Sélection scientifique de la semaine (numéro 217)

– Le premier trimestre de 2016 a été le plus chaud jamais enregistré dans l’histoire de la météorologie. Chacun des trois premiers mois de l’année a battu un record. (en anglais) – Les ressorts psychologiques qui expliquent pourquoi on agit … Continuer la lecture
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Sélection scientifique de la semaine (numéro 216)

– Un projet visionnaire et/ou un peu fou, nommé Starshot, pour envoyer des micro-sondes vers l’étoile Alpha du Centaure. Sera-ce le début du voyage interstellaire ? (en anglais) – La NASA reprend la main sur son télescope spatial Kepler, grand chasseur d’exoplanètes, … Continuer la lecture
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De l’utilité de mourir de faim en protégeant un garde-manger

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Svalbard
Ah, elle est pas mal celle-là! Et bien oui, c’est arrivé. Laissez-moi donc vous plonger dans l’ambiance festive de la Russie des années 1940…
Illustration: Tom Burns
 Les Nazis ont envahi la Russie et tiennent Leningrad en siège. Apparemment ils n’étaient pas pressés de partir, vu que le siège a duré… 872 jours. Comme quoi ca devait être vraiment chouette là-bas. Trêve de blaguerie… Pendant ce siège, 12 scientifiques, se sont constamment relayés pour monter la garde devant les sous-sols de l’ Institut d’Agriculture de l’Union. Qu’ y avait-il donc de spécial dans ce sous-sol?

 Je vous le donne en mille: La plus complète banque de graines, fruits, et racines du monde à l’époque. En d’autres termes, la plus grande réserve de diversité génétique agriculturelle au monde, collectée et rassemblée par le botaniste, généticien et géographe Nikolai Vavilov au cours de ses inombrables expéditions.
Vous vous souvenez de Pascal vous narrant les frasques de Lyssenko? Vavilov, c’est son exact opposé. Scientifique multidisciplinaire. Fan de Darwin. Connaît le monde comme sa poche (ok, presque). A rédigé un brillant traité sur les origines géographiques des plantes cultivées. A compris qu’avoir en stock un grand nombre variétés d’espèces cultivées venant de régions aux climats divers et variés, prêtes à être utilisées ou croisées, peut aider à booster la production alimentaire. Bref il voulait nourrir la Russie de manière sûre, efficace et durable, en développant et en utilisant la recherche en génétique. Et il avait pas mal de succès sur ce plan-là, seulement voilà, vous l’avez deviné, Staline ne pouvait pas encadrer un si odieux personnage et l’ a donc envoyé en prison. En fin de compte neuf des douze braves scientifiques-gardiens sont morts de faim pendant le siège. Vavilov est mort de faim en prison.
Ouch.

Quid de l’héritage de Vavilov?

Retour au présent. Les banques de graines sont maintenant largement reconnues comme étant la meilleure manière de rassombler, préserver, et redistribuer des variétés végétales perdues, en danger, ou prometteuses dans un contexte de changement climatique. Pourquoi la graine comme unité de conservation? C’est assez facile à deviner : laissez au fond de votre placard un pois chiche sec et une laitue, oubliez le tout et partez à Hawaii pendant un mois, et relevez le résultat au retour. Mon hypothèse est que le pois-chiche aura une meilleure gueule que la laitue. Oui, niveau préservation de matériel génétique et reserves nécessaires à la croissance, les graines sont championnes. Leurs propriétés chimiques et structurales les gardes viables pour des années. Et quand je dis des années: Il n’y a pas si longtemps des scientifiques israeliens ont fait germer une graine de palmier datier datée (haha) d’ il y a 2000 ans. Qui sait, peut-être que cette graine a été sucée et recrachée par Jésus en personne!
“Got it on with Jeez.”
Reprenons-nous. Puis, Prenons l’exemple du riz.
Le riz, c’est incroyable.
Le riz. 22 espèces dont 2 intensément cultivées. au sein desquelles on trouve plus de 140 000 variétés. Certaines poussent sous le niveau de la mer, d’ autres à 3000 mètres d’altitude, certaines ont les pieds dans l’eau (douce ou salée), d’autres sont incroyablement tolérantes à la sécheresse.
Tous en coeur: Merci la diversité génétique!
photo source: Lefigaro.fr

