Extinction du domaine de la crotte

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crottes 1
Un peu de coprologie, ça faisait longtemps ! Merci à Lionel Cavin d’avoir réactivé mes penchants les plus scatologiques en me signalant le passionnant article dont il sera question aujourd’hui et dont le premier auteur est le chercheur polonais Grzegorz Niedźwiedzki. Grzegorz et ses collègues se sont intéressés à la répartition temporelle des abondantes crottes fossilisées […]
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La sélection cérébrale de la semaine (numéro 91)

Voici ma sélection des articles publiés la semaine du 18 au 25 avril 2016 dans le domaine des neurosciences. Si l’on défini la conscience comme la capacité à se positionner dans l’espace par rapport à son environnement, alors les insectes peuvent être considérés comme conscient de leur existence selon certains travaux de recherche. Pour beaucoup, les réseaux sociaux occupent une place importante au quotidien. Voici un article qui essaie de savoir si les réseaux sociaux peuvent être aussi addictif que ce que peut l’être une … Continuer la lecture de La sélection cérébrale de la semaine (numéro 91)
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La dune finalement découverte

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dune
Si vous êtes déjà allé à la plage, il y a fort à parier que pour accéder à la mer, vous ayez d’abord longé des petites palissades en bois, souvent assorties d’un panneau vous demandant de respecter le milieu fragile qu’est la dune. Ces protections m’ont marqué étant enfant : ma curiosité naturaliste me suppliait d’aller […]
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Stockholm inversé : quand des parasites protègent leurs victimes

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Good guy parasite
Logé bien confortablement dans le corps de sa victime, le parasite patiente. Lentement, il grandit, prend des forces pour le grand saut. Un jour, il tuera son hôte. Mais pas maintenant… 
Les parasites, ces êtres vivants qui se développent aux dépens d’autres, infligent souvent à leurs hôtes des dommages qui peuvent leur être fatals. Certains parasites vont même encore plus loin : ils ont besoin que leur hôte finisse par mourir pour pouvoir eux-mêmes continuer à vivre… Un parasite qui se contente de voler les ressources de son hôte a un clair intérêt à ce que celui-ci reste vivant. Pourtant, c’est du côté des parasites les plus mortels, ceux qui tuent, qu’on observe un étrange phénomène : avant de tourner meurtrier, certains parasites se démènent pour garder leur hôte à l’écart des dangers…

Protection contre les prédateurs

Des parasites qui tournent leurs hôtes en zombie et qui les poussent au suicide, ça vous rappelle quelque chose ? Les parasites manipulateurs (voir mon article détaillé pour faire leur connaissance), quand ils ont fini leur croissance dans leur hôte, poussent celui-ci à prendre des risques inconsidérés : se balader bien en vue des prédateurs, gigoter dans tous les sens pour attirer leur attention, escalader les brins d’herbes pour aller à leur rencontre, et même se diriger irrémédiablement vers l’odeur de carnivores affamés… L’intérêt : quand le pauvre hôte zombifié se sera fait croquer, le parasite élira domicile dans le prédateur, où il pourra fonder sa petite famille.
Avant de « prendre le contrôle » de sa pauvre petite victime, le parasite qui se développe tranquillement est face à une difficulté, et pas des moindres : si son hôte se fait grignoter avant qu’il ait atteint le stade transmissible – ce qui est loin d’être improbable – le parasite ne sera pas capable de s’installer dans le prédateur, et mourra.
Certains de ces parasites manipulateurs ont trouvé la parade : tant qu’ils ne sont pas prêts, ils dictent à leur hôte de rester caché ! C’est le cas de certains acanthocéphales, un groupe de parasites particulièrement enclins à manipuler, qui poussent leurs hôtes (des petites crevettes de rivières qu’on appelle gammares) à fréquenter des endroits exposés aux prédateurs. Lorsque le parasite est encore en développement, le gammare adopte le comportement inverse : il passe beaucoup plus de temps à couvert que ses confrères qui ne sont pas parasités. Un bon moyen de ne pas se faire croquer, quitte à affamer le pauvre gammare.
A gauche, un gammare parasité par des acanthocéphales (Crédits : Sophie Labaude). A droite, un copépode (Crédits : Uwe Kils)
Un autre exemple se situe du côté d’un drôle de petit crustacé, le copépode, qui, infecté par un parasite nématode, devient très actif au point qu’il se fait rapidement repérer des prédateurs. Encore une fois, quand le parasite est en développement, c’est l’inverse qui se produit et l’animal est beaucoup plus calme, plus encore que ses compères qui ne sont pas parasités. Pas de compassion donc, les parasites ne protègent leurs hôtes que pour leur propre intérêt…
Le comportement anti-prédateur des gammares (se cacher sous un refuge…) est plus fort pour ceux qui sont parasités, lorsque le parasite n’a pas fini de se développer. D’après Dianne et al. 2011.

