Tous les articles scientifiques sur l’impact des #OGM, organisés sur le web

J’ai découvert un nouveau service web, Genera, par le site Biofortified, un groupe plutôt pro-biotechnologie qui combat les méconceptions sur les OGM, et qui passe mon test climat+OGM. Dans mon expérience, ils sont pro-biotechnologie mais communiquent de la science correcte … Continue reading

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La planète des ours, c’est pour bientôt?

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Rien à voir avec les Ewoks ni avec un roman de science-fiction : des scientifiques étudient aujourd’hui l’intelligence des ours, et plus précisément leur capacité à concevoir et utiliser des outils. Il y a deux ans de cela, une étude publiée dans Animal Cognition par un chercheur de l’université de Cumbria (Angleterre), Volker B. Deecker, s’affichait comme “le premier compte-rendu de l’utilisation d’un outil par un ours brun sauvage”. L’utilisation d’outils par des animaux n’est pas si rare que cela. Les primates, sont concernés, bien sûr, mais cela ne nous étonne plus chez nos distants cousins. D’autres espèces se sont illustrées dans ce domaine, comme les corbeaux, qui sont capables non seulement de se servir d’un outil, mais de le concevoir, et vont même jusqu’à résoudre des problèmes nécessitant trois outils différents. Certains poissons, comme les Labres, utilisent des cailloux pour ouvrir les coquillages. Mais chez les mammifères, à part les primates, l’utilisation d’outils serait assez rare : Volker Deecker cite “seulement quatre espèces”. Son étude de l’ours brun montre que, si ceux-ci font leur toilette en se frottant contre les arbres ou les rochers pour soulager l’irritation de leur peau et nettoyer leur fourrure de restes d’aliments, ils peuvent aussi utiliser leur propre version de la pierre ponce. L’étude donne l’exemple d’un jeune ours brun de l’est de l’Alaska qui utilise systématiquement  un morceau de roc incrusté de cirripèdes (sortes de crustacés) afin de se frotter le cou et le museau. Le chercheur explique que l’ours “démontre des capacités motrices considérables en manipulant les cailloux, ce qui montre clairement que ces animaux possèdent les capacités d’apprentissage moteur pour l’utilisation d’outils”. Ce serait aussi une “possible explication de pourquoi parmi tous les carnivores les ours ont les cerveaux les plus larges relativement à leur taille”. Aujourd’hui, c’est à l’université de Washington que des chercheurs s’intéressent aux capacités des ours en matière d’utilisation d’outils. Ils étudient tout particulièrement le cas d’une femelle grizzli (une sous-espèce d’ours brun spécifique à l’Amérique du Nord). Pour mettre en avant les capacités de ces animaux, ils ont soumis huit d’entre eux à un problème épineux : mettre la patte sur un délicieux casse-croûte savamment placé hors de leur portée. Bien entendu, aucun entraînement préalable n’a lieu, les ours n’ont jamais vu de solution au problème, ils doivent faire preuve d’ingéniosité…et d’imagination. Le casse-croûte en question est un donut qui pend au bout d’une ficelle. Une souche d’arbre est tout d’abord placée au-dessous du donut, afin de vérifier si les ours penseront à monter dessus pour accéder à la friandise. Puis, histoire de compliquer la chose, la souche est retournée sur le côté et placée un peu plus loin. Sur les huit grizzlis, testés séparément, une femelle de neuf ans nommée Kio a eu l’idée d’aller récupérer la souche, de la retourner, et de l’utiliser comme un tabouret pour atteindre le donut. L’étude étant toujours en cours, “les autres grizzlis sont en train de réaliser comment parvenir à cet exploit” explique Lynne Nelson, biologiste vétérinaire qui dirige cette étude pour l’université de Washington. “Elle manipule un objet inanimé en plusieurs étapes pour lui permettre d’atteindre un objectif, qui dans ce cas est d’obtenir de la nourriture”, explique Lynne Nelson, “ce qui correspond à la définition de l’utilisation d’un outil”. Les chercheurs espèrent également que cette étude, dont les résultats complets devraient être publiés cet automne, va leur permettre de mieux comprendre la façon dont l’esprit des ours fonctionne, et, peut-être, réduire les situations dangereuses lorsqu’ils sont rencontrés dans la nature. Le grizzli est en effet une espèce qui peut attaquer l’homme. En attendant, tout cela pourrait bien donner des idées à Hollywood. Après tout, ceux qui ont fait Sharknado ou la Planète des Singes pourraient bien s’attaquer à la Planète des Ours…. , Crédit photo : Un grizzly d’Alaska (Shellie via Wikimedia Commons)   Continue reading

Le point commun entre menstruations, tumeur au cerveau, et stéroïdes anabolisants

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Aka comment enrôler des étudiants dans votre cours de biologie comportementale humaine, par Robert Sapolsky. Encore un titre racoleur je vous entends déjà dire, mais c’est une question sérieuse ! Quel est le point commun entre avoir ses règles, avoir une tumeur au cerveau et se doper aux stéroïdes anabolisants ? [Mise en contexte pendant […]
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Biodiversité des poissons coralliens : l’empreinte du passé

