La sélection scientifique de la semaine (numéro 118)

- Une nouvelle petite lune de Saturne est-elle en train de naître sous nos yeux ? – Pour la première fois, on découvre une exoplanète de la taille de la Terre dans la zone d’habitabilité de son étoile, là où … Continuer la lecture

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La sélection sexuelle et ses excès : pourquoi n’y a-t-il pas que des super-mâles ?

La sélection sexuelle, c’est l’idée que la nature favorise ceux qui se reproduisent le plus, et le mieux. Il s’agit d’un des mécanismes de la sélection naturelle, qui explique certaines évolutions des espèces, comme le fait que les mâles et les femelles ont des apparences physiques différentes chez de nombreux animaux. Nous allons voir que […]

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La sélection sexuelle et ses excès : pourquoi n’y a-t-il pas que des super-mâles ?

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La sélection sexuelle, c’est l’idée que la nature favorise ceux qui se reproduisent le plus, et le mieux. Il s’agit d’un des mécanismes de la sélection naturelle, qui explique certaines évolutions des espèces, comme le fait que les mâles et les femelles ont des apparences physiques différentes chez de nombreux animaux. Nous allons voir que […]

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La dynastie du roi des animaux

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lion
Le lion règne sur la savane depuis plusieurs milliers d’années : où est-il
né ?
Où est né le roi de la savane, le lion (Panthera leo) ?
Comment a-t-il conquis plusieurs continents, avant de reculer sous les coups de
boutoir des chasseurs ? S’il est célébré par de nombreuses civilisations,
des empires antiques de Perse et
d’Assyrie
jusqu’au récit médiéval du Roman de Renart et plus récemment, au
Roi lion, l’histoire du grand fauve reste pourtant encore mal connu.
Une équipe internationale menée par Ross Barnett, de l’université de Durham
(Royaume-Uni), et composée de biologistes venus du Royaume-Uni, du Qatar, des
États-Unis, d’Australie, de Suède, du Danemark et de France, a donc cherché à
remonter l’arbre généalogique du lion afin de mieux comprendre son évolution au
fil des millénaires et son parcours à travers les plaines d’Afrique et
d’Asie.  L’histoire de Panthera leo est difficile à retracer pour plusieurs
raisons. Tout d’abord, les fossiles de ses ancêtres sont rares, de part les
conditions de fossilisation et de conservation souvent défavorables dans les
régions tropicales. Ensuite, plus récemment, la répartition géographique du
lion s’est restreinte sévèrement : autrefois l’une des plus vastes de tous
les mammifères terrestres (couvrant l’Afrique, l’Asie mais aussi l’Europe,
jusqu’à la Sibérie, et l’Amérique, du Pérou à l’Alaska) le grand prédateur
s’est mué en proie, et a vu de plus son habitat naturel bouleversé par l’homme.
Ainsi, on estime qu’environ un tiers des lions d’Afrique ont été décimés dans
les 20 dernières années, alors qu’il ne reste que 400 spécimens du lion d’Asie
dans la péninsule de Kâthiâwar, préservés dans le parc national et
sanctuaire faunique de Gir
. Pour l’Union internationale pour la
conservation de la nature (UICN), le lion d’Afrique est aujourd’hui une
espèce
vulnérable
et le lion d’Asie est en danger d’extinction. La photo de famille reste singulièrement vide, les “survivants” africains et
indiens ne donnant qu’une image incomplète de la répartition géographique du
fauve il y a encore quelques millénaires, voire quelques siècles. Pour résoudre
cette difficulté, les chercheurs se sont tournés vers… les squelettes
conservés dans les musées. Les réserves du Muséum national d’histoire naturelle
de Paris ont ainsi été mises à contribution : Jacques
Cuisin
, co-auteur de cette étude et responsable de la plateforme de
Préparation/Restauration du musée parisien, a sorti des collectes nationales 10
spécimens prélevés par le passé, dont certains dans des régions comme le
Maghreb et l’Iran où les lions ont aujourd’hui disparu.

