La sélection scientifique de la semaine (numéro 135)

- Exploration du cœur de la machinerie solaire grâce aux neutrinos qu’elle émet. – Va-t-on mettre des télescopes dans des dirigeables pour observer le cosmos depuis la stratosphère ? (en anglais) – Parviendra-t-on à faire disparaître le cancer ? (en … Continuer la lecture

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Collision d’astéroïdes autour d’un soleil lointain

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14-226_0.jpg C’est une étoile comparable à notre soleil, de masse et de taille similaires, mais en beaucoup plus jeune : seulement 35 millions d’années. Elle se situe à 1200 années-lumière, dans la constellation des Voiles. Une étoile en apparence ordinaire, qui n’a pas de nom, juste une désignation (NGC 2547-ID8) mais qui semble être en plein processus de formation d’un système planétaire. On sait en effet que les planètes rocheuses, comme la Terre, Mars ou Vénus, naissent de l’agglomération de poussières et de matériaux tournant autour de leur soleil. Des morceaux de rocher, des astéroïdes, entrent en collision les uns avec les autres, se détruisent ou s’agglomèrent, et au final, certains de ces amas finissent par devenir des planètes. Cela n’empêche pas d’autres collisions. La Lune, par exemple, serait le résultat d’un événement cataclysmique : une planète de la taille de Mars percutant la Terre de plein fouet, formant ainsi le couple Terre-Lune. Restait à observer le processus de formation “en direct”, et c’est désormais chose faite, comme l’expose une étude publiée ce vendredi dans la revue Science. Le télescope spatial Spitzer a en effet observé une éruption de poussière autour de cette étoile, qui serait le résultat de la collision de deux corps célestes. “Nous pensons que deux gros astéroïdes se sont heurtés, créant un énorme nuage de grains de la taille de sable fin, qui ont volé en éclats et s’éloignent lentement de leur étoile”, explique Huan Meng, de l’université de l’Arizona, auteur principal de l’étude. “C’est la première détection d’un impact planétaire en-dehors de notre système solaire”, affirmait-il à Space.com. Cette découverte n’est pas totalement due au hasard. Le télescope spatial Spitzer avait déjà permis de noter qu’il y avait des variations dans les poussières autour de NGC 2547-ID8. Les astronomes ont donc décidé de surveiller cette étoile régulièrement, parfois quotidiennement, depuis mai 2012. C’est ainsi qu’ils ont pu détecter une énorme quantité de poussière fraîche, entre août 2012 et janvier 2013. L’analyse des données recueillies avant et après la probable collision a permis de modéliser l’événement. “Nous n’avons pas seulement été témoins de ce qui paraît être les décombres d’une énorme collision, mais nous avons aussi pu suivre la manière dont ils changent : les signaux s’affaiblissent au fur et à mesure que le nuage se détruit en broyant ses grains, qui s’éloignent alors de l’étoile”, explique Kate Su, co-auteur de l’étude. Aujourd’hui, il reste un nuage épais de débris de poussières autour de l’étoile, dans la zone où se forment les planètes rocheuses. Les scientifiques l’observent toujours, accumulant les données sur ce qui semble bien être les premiers stades de la formation d’une planète. “Une chance unique d’étudier le processus en temps réel”, selon l’un des auteurs. Crédit image : Vue d’artiste d’une collision d’astéroïde autour de NGC 2547-ID8 (NASA/JPL-Caltech) Continue reading

Il y a 25 ans, Voyager frôlait Triton

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Il y a un quart de siècle, la sonde américaine Voyager 2 frôlait Triton, satellite de la plus lointaine planète de notre système, Neptune. Pour célébrer cet anniversaire, la NASA à retraité les images de l’époque. Regardez ce monde étrange situé à environ 4,5 milliards de kilomètres de nous…
Triton et Neptune (JPL/NASA)
http://drericsimon.blogspot.com
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Des nuages d’eau glacée dans l’atmosphère d’une planète géante à 7 années lumière