Protection contre d’autres parasites

Plongeons nous à présent dans les entrailles d’un petit rongeur sauvage. On se rendra vite compte que l’animal – tout comme nous d’ailleurs – est loin d’être tout seul dans son corps. Des myriades d’autres organismes pullulent, entre bactéries, virus, protistes, et petits parasites en tous genres. Pourtant, en s’y penchant un peu (voir en laissant des chercheurs expérimentés le faire), on se rend compte d’un étrange pattern : certaines espèces de parasites se retrouvent très rarement simultanément dans le même animal. Bien plus rarement que le voudrait le hasard, considérant la quantité de parasites qui entourent nos rongeurs.
Malgré leur mauvaise réputation, les parasites (même quand ils infectent des campagnols aussi mignons…), omniprésents, sont en fait très importants dans les écosystèmes (Crédits : Dûrzan Cîrano)
Cette exclusion entre parasites peut avoir plusieurs explications. La première, la plus simple, c’est que l’animal ne dispose pas des ressources nécessaires pour abriter simultanément plusieurs de ces parasites : la compétition (pour les nutriments ou la place disponible par exemple) fait alors un gagnant et des perdants, qui ne peuvent se développer.
Autre explication : il pourrait y avoir un phénomène d’immunité croisée. Autrement dit, l’infection par un parasite provoque une réaction immunitaire ciblée, notamment la production de cellules spécifiques, qui pourraient réagir également avec d’autres parasites. A la manière d’un vaccin, l’hôte qui aurait déjà rencontré un parasite serait alors beaucoup plus apte à lutter contre d’autres espèces. Ce phénomène est d’autant plus intéressant qu’il a des conséquences médicales et vétérinaires directes : le traitement (d’humains ou de populations animales) contre un parasite pourrait ainsi provoquer une augmentation d’autres maladies…

Protection… contre les charognards

Présentons un dernier parasite qui prend soin de son hôte… ou du moins de son cadavre. Vous connaissez peut-être le nématode Phasmarhabditis hermaphrodita, un ami des jardiniers puisqu’il est vendu comme traitement anti-limaces. Ces dernières constituent en effet leurs hôtes, et les nématodes se délectent de leurs cadavres, après les avoir achevés par une septicémie critique, autrement dit par une infection de bactéries dans tout leur corps.
Le nématode relâche des bactéries dans le corps de son hôte, et provoque une septicémie mortelle (Source de l’image)
Cependant, le nématode a besoin de temps pour se développer dans le macchabée gluant. Et une limace morte à l’air libre, c’est potentiellement appétissant (si, si…) pour d’autres charognards, et le risque de dessiccation est élevé. Il semble donc que le nématode, avant que la limace ne passe de vie à trépas, lui dicte de s’enterrer dans le sol (au plus grand plaisir des jardiniers d’ailleurs, ça fait moins fouillis), où le parasite aura tout le temps de déguster les cadavres des pauvres mollusques. Leur faire creuser leur propre tombe, fallait y penser !

