On a vu dans les billets précédents que notre cerveau fonctionnerait selon un algorithme bayésien dès qu’il s’agit d’apprendre (une tâche), d’interpréter (un signal sensoriel), de comprendre (un phénomène) etc. Pourquoi la nature a-t-elle choisi ce modèle précis -ou quelque chose s’en approchant- et pas un autre, plus simple? Le calcul bayésien n’est-il pas une construction tout droit sortie de l’esprit humain? J’ai découvert au hasard de mes lectures, que la logique bayésienne n’est pas une logique comme les autres. Ses propriétés assez exceptionnelles ont inspiré en particulier trois chercheurs dans des domaines aussi différents que fascinants: - Edwin Jaynes a montré qu’elle constitue LA logique « naturelle » du vivant, l’équivalent pour l’esprit de la géométrie euclidienne pour les sens, dont découle par exemple le principe du « rasoir d’Ockham »; – Karl Friston y a puisé un principe universel, une sorte de seconde loi thermodynamique du vivant! – Enfin Jurgen Schmidhuber y voit carrément la source de la créativité, de l’art, de l’humour et de la science. Rien que ça! 1) Une théorie naturelle Dans les années 1995, un physicien américain, Edwin Jaynes [1], s’attaqua à cette question de façon originale. Il imagina une machine capable de raisonner par déduction et par [...]
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