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PIA17258_ip.jpgTrouver de l’eau dans l’atmosphère d’une autre planète n’est pas si fréquent. Des traces d’eau ont pu être détectées ça et là en observant des exoplanètes, mais on était loin de discerner des nuages. C’est désormais chose faite, et dans la proche banlieue de notre système solaire. A seulement 7,3 années-lumière se trouve une naine brune, une planète gazeuse géante de la taille de Jupiter mais de trois à dix fois plus massive, errant seule dans l’espace. Wise 0855-0714 (elle a été désignée ainsi parce qu’elle a été détectée par le télescope infrarouge Wise, de la NASA) est une étoile ratée. Pas assez massive pour entretenir les réactions nucléaires, elle s’est refroidie peu à peu. Elle est également, à cette date, le quatrième objet stellaire le plus proche de nous. Sa température est l’élément clé des observations qui ont été effectuées cette année par une équipe de la Carnegie Institution for Science (Washington, USA) dirigée par Jacqueline Faherty. En effet, si l’atmosphère de cette naine brune est plus froide que celle de la Terre, elle est tout de même plus chaude que celle de Jupiter. Elle est même assez chaude pour permettre à des nuages d’eau glacée de se former dans son atmosphère. C’est en tout cas la découverte effectuée par l’équipe de Jacqueline Faherty, et dont les résultats vont être publiés dans la revue spécialisée The Astrophysical Journal Letters. “J’ai été obsédée par cet objet depuis sa découverte”, affirme Jacqueline Faherty au site de Science, tout en expliquant qu’elle a utilisé le télescope Magellan Baade, au Chili, pour recueillir pendant trois nuits 151 images dans le proche infrarouge, qu’elle a ensuite combinées pour obtenir les données nécessaires à cette étude. Que l’on ne s’y trompe pas : la présence de nuages d’eau ne veut pas dire qu’il y a un beau ciel bleu que l’on pourrait observer de la surface. Wise 0855-0714 est une géante gazeuse, et les fameux nuages cohabitent dans son atmosphère avec d’autres composés, eux, de sulfure de sodium. Mais la découverte est tout de même d’importance : il s’agirait bien de la première fois que l’on détecte des nuages d’eau en-dehors de notre système solaire.   Crédit image : vue d’artiste d’une naine brune (NASA/JPL-Caltech) Continue reading

La sélection scientifique de la semaine (numéro 134)

- Une vie microbienne intense dans un lac situé sous la calotte glaciaire de l’Antarctique. (en anglais) – La Chine met un coup d’arrêt à ses recherches sur le riz transgénique. (en anglais) – Pourquoi un Chinois sur deux naît … Continuer la lecture

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Les anneaux de Saturne auraient 4,5 milliards d’années

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162056main_PIA08329.jpg L’origine des anneaux de Saturne ne fait pas l’unanimité. En fait, deux grandes théories s’opposent. La première suggère qu’ils sont nés soit d’une lune qui se serait désintégrée, soit de débris de comète attirés par la planète : les anneaux seraient alors apparus tardivement dans l’histoire du système solaire, il y a seulement quelques centaines de millions d’années. La seconde théorie suppose que les anneaux se sont formés en même temps que Saturne. Cette seconde théorie est défendue depuis plusieurs années par une équipe de chercheurs de l’université du Colorado à Boulder (USA), qui s’appuient sur les données transmises par la sonde Cassini. qui observe la planète géante depuis maintenant dix ans. En 2007 déjà, Larry Esposito, en charge du spectrographe ultraviolet de Cassini, observait que les anneaux n’avaient pas tous le même âge, et que leurs matériaux se recyclaient en continu, un argument à l’appui de la thèse des anneaux très anciens. “Nous constatons un recyclage rapide des matériaux des anneaux, dans lesquels les lunes sont continuellement brisées en particules d’anneaux, qui se rassemblent alors pour former de nouvelles lunes”, déclarait-il alors. Ce même Larry Esposito et d’autres chercheurs ont apporté des éléments renforçant cette théorie lors d’un atelier consacré aux anneaux planétaires, la semaine dernière à l’université du Colorado. Ceux des anneaux qui sont composés de glace contiennent également 5% de matériaux rocheux dûs au bombardement continu par des micro-météoroïdes interplanétaires. Ces poussières de l’espace “salissent” les anneaux, les rendant de plus en plus sombres. Déterminer les éléments de ce flux de particules en fonction de l’état actuel de la “poussière” permettrait donc de savoir depuis combien de temps les anneaux y sont exposés, comme l’explique un article publié sur le site de Nature. Grâce aux données transmises par Cassini, l’équipe a pu calculer les éléments orbitaux et la vitesse d’impact de certains de ces petits morceaux de rocs venus de l’espace. Il en résulte qu’il y aurait moins de “poussière” que prévu, et donc qu’il lui faudrait davantage de temps pour s’accumuler. Le résultat de leur trouvailles démontrerait donc que les anneaux sont exposés à ces flux depuis 4,5 milliards d’années, ce qui vient en appui de la théorie d’une formation ancienne des anneaux. Ceux-ci se seraient donc bien formés en même temps que Saturne. Les tenants de la théorie des anneaux récents n’ont pas forcément dit leur dernier mot, mais cette dernière découverte fait certainement pencher la balance en faveur de l’hypothèse ancienne…   Crédit photo : une image prise par la sonde Cassini en 2006, où la planète occulte le soleil, révélant les anneaux de manière spectaculaire (NASA/JPL/Space Science Institute)   Continue reading