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Une étude parue dans le journal Science en mai 2014 dévoile que la distribution actuelle des poissons coralliens serait un reflet de la diversité des coraux au cours du Quaternaire. Véritable paradis pour les amateurs de plongée, le Triangle de corail, dans l’Océan Pacifique, concentre la plus grande biodiversité de …
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Mieux on connait notre génome, moins il a de gènes pour des protéines, et plus il en a d’autres

Nouvelles de l’équipe qui annote les gènes humains : ils ont tout remis à plat, comme il le font périodiquement, à la lumière des nouvelles données et des nouvelles méthodes ; ceci est la 20ème version. On peut noter que … Continue reading

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Parasites : une de leurs techniques diaboliques au service de la médecine

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Pomphorhynchus laevis. Derrière ce nom barbare se cache un être démoniaque aux techniques perfides. Parasite de son état, P. laevis pousse son hôte, petite crevette innocente, à adopter des comportements suicidaires, la menant à se faire dévorer par ses prédateurs. Cette stratégie délicieusement machiavélique est connue sous le nom de manipulation parasitaire, et existe chez de nombreux animaux… humains compris. J’avais détaillé ce monde fantastique des parasites manipulateurs dans un précédent article (voir ici), car non contents d’être passionnants, ces parasites, et notamment précisément l’espèce Pomphorhynchus laevis, constituent le sujet même de ma thèse. Alors quand les chercheurs s’inspirent d’une autre de leurs particularités au service des hommes, je me devais de vous en parler.
Comment diantre un parasite manipulateur peut-il inspirer les médecins ? Que je vous rassure, il ne s’agit pas de mettre au point une pilule permettant de prendre le contrôle de l’esprit de celui qui l’ingère. En fait, c’est sous une autre forme que le parasite joue son rôle de Muse. Car P. laevis n’est pas seulement parasite des petits crustacés, on le retrouve également dans l’intestin du prédateur de ces derniers. C’est d’ailleurs pour s’y insinuer qu’ils induisent le comportement suicidaire des crevettes. Les prédateurs en question ? Ce que l’on appellerait vulgairement des poissons, plusieurs espèces pouvant faire l’affaire, le chevesne et le barbeau étant ses favoris. C’est dans l’intimité douillette de leur cavité intestinale que les parasites se courtisent, trouvent l’âme sœur, engendrent multitude de rejetons… Mais avant ça, un défi les attend : s’installer dans l’intestin, s’implanter dans cette paroi lisse et humide avec suffisamment d’adhérence pour résister au passage constant de la pitance de l’animal. Et c’est leur stratégie qui a inspiré les chercheurs.
Forme adulte du parasite Pomphorhynchus laevis (Source)
Le défi auquel font face les parasites peut en effet s’apparenter à une problématique récurrente en médecine : mettre au point un dispositif pouvant adhérer aux tissus même mous, facilement et fortement, tout en limitant les risques de lésions et d’infections bactériennes (notre parasite a en effet intérêt à ce que son hôte se porte bien pour qu’il puisse lui-même vivre sa vie tranquillement…). Dispositif notamment utile pour joindre des tissus, en somme des pansements. Si nos parasites parviennent à réaliser ce défi, il suffit de les copier… Pomphorhynchus laevis utilise une sorte de trompe parsemée de petites épines, le proboscis, en la gonflant dans la paroi intestinale pour assurer son maintien. De cette observation, l’équipe de Yang (2013) a mis au point un dispositif parsemé de pointes de quelques centaines de micromètres. Très fines, les pointes pénètrent sans la moindre douleur dans l’épiderme, et ont la capacité de se dilater au contact de celui-ci. Cette capacité aboutit à une force de fixation augmentée de trois fois et demi comparée aux agrafes utilisées en médecine. De plus, alors que les agrafes favorisent les infections bactériennes (les bactéries s’infiltrant dans les trous créés par celles-ci), le nouveau dispositif, comblant les trous, joue un rôle de barrière biologique en prévenant les risques d’infection.  Dernier avantage et pas des moindres : le retrait se fait aussi sans douleur.
Schéma de l’insertion d’une des micro-pointes du dispositif, qui se gonfle à son entrée dans l’épiderme. Image issue de Yang et al. 2013
A gauche, les agrafes classiquement utilisées en médecine permettent une infiltration des bactéries dans l’épiderme, le long les trous. A droite, le nouveau dispositif comble les trous et joue le rôle de barrière biologique, prévenant toute infection bactérienne. Image issue de Yang et al. 2013
Une avancée notable en médecine grâce à une bestiole qui a une mauvaise réputation, ce n’est pas une première. A l’instar de l’araignée Tegenaria agrestis dont une des neurotoxines de son venin pourrait traiter des douleurs chroniques. Ou encore sa cousine Phoneutria nigriventer qui pourrait fournir un traitement contre les troubles de l’érection… Un argument de poids pour les nombreuses personnes qui me demandent « mais à quoi ça sert d’étudier ce parasite ? ».
Prototype d’un dispositif qui pourrait prochainement investir les hôpitaux (Source)

Bibliographie :

 

Yang, S.Y., O’Cearbhaill, E.D., Sisk, G.C., Park, K.M., Cho, W.K., Villiger, M., Bouma, B.E., Pomahac, B. & Karp, J.M. 2013. A bio-inspired swellable microneedle adhesive for mechanical interlocking with tissue. Nature Communications, 4, 1702.
Sophie Labaude
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