Le lion, un grand voyageur

Depuis l’Afrique, le lion a conquis il y a seulement quelques milliers
d’années l’Asie, donnant naissance à cinq sous-groupes distincts.
Les chercheurs ont donc procédé à l’analyse de l’ADN mitochondrial de 14
spécimens issus de 4 musées européens (auxquels se sont ajoutés 74 séquences
génétiques déjà présentes dans des banques de données). Cette technique est
utilisée par les biologistes pour reconstituer l’histoire de populations
animales (voir par exemple leur utilisation dans le cas des souris ayant accompagné les
Vikings dans leurs périples maritimes) : en recherchant les mutations
apparues et conservées au cours du temps sur une région constituée de
1 051 paires de bases (les “lettres”
du code génétique), il est possible de reconstituer l’arbre phylogénétique
séparant ces dizaines de spécimens. Résultat : alors que les zoologues ne distinguent que deux
sous-espèces, Panthera leo leo, le lion d’Afrique, et Panthera leo
persica
, le lion d’Asie, les données issues de l’ADN mitochondrial laisse
poindre cinq groupes distincts, considérées par l’équipe de biologistes comme
des unités évolutives significatives (USE). Leur ancêtre commun serait apparu
en Afrique il y a plus de 120 000 ans. Ont suivi l’émergence de plusieurs
“branches” de l’arbre familial, jusqu’à la sortie d’Afrique, il y a “seulement”
21 000 ans, via deux excursions séparées, vers l’Inde et l’Iran. Les dates
de ces “embranchements” correspondent à des modifications de l’environnement,
et notamment à la croissance, lors de phases humides, de forêts
tropicales : celles-ci forment alors des “barrières” séparant des
populations homogènes et qui vont évoluer à partir de là de façon séparée
jusqu’à former deux USE distinctes. Ce phénomène, appelé spéciation vicariante, aurait
également été renforcé par la présence des grands fleuves africains ou que la
vallée du grand
rift
, selon cette étude. Cette nouvelle vision de la dynastie du roi des animaux pourrait avoir des
conséquences sur la stratégie de préservation de l’espèce : de deux
sous-espèces, il faudrait dorénavant en considérer cinq, et les protéger
chacune pour maintenir cette diversité génétique. En s’inspirant de la
réintroduction du tigre de Sibérie (Panthera tigris altaica) dans les
régions anciennement occupées par le tigre de la Caspienne (Panthera tigris
virgata
), aujourd’hui disparu, inspirée par des études génétiques ayant
montré leur lien de parenté proche, il serait ainsi envisageable de
réintroduire des lions dans le Maghreb à partir de son ancêtre le plus proche,
le lion d’Asie présent encore aujourd’hui en Inde. Source : R. Barnett et al., Revealing the
maternal demographic history of Panthera leo using ancient DNA and a
spatially explicit genealogical analysis
, BMC Evolutionary
Biology
, 2 avril 2014.
Crédit photo : Gerald Pfaff – Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0
DE).

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Le contrôle à quel prix ?

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DNA-dreams
Nous aimerions tout contrôler. 
Le temps qu’il fera la semaine prochaine, pour que les vacances soient réussies.
Notre porte-monnaie, pour avoir toujours de l’argent de côté.
Nos enfants, pour qu’ils s’endorment à la même heure tous les soirs.
Notre santé, pour éviter les maladies et les souffrances.

Bien sûr, rien de tout cela n’est possible … mais si ça l’était, quel prix serions-nous prêts à payer pour avoir le contrôle ?

Quel est le prix à payer pour contrôler ? C’est la question que ne pose pas le documentaire Contrôler le génome.
Ce film nous fait visiter la Chine, de manière insolite. Il pousse la porte, pour nous, d’un laboratoire de recherche en génomique. Car, tenez-vous bien, le plus grand laboratoire de génomique au monde est chinois ! Le Beijing Genomics Institute(BGI) y a mis au point un modèle économique qui marche. L’institut est à but non lucratif mais utilise la commercialisation de ses recherches pour vivre. Vivre et se développer ! Cela marche tellement bien qu’ils vont même jusqu’à s’implanter l’étranger, avec les centres récemment ouverts aux US et en Europe.
Ses clients ? L’agriculture et l’industrie pharmaceutique.
Ses produits ? Le séquençage de génomes en tout genre : l’institut peut séquencer jusqu’à 2000 échantillons par jour. Et bien sûr, le clonage d’animaux génétiquement modifiés : l’institut peut “ensemencer” 3 truies par jour pour créer des centaines de porc-clones. 
Comment ? Pourquoi ? Difficile de le savoir tant le documentaire reste évasif sur les liens avec l’industrie. Non, la réalisatrice préfère filmer les chercheurs, leur discours passionnel, leur travail acharné, leurs nuits passées au laboratoire, la joie sur leurs visages quand des porcelets voient le jour. Car si BGI vend du génome, c’est pour financer ses recherches qui offrent de nouveaux vaccins, de nouvelles possibilités.
Là-bas, en Chine, des centaines de jeunes chinois s’activent pour comprendre la génétique, libres de toutes contraintes éthiques. Plus particulièrement, un projet sobrement intitulé Cognitive Genomics  s’intéresse à l’expression génétique de l’intelligence. Il y est question de soumettre des centaines d’enfants particulièrement doués à des tests de QI, et de séquencer leur génome. L’enjeu est de taille : mieux comprendre l’influence génétique sur l’intelligence, et pouvoir, à terme, choisir les gènes de ses enfants. Ils ne s’endormiront sûrement pas tous les soirs à la même heure, mais leur chance d’être malin sera plus grande.

