Le stress, nouvelle maladie sexuellement transmissible !

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Le célébrissime journal scientifique Nature Neuroscience a publié en 2014 une étude de l’équipe d’Isabelle Mansuy de l’Université de Zurich montrant que l’ARN non-codant contenu dans le sperme peut impacter le comportement de la descendance ! Plus le papa est stressé, plus les enfants auront un comportement ingérable et des constantes physiologiques altérées. Le burn-out […]

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Les fossiles ne servent à rien !

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Dans la série « je déconstruis la paléontologie » (ou « je scie la branche sur laquelle je suis assis »), après « les dinosaures n’existent pas ! » voici donc « les fossiles ne servent à rien ! ». Le but n’est pas de traiter du rôle éventuel des fossiles dans la bonne marche du monde car on sait bien que, mis à part [...]
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Morphogenèse

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Mathieu Coquerelle, Rêves d’Urbanisme #1 Proportion, ordre et symétrie sont les trois règles de base de l’architecture. Rien d’étonnant, alors, à ce qu’un mathématicien-photographe, tel que Mathieu Coquerelle, se passionne pour les formes urbaines. Mais il est une autre vision de l’architecture. Une vision moderne entremêlée de […]

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Ebola et le «Big Data» pas si efficace

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Le Big Data est passé à côté de l’épidémie Ebola et ne se révèle pas encore plus performant que les médias traditionnels. Imaginons le scénario suivant. D’un côté de l’écran, un médecin urgentiste relate sur son blog sa journée : un de ses patients et deux membres de sa famille sont victimes d’une fièvre subite. Cet article Ebola et le «Big Data» pas si efficace est apparu en premier sur De la science sauvage pour des cerveaux en ébullition. Continue reading

Des femelles crabes sous le charme de robots danseurs

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Hésitation. Autour d’elle, quatre grosses pinces s’agitent dans un ballet sensuel, démonstration des attributs de chacun. De la drague pure à laquelle elle ne saurait résister. Lequel de ses prétendants choisir ?
Nous sommes sur une plage, au nord de l’Australie. La danse des crabes a débutée, un florilège de mouvements de pinces synchronisés pour s’attirer les faveurs des dames. Mais notre femelle ne fait pas dans le banal. Les pinces qui s’agitent devant elle sont en plâtre, articulées par des robots qui se font passer pour des mâles. Et elle n’y voit que du feu…

L’intrigante danse des robots

Nous ne sommes pas sur le tournage du dernier Spielberg « Les pinces de la mer », ni plus que nous assistons à la dérive sexuelle de robots ayant pris leur indépendance. Nous sommes en réalité sur le terrain de jeu de scientifiques. L’équipe est spécialisée dans l’étude des crabes violonistes. Chez ces espèces, le mâle présente une particularité étonnante : il a une pince sur-développée. Mais pas dans le genre du tennisman qui utilise plus un bras que l’autre. Non, plutôt dans le genre méchamment-super-sur-développé. A côté, l’autre pince passe pour un membre complètement atrophié et ridicule. Le rôle de cette pince énorme ? Attirer les femelles bien sûr. Et puis parfois se battre un petit peu, boys will be boys… Ces messieurs, quand vient l’heure de se trouver une chérie, fond des appels de pinces. Les femelles, face à cette armada de jolis minois qui s’agitent en rythme, peuvent alors tranquillement choisir leur prétendant.
Quelques spécimens parmi les crabes violonistes (photos prises ici et )
Évidemment, une parade aussi intrigante attire forcément les scientifiques, avec leurs questions par milliers. On se met à la place de la femelle : qu’est-ce qui peut bien l’attirer chez ces artistes en herbes qui se trémoussent en rythme ? 
Puisque les études ne datent pas d’hier, les chercheurs ont déjà mis en évidence que ces dames préfèrent les messieurs qui arborent les plus grosses pinces, et qui font les appels les plus rapides. Mais est-ce que ce sont les seuls critères ? Certes, les mâles agitent leurs pinces plus ou moins grosses de manière plus ou moins rapide. Mais il y a maintes façon de le faire, notamment en termes de synchronisation avec les autres prétendants. Chez la petite espèce du doux nom d’Uca mjoebergi, la danse est particulièrement synchrone, alors on se dit quand même que ce n’est pas par hasard. Comment en avoir le cœur net ? Il faudrait étudier la réaction des femelles face à des mâles qui se dandinent de manière plus ou moins synchrone. Difficile, quand tous les mâles s’y mettent à cœur joie pour ne présenter aucune variabilité de ce côté-là. Qu’à cela ne tienne, faute de mâles coopératifs, les chercheurs en fabriqueront eux-mêmes !
Notre protagoniste, le crabe Uca mjoebergi, en pleine danse de la joie (Source)

