Partir de rien

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Alors que nos grands-parents ne savent pas très bien ce qu’est un ordinateur, nos petiots sont nés avec un IPad collé à leurs menottes. Et ça nous fait peur ! Le fossé se creuse entre l’utilisation de l’informatique et la compréhension de son fonctionnement. Nous nous imaginons un futur où les machines auront le contrôle sur une génération sacrifiée, parce qu’elle n’a pas appris à coder. Heureusement, des applications tactiles permettent maintenant aux enfants de s’amuser tout en assimilant les rudiments de la programmation.

L’usage des écrans tactiles est très intuitif pour les enfants qui les adoptent dès leur plus jeune âge. On peut imaginer que, d’ici quelques années, ils délaisseront complètement les claviers et autres souris qu’ils jugeront inutiles et encombrants. 
Et alors  ? Y a t’il vraiment de quoi s’inquiéter ? 
Beaucoup pensent que oui. C’est le cas d’Anna Lietti, pour qui, les outils numériques se sont immiscés dans tous les aspects de notre vie, justement parce qu’ils sont faciles à utiliser, lisses, conviviaux. Rien, pas une aspérité, pour préjuger de l’envers du décors. L’intérieur, le fonctionnement des machines, reste mystérieux. Et, qui dit mystérieux dit emprise, contrôle. Un pas de plus, et le mythe de l’homme, dominé par ses machines, refait surface. 
On réalise que la nouvelle génération d’enfants tactiles se contre-fout de savoir comment ça marche. Après cette constatation, s’ensuit l’inquiétude de nous, les adultes, devant ces enfant qui vont peut-être un jour se retrouver démunis face aux ordinateurs. Faute d’avoir appris, ils vont oublier comment cela fonctionne. Le privilège d’apprendre sera réservé aux élites, qui domineront les autres. Ou pire, les machines prendront le pouvoir… 
Car comme dit si bien Alfred Sauvy, « Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets. »

Evidemment, la domination sera toujours là. Il n’est pas question ici de tomber dans ce souci paranoïaque digne de romans de science-fiction. Non, soyons plus pragmatiques et humanistes !
L’informatique est un domaine riche et complexe. Et comme il envahit notre quotidien, il est tout simplement logique et essentiel d’intégrer son enseignement à l’éducation. De tous. Donner l’accès à tous de pouvoir en savoir plus. 
On ne sera pas tous des développeurs comme on peut très bien conduire sans rien comprendre à la mécanique d’une voiture. Mais, il faut pouvoir, sans discrimination sociale d’aucune sorte, donner accès à l’enseignement de l’informatique.
Ceci dit, les débats sur la programmation à l’école sont nombreux. On en a vu plusieurs envahir le C@fé. Par exemple, dans Tout se passe comme si avec Pourquoi je suis favorable à l’enseignement de la programmation à l’école ou chez Dr Goulu, La programmation, latin du futur ? Il y est même question de l’âge adéquat pour commencer. Ces réflexions sont appréciables et nécessaires, elles montrent qu’il y a du changement. Mais, ici, plutôt que de foncer dans une tirade d’arguments ou de contre-arguments, nous allons parler d’une initiative pratique et géniale.
Scratch Jr. est une nouvelle application IPad gratuite, créée et lancée cet été par une équipe du MIT, pour apprendre aux enfants à coder. Elle est une dérivation de Scratch, qui, déjà, permet aux jeunes dès 8 ans, d’acquérir, à l’aide de blocs colorés en forme de puzzle, quelques notions de programmation. C’est aussi, et surtout, un puissant outil de création grâce auquel les enfants manipulent des personnages tout droit sortis de cartoons et créent des dessins animés. L’important est donc de sensibiliser plutôt que d’assommer de connaissances.
Scratch Jr. est dans la même veine, mais cible un public encore plus jeune. Grâce à une interface graphique plus intuitive et comportant moins de textes, les enfants peuvent, dès 5 ans, jouer à programmer. Et, apprendre à penser différemment, sous forme de séquences et d’itérations. 
L’idée première est donc de structurer la pensée, d’apprendre à résoudre des problèmes, de concevoir des projets. Bref, de s’amuser et de créer. “Nous voulions être sûrs que les jeunes enfants n’utilisent pas les tablettes uniquement pour naviguer sur le web et consommer.” affirme Mitchel Resnick, directeur du MIT Media Lab’s Lifelong Kindergarten, qui a développé Scracth Jr. en collaboration avec l’Université de Tufts et la Playful Invention Company.
Grâce à Scratch Jr., les enfants peuvent tâtonner, bricoler, expérimenter avec leur IPad. Ils entrent dans une autre dimension. Ils ne sont plus juste consommateurs, mais actifs et curieux. Ils ont les armes pour affronter les machines du futur.