Y a-t-il des fossiles sur la Lune?

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Une étude montre que des fossiles de microbes terrestres contenus dans des météorites pourraient maintenant se trouver sur la Lune

  IMG_0174c.pngQue se passerait-il si un morceau de rocher contenant des fossiles microscopiques était propulsé dans l’espace et heurtait la Lune? C’est la question que se sont posée des chercheurs de l’université du Kent (Grande-Bretagne). Bien décidés à trouver la réponse, ils ont réduit en poudre des rocs contenant des fossiles, ont mélangé cette poudre à de l’eau avant de la congeler pour créer la réplique d’un météoroïde. Ils l’ont ensuite placé dans un canon à gaz pour simuler l’impact qui se produirait s’il avait été propulsé en orbite, avait connu une décélération rapide avant de s’écraser à grande vitesse sur la Lune. Le résultat est parlant : les fossiles étaient toujours présents après l’impact. Il est donc possible que si des météorites terrestres sont présentes sur la Lune, de la même manière que l’on trouve aujourd’hui des météorites lunaires sur la Terre, alors elles peuvent contenir des témoignages du passé de notre planète. C’est en tout cas ce qu’explique l’étude qu’ils viennent de publier dans la revue spécialisée Philosophical Transactions of the Royal Society. Les scientifiques ont testé les impacts à des vitesses allant de 0,4 à 5 kilomètres/seconde. Selon Popular Science, y aurait cependant un léger problème : au-dessus de 1kilomètre/seconde de vitesse d’impact, les fossiles se brisent en minuscules éclats, et plus la vitesse d’impact augmente, plus les morceaux sont petits. Or, lorsque des météoroïdes entrent dans l’atmosphère terrestre, leurs vitesses sont de l’ordre de 11 à 72 km/s. Il est donc improbable que des fossiles provenant éventuellement d’autres planètes puissent être découverts sur Terre (par exemple des fossiles d’éventuelles vies martiennes). A moins que le fait d’être à l’intérieur de morceaux de rocher au lieu de glace comme dans l’expérience ne change drastiquement la donne… En revanche, pour ce qui concerne la Lune, la théorie développée pourrait tenir la route. Les prochaines missions lunaires trouveront peut-être des traces de fossiles terrestres microscopiques à sa surface…     Crédit photo : l’astre nocturne pourrait héberger des fossiles de microbes terrestres (photo JPF)

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La sélection scientifique de la semaine (numéro 133)

- Dans les pas de Darwin : la belle histoire de Peter et Rosemary Grant, deux chercheurs qui, depuis quatre décennies, étudient l’évolution au quotidien dans l’archipel des Galapagos. (en anglais) – Le Graal des chimistes, un robot capable de synthétiser … Continuer la lecture

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La météo du système solaire. Épisode 2 : Jupiter et Saturne

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Résumé de l’épisode précédent, consacré à Mercure, Vénus et Mars : la météo ailleurs est vraiment pourrie, on est bien sur Terre, sauf à Paris. Je poursuis aujourd’hui avec la météo de deux "géantes gazeuses", ces planètes énormes qui gravitent loin du Soleil. Et autant vous le dire tout de suite : c’est pas vraiment mieux. Si vous passez vos vacances dans le coin, c’est l’occasion de tester
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