La conservation, pour tous les goûts, à toutes les échelles

Restons sur notre exemple du riz. Il existe une multitude de banque de grains de riz très locales dans les pays producteurs. En Inde par exemple, Debal Deb met l’ accent sur les anciennes variétés, la gratuité d’accès, et le fait que sa banque est vivante: il cultive toutes ses variétés (environ 900 variétés traditionnelles) pour assurer un stock constant de graines fraîches, accessibles à tous les cultivateurs de la région à conditions qu’ils lui ramènent une poignée de graines à la première récolte.
Au niveau national, toujours en Inde, Le National Seeds Corporation stocke aussi des milliers de types de grains de riz, avec un aspect recherche, dévelopement, et tests en laboratoire de nouvelles variétés. 

Et à l’échelle internationale, on a IRRI!
IRRI, le riz qui rit!
L’Institut international de recherche sur le riz (IRRI, apparemment il faut tout vous traduire bande d’ectoplasmes) a ses quartiers aux Phillipines et stocke des graines de quelques 121,595 variétés de riz. Des milliers ont été développées par IRRI. Donc sur tous les continents, chaque échelle spatiale de banque de graine stocke (en théorie) la majorité des graines conservées aux échelle plus locales, en plus d’autres variétés ou croisements uniques. C’est un peu comme un système de poupées russes.

Le stock ultime

Ce n’ est pas tout. Car à l’échelle supra-inter-extragalactique, nous avons…
(musique qui fait peur)
…l’antre du plus méchant des méchants magnanimes tortionnaires russes de tous les films de James Bond réunis!!!
Ah non pardon, c’ est le Global Seed Vault. Et c’est à Svalbard.
Passez quand vous voulez. Il y a un aéroport et un camping. Si si, en haut à gauche. Tout ce qu’ il faut pour des vacances inoubliables.
La Réserve mondiale de semences du Svalbard (Svalbard Seed Vault en anglais) est le niveau suprême de conservation, supposé assurer la survie de quelque 4.5 milliards de variétés contre toute catastrophe naturelle ou surnaturelle (tant qu’on y est)… ou humaine. C’est en fait juste un entrepôt, rien de tres exceptionnel, on peut en faire la visite virtuelle sur le site, vous verrez ca ressemble à la partie moche d’Ikea où on récupère ses Igberfrük et autres Mählahü en fin de visite. Loin de la mer et de toute activité sismique et humaine ce gros congélo souterrain est doublement protégé par -18°C de système électrique et -6°C (grand maximum) de permafrost. Le remplissage de l’entrepot en question a commencé avec une boite de grains de riz en 2008 et contient actuellement 864 309 variétés d’espèces végétales cultivées. Autrement dit il est plein au sixième. Mais alors attention, on n’y entre pas comme dans un moulin. Toutes les stocks du SSV sont des sauvegardes de sauvegardes de stocks d’autres banques de graines, en quelque sorte un sanctuaire de dernier recours en cas d’échec consécutif de toutes les mesures préalables en temps de crise grave. Comme dit mon Papa, “ceintures ET bretelles.”. Sachant cela, vous et moi nous disons que personne n’y puisera rien avant au moins… pfiou…. des centaines d’années! Peut-être même jamais! Et bien figurez vous que l’on a tenu 7 ans avant de tirer la première ultime sonnette d’alarme. Pas mal, 7 ans. La première rétribution a lieu en octobre 2015, alors que la guerre civile et internationale fait exploser de nombreuses villes syriennes et détruit du même coup les réserves de la banque de graines internationale d’Alep.
Popcorn
ça, c’ est vraiment de l’humour mal placé Joane.
38 073 graines de blé, lentilles, pois chiches et autres cultures de subsistance sont envoyées au Maroc et au Liban pour être “ressuscitées” après l’évènement… Matière à réflexion pour tous ceux qui pensaient que ce saugrenu projet Svalbard n’en valait pas ses 9 millions d’euros initiaux (le prix d’ un tronçon de 1.46 km d’autoroute française, soit dit en passant). Ceinture et bretelles, c’ est mon Papa qui l’a dit.

La conservation de la graine: où pousser?

