaucoup intéressé au cas d’une de ses malades, [...]
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Notre cerveau joue aux dés!

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[Billet rediffusé à l'occasion de le semaine thématique du C@fé des sciences consacrée au Cerveau] Avez-vous vu Un Jour sans Fin, le film dans lequel Bill Murray se retrouve prisonnier d’une journée qu’il revit sans arrêt? Le film est drôlissime car Bill Murray, à force, connaît exactement la manière dont chaque personnage va réagir à ses propos ou à ses actes. Ce qui pose une question intéressante: notre comportement est-il totalement déterminé face à une situation donnée ou bien existe-t-il une dose d’imprévu dans nos réactions? Intuitivement on penche pour la deuxième hypothèse, on n’est pas des machines quand même! – mais comment le prouver? Et surtout quelle serait la nature de ce petit facteur d’imprévisibilité présent en nous, qui fait toute la différence entre un robot et un être humain? Grâce à d’astucieuses expériences en psychologie cognitive que j’ai découvertes dans un des cours de Stanislas Dehaene au Collège de France, on commence à avoir une petite idée sur la question… Perception bistable Les illusions d’optiques sont très utiles pour comprendre comment notre cerveau interprète la réalité. Prenez la fameuse image de la danseuse qui tourne sur elle-même. On a l’impression qu’elle tourne tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre. Il [...]
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Le plus petit cerveau du monde

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Cette semaine, du 11 au 17 mars 2013, c’est la Semaine du Cerveau ! Pour célébrer l’occasion, les blogueurs du C@fé des Sciences ont décidé de se creuser les méninges, et de proposer une semaine thématique concernant notre (deuxième) organe préféré. Comme je vous ai déjà parlé d’Einstein la semaine dernière, j’ai décidé d’en prendre [...]

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Le libre-arbitre n’existe pas

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Je voudrais revenir sur un billet publié il y a quelques temps sur Science étonnante, et intitulé « Le libre arbitre existe-t-il ? ». Pour résumer, des expériences de neurosciences montrent que l’on peut détecter une activité cérébrale permettant de prédire la décision que va prendre un sujet AVANT MEME que ce sujet ait conscience de la [...]
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Communiquer avec des patients végétatifs grâce à l’IRM

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L’état végétatif est un état physiologique encore très mal compris. Il se rencontre à la suite de traumatismes crâniens ou au sortir d’un coma. On peut le définir comme un état éveillé, mais sans aucune manifestation volontaire ou consciente. Grâce à des techniques récentes d’IRM, on a pu se rendre compte que pour certains patients, [...]

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Veille de blog de la semaine du 7/01 au 13/01

Le WTF de la semaine, petites devinettes chez Sweet Random Science
La semaine précédente, sur le C@fé des Sciences  En détail : Suicide(s) par Tom Roud sur Matières Vivantes « Terrible nouvelle ce matin: Aaron Swartz s’est suicidé. Le brillant Cory Doctorow nous apprend/rappelle sur boingboing sa (courte) vie et son oeuvre (impressionante). En lisant ce portrait, on ne peut s’empêcher de penser que Swartz était un [...]

Neuro-folklore: l’IRM au service du cliché

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Très récemment une publication de neurosciences s’est intéressée à ce qui se passe dans le cerveau des personnes angoissées par les maths. Comme on va le voir, leurs conclusions me semblent plutôt minces mais la publication a été très largement relayée par les médias car la mode est à l’explication biologique des comportements, un neuro-folklore un peu malsain qui fait la part belle au déterminisme psychologique. C’est maintenant prouvé: l’angoisse, c’est dans la tête Mais pour commencer, que dit l’étude en question? L’équipe de l’Université de Chicago a découvert que l’anticipation d’un problème de maths activait, chez les personnes détestant cette matière, des zones cérébrales associées à la détection de menace et à la douleur physique. L’angoisse des maths, c’est officiel, se passe dans la tête. On s’en serait vaguement douté, à vrai dire. Les chercheurs s’attendaient-ils à observer l’activation d’aires cérébrales liées à l’hilarité ou à l’extase chez une personne se déclarant angoissée? Je suis prêt à parier qu’on aurait observé exactement la même chose chez des élèves en difficulté dans n’importe quelle matière scolaire importante. Mais les chercheurs ne s’avancent pas si loin, et suggèrent simplement qu’une telle angoisse expliquerait l’aversion des phobiques des mathématiques pour toutes les situations qui ont [...]
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Poules sentimentales

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Ca fait longtemps qu’on admet que les chiens, les chats ou les singes éprouvent des émotions. Il suffit de les regarder un des milliards de lollcats qui circulent sur le net pour s’en convaincre: Mais quid des oiseaux, des animaux à sang froid ou des invertébrés? Faut-il comme Descartes les considérer comme des « animaux-machines », dont le comportement programmé aurait été patiemment optimisé par des siècles de sélection naturelle? Faute de pouvoir leur poser directement la question, les chercheurs en biologie tentent de savoir si une expérience psychologiquement marquante impacte ou non le comportement de ces animaux. Il ressort de tous ces travaux que l’émotion est non seulement omniprésente chez toutes ces espèces, mais aussi qu’elle constitue un des moteurs privilégiés de l’évolution. Quand les oiseaux ont la chair de poule Première émotion testée: la peur. Je vous ai raconté dans un précédent billet comment au début du siècle dernier, le mathématicien Vito Volterra avait modélisé la façon dont la démographie des espèces varie selon l’abondance relative entre proies et prédateurs. Il partait de l’hypothèse que plus les prédateurs sont nombreux, plus la population des proies décline. Parce qu’elles se font croquer bien entendu, mais est-ce la seule cause? Des chercheurs [...]
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