Dans leurs très rares discussions, les chercheurs se montrent enthousiastes. Les sélections génétiques sont déjà appliquées depuis des milliers d’années sur les plantes et les animaux, dans un premier temps pour les domestiquer. Cette sélection introduite sur l’homme ne sera qu’un petit pas de plus. Imaginez : un monde où tout le monde est un peu plus intelligent… Ca ne peut pas être pire que maintenant, non ?

Mais quel sera le prix à payer pour l’intelligence ? En quoi un meilleur QI donne des individus plus dignes de vivre ? Toutes ces questions sont intéressantes, nous soufflent à demi-mot les chercheurs, mais ce n’est pas leur problème. Leur problème, c’est de comprendre, de chercher, d’analyser. La science est neutre ! Et puis, si eux ne mènent pas tous ces travaux, d’autres le feront à leur place un jour ou l’autre. Ce que ces recherches peuvent apporter à la société ? Du bon. Du mauvais peut-être. Qu’importe… on ne peut jamais deviner l’impact mais les possibilités sont enivrantes.
Le discours est tellement enthousiaste et ronronnant que nous culpabilisons presque d’avoir peur des dérives.

Et puis, la caméra, après s’être attardée un instant sur les rangées de bureaux peuplant BGI, nous offre enfin quelques vues extérieures sur les villes, très polluées. Lentement. Doucement.
Mais non ! Laissez-vous aller à la peur, car bien qu’il n’offre aucun point de vue contraire, ce documentaire est loin d’être un discours pro-génomique.
Il ne se passe pas grand chose en une heure. Alors quand les chercheurs travaillent, le silence surgit. Des silences très bavards. Quelques notes de musique distillent une ambiance subtilement malsaine. Mystérieuse. Le temps passe mais quelque chose cloche …
Bregtje van der Haak, la réalisatrice danoise, nous manipule. D’un côté, le discours des chercheurs enthousiastes, de l’autre, cette ambiance bizarre, dérangeante où il ne se passe rien.
Ces chercheurs ont des propos qui semblent très naïfs. L’ambiance est surréaliste, coupée du monde. Mais tout cela existe bel et bien. 
Elle nous donne envie de crier “Pourquoi ?! Pourquoi aucun commentaire ? Est-ce que cela est vraiment dangereux ? A quoi servent tous ces porcs ? Quelles sont les contraintes éthiques que la Chine n’a pas ? Et pourquoi, oui pourquoi peut-on oser croire qu’un meilleur QI fait l’intelligence ? et comment ne peut-on pas mentionner l’épigénétique qui a pourtant autant le vent en poupe ? “
Alors vient l’envie de taper contre l’écran télé, attendant désespérément une réponse. Impuissants. Nous sommes impuissants. Tout ceci se passe sous nos yeux et nous devons l’accepter. Les recherches se font, les connaissances progressent pour le meilleur ou pour le pire. Bregtje van der Haak nous montre simplement qu’il faut faire avec. Elle prend le risque de ne pas trop nous en dire pour que nous nous posions nous-mêmes la question jamais posée. 
Quel est le prix à payer pour contrôler ?

Il faut absolument le voir pour le ressentir : Contrôler le génome, de Bregtje van der Haak, disponible sur Arte +7, ou sur la boutique d’Arte.  
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La drôle d’histoire de notre (in)tolérance au lactose

Le lait, un bienfait pour la santé ? Cela peut paraître une évidence pour certains ! Malheureusement pour d’autres, boire du lait sera plutôt synonyme de troubles digestifs franchement inconfortables. La faute en revient au lactose, ce sucre présent dans le lait, et que certains d’entre nous sont incapables d’assimiler. Au premier abord, on pourrait […]

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La sélection scientifique de la semaine (numéro 109)

- Une étape prometteuse vers l’électricité produite par fusion nucléaire. Néanmoins, il faut savoir raison garder : on reste très loin de produire plus d’énergie qu’on en a injecté dans l’expérience. (en anglais) – Le vote suisse contre l’immigration, qui a … Continuer la lecture

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Subir le racisme provoque-t-il un vieillissement précoce ?

C’est une étude parue en janvier qui pose une question nouvelle, à laquelle on n’aurait pas pensé spontanément et qui prend un écho particulier dans la France de ce début 2014, où la haine de l’autre fait une réapparition aussi … Continuer la lecture

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