Au niveau local, une conservation efficace passe par des réseaux solides et actif, partout dans le monde, d’échange de graines et des conservation ‘in vivo’ d’ un maximum de variétés cultivées… Beaucoup d’associations, coopératives, et gouvernements locaux sont sur le coup dans bien des pays, mais dans le contexte de mondialisation actuel on est loin du système parfait, et je vais arrêter ce paragraphe maintenant là tout de suite avant de commencer à écrire l’équivalent de 40 blogposts traitant de ce sujet politico-economico-social pour lequel je n’ai d’ailleurs pas assez de qualifications merci de votre compréhension.
Le mois dernier, la revue Nature publie un article révélant que la majorité des espèces sauvages apparentée aux espèces végétales domestiquées ne figurent pas au registre des banques de graines. Et le Global Seed Vault n’est plein qu’au sixième? On pourrait commencer par là. On a souvent observé que les variétés plus anciennes étaient plus résistantes aux pressions environnementales telles que les maladies ou les variations climatiques extrêmes. Cela sous-entend un bénéfice à garder ou réintroduire des gènes primitifs avantageux perdus pendent l’intense processus de sélection artificielle qu’ ont connu toutes les espèces végétales que l’on achète au quotidien. Finalement je vous vois venir gros comme une maison et donc je vais vous couper l’herbe sous le pied et poser la question moi-même: Et le rôle des OGMs dans tout ça? Après tout on n’a pas besoin de stocker des quantités monumentales de graines aux génomes différents si on peut les fabriquer soi-même…
Et bien pour le moment le Global Seed Vault n’accepte pas d’OGMs. Les OGMs ont peut-être un rôle à jouer dans le sauvetage de certaines espèces (comme le châtaigner d’Amérique) face à des perturbations de large échelle. Mais fabriquer des OGMs coûte cher, donne des résultats incertains, et pose tout un tas de problèmes de brevet et autre barrières à la diffusion…
La nature (et nous agri-ingénieurs) possède pour chaque espèce une richesse extraordinaire de variétés comestibles et fertiles entre elles, pourquoi ne pas s’en servir?
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Sélection scientifique de la semaine (numéro 213)

– Archéologie : quelque 150 squelettes ont été mis au jour dans une nécropole de l’Age du fer située dans le nord de l’Angleterre. – Absente depuis 2011, la maladie de la vache folle fait son retour en France. – Astronomie : une … Continuer la lecture
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Un curieux poisson mâle et femelle s’est autofécondé

Un individu femelle vierge qui donne la vie, les mauvaises langues rappelleront qu’il y a au moins un précédent biblique à cette histoire… Disons que, dans le cas que rapporte une équipe internationale à l’occasion d’une étude publiée le 23 … Continuer la lecture
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Sélection scientifique de la semaine (numéro 202)

– Les dinosaures dansaient lors de leurs parades amoureuses. Comme certains oiseaux actuels qui sont leurs lointains descendants. (en anglais) – Comment est-on passé des êtres monocellulaires aux organismes pluricellulaires ? (en anglais) – Les indices multiples qui montrent que … Continuer la lecture
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Comment bidouiller un gène pour soigner la myopathie

Il y a trois semaines, en faisant le bilan de 2015, la revue Science décernait son titre de percée scientifique de l’année à la technologie d’édition des gènes nommée CRISPR/Cas9. Derrière ce sigle quasi imprononçable se cache une astucieuse et … Continuer la lecture
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Les 10 billets de « Passeur de sciences » les plus lus de 2015

Voici la liste des 10 billets de “Passeur de sciences” qui vous ont le plus intéressés en 2015. Au-delà du traditionnel bilan de fin d’année, c’est aussi l’occasion de souligner que les sujets qui sortent des sentiers battus vous plaisent tout … Continuer la lecture
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La différence entre moi et un potimarron

Fiamma Luzzati ne publie pas toutes les semaines, si ce blog vous plaît, vous pouvez vous abonner ou la suivre sur  Twitter, Facebook et Google+  et même Instagram (Coup de pub) une idée cadeau pour Noël? sur amazon ou  http://www.placedeslibraires.fr Des idées de sujets? … Continuer la lecture
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Le sexe du cerveau : interview de Franck Ramus

Retranscription de l’interview du professeur Franck Ramus donnée dans l’épisode 204, en Février 2015. Retranscrit par Cyber Keak et Stéphanie. Les hommes ne peuvent pas faire plusieurs choses à la fois. Les femmes ne savent pas lire une carte. Il y aurait un sens féminin mais celles-ci seraient nulles en math. Tout autant d’informations qui commencent […]
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