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Open science

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“Tu veux rester étudiante toute ta vie !?” 
Dimanche, quatorze heures trente, entre le fromage et le dessert, votre fille vient de vous annoncer qu’elle veut faire une thèse. Vous ne savez même pas ce qu’est ce machin, vous qui avez arrêté les cours peu après le Bac. Et vous ne vous en portez pas plus mal maintenant !
“T’es sûre ? Tu ne voudrais pas plutôt monter une boîte, diriger, décider, être importante. Enfin t’engager dans la vraie vie, quoi ?!”
Soudain, vous vous imaginez à soixante dix ans, en train de croupir dans un lit d’hôpital, sans pouvoir compter sur l’aide de votre fille, éternelle étudiante insouciante et fauchée. Avec une inquiétude non dissimulée, vous tentez donc une dissuasion un tant soit peu malhonnête. 

Et c’est bien normal !
Nous avons tous en tête l’image de Newton somnolant sous un arbre. La douceur de sa sieste est soudain dérangée par une pomme qui s’écrase sur son cuir chevelu. C’est ainsi qu’il découvre l’attraction gravitationnelle.
La langue d’Einstein et ses cheveux grisonnants ont également subi une propagation virale dans notre société. Telles des icônes savantes, ces images diffusent l’idée que les scientifiques sont un peu fous et rêvassants. 
Loin, très loin des préoccupations de la vie de tous les jours.
Alors vous êtes inquiets. 


Et vous n’êtes pas seuls ! Prenez, Célya Gruson-Daniel par exemple ! Après avoir fait un stage en laboratoire, elle a décidé de ne pas continuer en doctorat. En cause : trop d’individualisme, de carriérisme douteux, et le poids d’une évaluation constante qui se base sur le nombre d’articles publiés dans les revues spécialisées telles Science 
ou Nature. Bref, un environnement coincé qui empêche toute prise de risque et n’incite pas vraiment à la création. Alors plutôt que de s’enfermer dans cette administration du siècle dernier, elle est partie voler de ses propres ailes et a créé, dans les années deux mille, une communauté qui fait la part belle aux sciences collaboratives et à l’open-science. HackYourPhD, (PhD, terme anglais provenant de Philosophiæ doctor et désignant le doctorat) a le mérite de braquer les projecteurs sur une autre façon de faire de la science. 

Mais il est difficile de comprendre les objectifs de cette communauté. Le site est sûrement mal fait et c’est bien dommage. On y trouve tout un tas de ressources au fort potentiel : des rencontres avec des personnes dirigeant des laboratoires hors du commun de l’autre côté de l’Atlantique et des comptes-rendus de conférences sur les sujets des sciences collaboratives. Seulement, les interviews sont mal réalisées et les témoignages et récits non structurés. Comme autant de post-its reliés les uns aux autres de façon purement fortuite. On ne comprend jamais vraiment de quoi ça parle. 
Si l’on pensait pouvoir trouver une exposition claire et une critique argumentée des différentes méthodes de recherche, forcément on est déçu. Mais ce qui me dérange le plus, c’est que leur message, même confus, incite à penser qu’un chercheur, en France, est égoïste, reclus, devenu incapable de créer et que l’open-science va le sauver.

Alors que, nom d’une cacahuète, être chercheur, c’est et ca restera être libre de faire la recherche que l’on veut comme on veut ! (sous réserve de trouver des financements, et d’être un tant soit peu doué …)
Il est évident que tout n’est pas rose dans le monde de l’académie. Notamment avec les coupes budgétaires et l’inadmissible loi Sauvadet qui obligent nombre de jeunes chercheurs et ingénieurs à déserter la recherche. Mais le milieu académique s’est toujours caractérisé par sa diversité puisque chacun des chercheurs qui le compose crée sa recherche et sa façon de faire de la recherche ! Et les chercheurs n’ont pas attendu que soit inventé le terme “open-science” pour faire de la science collaborative et citoyenne.
Vous doutez ? Voici, des exemples à foison, français qui plus est, et qui, promis, seront détaillés sur ce site lors de prochains posts.
Parce qu’on peut être chercheur et …
et, quand il reste encore un peu de temps, faire de la recherche.

Voilà de quoi rassurer votre papa !
Etre chercheur, c’est la possibilité d’avoir de multiples casquettes. De jongler avec tout un tas d’activités importantes, et en plus passionnantes. Bref, c’est la classe !
Et c’est le message qui devrait ressortir de sites comme HackYourPhD. Parler des possibilités, oui !, mais aussi des initiatives et d’exemples concrets. Parce que c’est de là que naissent inspirations et les passions.
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Pourquoi je suis favorable à l’enseignement de la programmation à l’école

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C’est un débat qui revient régulièrement, et pour une fois avec une certaine symétrie des deux cotés de l’Atlantique : doit-on enseigner la programmation à l’école ? Les arguments contre, je l’avoue, me convainquent assez peu : la programmation n’est… Read more → Continue reading

Similarités entre la bioinformatique et les humanités digitales (ou numériques)

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La semaine dernière mon campus a hébergé la conférence internationale des humanités digitales (en anglais digital humanities ; en français à Lausanne humanités digitales ; en français en France humanités numériques) (blogs à voison sur hypothese.org). L’occasion de traiter un sujet… Read more → Continue reading

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