Références

Dianne, L., Perrot-Minnot, M.-J., Bauer, A., Gaillard, M., Léger, E., Rigaud, T., & Elsa, L. 2011. Protection first then facilitation: a manipulative parasite modulates the vulnerability to predation of its intermediate host according to its own developmental stage. Evolution, 65, 2692–2698.
Hafer, N. & Milinski, M. 2016. Inter- and intraspecific conflicts between parasites over host manipulation. Proceedings of the Royal Society B, Biological Sciences, 283, 20152870.
Lafferty, K.D. 2010. Interacting parasites. Science, 330, 187–188.
Pechova, H. & Foltan, P. 2008. The parasitic nematode Phasmarhabditis hermaphrodita defends its slug host from being predated or scavenged by manipulating host spatial behaviour. Behavioural processes, 78, 416–420.
Sophie Labaude
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La dentition particulière des éléphants et des mammouths

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Les éléphants ont une sacrée mémoire, ils en imposent par leur stature et ils peuvent même communiquer par des infrasons (lire Un éléphant, ça communique infrasismément). Bref, ils ont de quoi exciter notre imagination et pourtant il est un fait peu connu : leurs dents très particulières ! Avant d’aborder ce sujet ô combien craquant, […]
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Pourquoi conserver les espèces ?

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Pourquoi préserver la biodiversité ?
Pourquoi s’inquiète-t-on de la disparition des espèces ? Est-ce grave ?
Motifs moraux, raisons scientifiques, considérations utilitaires se mêlent depuis longtemps, voire s’opposent. Patrick Blandin, professeur émérite au Muséum National d’Histoire Naturelle répond à quelques questions à notre micro…en attendant la rencontre du 15 mars au Muséum.
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Nos ancêtres étaient-ils plutôt « en marche » ou « nuit debout » ?

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nuit debout
Comment récréer du mouvement dans un espace figé depuis des siècles ? N’en déplaise à l’homme de Cro-Macron, il ne sera pas question de politique dans ce billet, encore moins de l‘âge de Pierre (Gattaz), mais bien de paléontologie. A l’ère du tout numérique, une méthode traditionnelle mais participative a permis de remonter une piste […]
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La sélection cérébrale de la semaine (numéro 90)

Voici ma sélection des articles publiés la semaine du 11 au 18 avril 2016 dans le domaine des neurosciences. Du point de vue physique, la nuit, le ciel est noir. Pourtant, le cerveau perçoit un ciel bleu foncé. Selon une découverte récente, cela serait dû à l’activité de certaines cellules cérébrales qui ne laisseraient passer que l’information codant la couleur bleue en bloquant les autres couleurs que sont le vert et le rouge. Pour la première fois, des scientifiques ont observés les effets que produisait … Continuer la lecture de La sélection cérébrale de la semaine (numéro 90)
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La sélection cérébrale de la semaine (numéro 89)

Voici ma sélection des articles publiés la semaine du 4 au 11 avril 2016 dans le domaine des neurosciences. En moyenne, le cerveau ne représente que 5% de la masse corporelle, mais consomme à lui seul près de 20% de l’énergie de l’organisme. Voici un article intéressant qui essaie de comprendre comment un si petit organe peut consommer autant d’énergie. Voici l’histoire fascinante de cette petite fille qui souffrait du syndrome d’Alice au pays des merveilles, ce trouble rare qui se caractérise notamment par une altération de la … Continuer la lecture de La sélection cérébrale de la semaine (numéro 89)
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Fleurs de sous-bois.

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sous-bois
Il y a deux moments de l’année pendant lesquels j’aime tout particulièrement me promener en forêt : à l’automne quand les arbres se parent de magnifiques couleurs (voir l’article « Couleurs d’automne ») et au début du printemps quand subitement de véritables tapis de fleurs recouvrent le sous-bois. Pendant quelques semaines seulement, entre Mars et Avril, […]
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