Super-organismes
L’idée que les sociétés d’insectes comme les fourmis, les termites ou les abeilles sont comparables à des “super-organismes” n’est pas neuve. Dès 1926 le biologiste William Wheeler remarquait que la coopération entre les membres d’une colonie d’insecte est si poussée qu’elle la dote de tous les attributs d’un être vivant. Exactement comme un organisme constitué de cellules ayant chacune une vie propre, ne prend “corps” que grâce à l’extrême degré de coopération entre ces cellules. Mes histoires d’abeilles qui choisissent un nid m’a permis de mesurer à quel point dans un cas comme dans l’autre, le fonctionnement émergent n’a souvent pas grand rapport avec celui de ses constituants de base… Les déplacements spectaculaires de la colonie -sous forme d’essaim d’insectes ou de colonnes de fourmis- sont les plus évocateurs tellement ils sont synchrones et adaptés à chaque situation: formation en boule en l’absence de protection externe, métamorphose en pont pour passer un obstacle, en radeau pour traverser une rivière… Cellules différenciées -L’analogie entre les cellules différenciés des animaux (os, muscles, sang) et les sous-castes d’une colonie d’insecte (ouvrières, nurses, guerrières, reines…) est d’autant plus frappante que dans les deux cas les composants élémentaires (cellules ou insectes) partagent les mêmes gènes [...]
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