Des robots complices des scientifiques

C’est ainsi qu’on se retrouve avec des robots qui dansent sur les plages… L’équipe s’amuse ainsi à montrer aux femelles crabes des pinces en plâtre qui s’agitent, répliques parfaites de vraies pinces. Après tout, c’est tout ce qui intéresse les femelles…  
Dans une étude qui date de quelques années (Reaney et al. 2008), les chercheurs commencent tout d’abord à opposer les mâles par paires. D’un côté, une paire de mâles qui dansent simultanément. De l’autre, à 40 cm de là, deux mâles dont un agite sa pince avant l’autre. La femelle est placée à égale distance des quatre prétendants. Une fois libre de ses mouvements, elle va alors choisir un mâle, usant de comportements typiques, mouvements saccadés avec une approche vers l’individu qui l’intéresse, ce qui est tout de même un signe rassurant que l’illusion fonctionne. Contre toute attente, les mâles sur qui les dames jettent leur dévolu sont rarement ceux qui font leur performance en synchronisation : les femelles ont une préférence très nette pour le « leader » comme l’appellent les chercheurs, ce bras articulé qui démarre le mouvement avant son compère.
Vidéo de l’expérience. La femelle est placée au milieu, immobilisée un temps histoire qu’elle se remette de ses émotions (la capture, tout ça). Puis les chercheurs la laissent libre de ses mouvements, lui permettant alors de jeter son dévolu vers sa pince en plâtre préférée.
Cette année, les chercheurs nous servent leur nouvelle tournée de drague robotisée (Kahn et al. 2014). Cette fois, ils veulent préciser à quel point les femelles affectionnent les mâles asynchrones. Ils font alors danser trois de leurs protagonistes en rythme, agitant la pince précisément 6,7 fois par minute. La quatrième pince articulée est alors réglée pour s’agiter autant de fois que les autres, mais de manière décalée, avec différents degrés de décalage : soit elle précède les autres (en finissant son mouvement ou non avant que les autres ne démarrent), soit elle les suit (encore une fois avec ou sans recouvrement), soit elle bouge précisément entre deux mouvements de ses compères. Résultat ? Si les femelles préfèrent ceux qui ne font pas comme les autres, encore une fois, l’ordre de mouvement a un rôle. Les femelles ne montrent ainsi aucune préférence particulière pour ceux qui s’agitent en retard. Au contraire, elles montrent un fort intérêt pour les mâles qui s’agitent avant les autres, les fameux « leaders ».
Ce qui est paradoxal, c’est que le fait que les femelles préfèrent les mâles asynchrones, plus précisément les leaders, permet de donner une explication quant à la parfaite synchronie observée ! En effet, cette synchronie pourrait d’une part s’expliquer par une coopération des mâles, dans le cas où les femelles préfèrent les groupes synchrones. Tous les participants bénéficieraient alors à danser en même temps. En parallèle, une synchronie pourrait se mettre en place qui résulterait de la préférence des femelles pour les leaders. Il s’agirait alors d’un phénomène explicable par la théorie des jeux. Dans son explication la plus simple, si un mâle essaie de danser le premier, il s’attirerait donc à lui seul les faveurs des femelles. Les autres prétendants ont donc intérêt à bouger dès qu’ils détectent un fifrelin de mouvement chez leurs opposants… De fil en aiguille, chacun essayant d’être le premier, l’ensemble finit dans un beau ballet synchronisé.
Construire des robots pour duper les animaux, les scientifiques n’en sont plus à leur coup d’essai. Un écureuil qui parle et qui bouge (Source), une maman poule bionique (Source), ou des bestioles télécommandées (Source), les subterfuges font foison, et ça fonctionne !
C’est ainsi que les scientifiques font des découvertes : ils construisent des robots et les font participer à des parades sexuelles ! Qui a dit que le métier était ennuyeux ?

Bibliographie :

  • Kahn, A.T., Holman, L. & Backwell, P.R.Y. 2014. Female preferences for timing in a fiddler crab with synchronous courtship waving displays. Animal Behaviour, 98, 35-39.
  • Reaney, L.T., Sims, R.A., Sims, S.W.M., Jennions, M.D. & Backwell, P.R.Y. 2008. Experiments with robots explain synchronized courtship in fiddler crabs. Current Biology, 18, R62-R63.
  • Le site web de l’équipe, plein d’infos sympas avec des jolies images et des vidéos
  • Article sur l’utilisation des robots dans l’étude des animaux
Sophie Labaude
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Bonne thèse bien sûr : une épopée technologique

Les gens me demandent souvent l’intitulé de mon sujet de thèse. Poli, je leur réponds… Un gros blanc s’en suit généralement. Parfois tout de même survient une réaction improvisée déstabilisée et déstabilisante : « Ah bon, ça doit être intéressant… » Certes, je vous le confirme, ça l’est. Du moins de mon point de vue. Lisez également […]

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Evolution et chimères, interview du Professeur Selosse pour Podcast Science

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Et voilà, l’émission annoncée la semaine dernière, l’interview du Pr. Selosse sur les chimères, est en ligne sur Podcast Science: Pour vous aider à suivre, voici tout d’abord les questions que j’avais préparées en amont de l’interview: Paradoxalement, la notion d’espèce semble très intuitive (Les chats donnent des chats,… Lire Evolution et chimères, interview du Professeur Selosse pour Podcast Science Continue reading

Comment se forment les empreintes digitales et pourquoi ?

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Depuis l’essor de la police scientifique, les empreintes digitales sont bien connues du grand public comme méthode d’identification des individus. N’importe qui sait qu’il faut mettre des gants pour tout délit à commettre, sous peine de se faire choper très rapidement (et encore, je ne parle pas de l’ADN mais …
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