La “cinquième saveur” serait également bonne pour la santé

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Chicken_Noodle_Soup_(8521842725).jpgLorsqu’on pense aux saveurs, on en compte généralement quatre : le sucré, le salé, l’acide et l’amer. Il en existe cependant une cinquième, beaucoup moins connue : l’umami. Sa découverte est récente, et a fait l’objet de nombreuses discussions, mais l’on sait aujourd’hui qu’il s’agit bien d’un goût au même titre que les quatre autres. Les saveurs se distinguent en effet par le fait qu’elles sont captées des récepteurs différents (principalement sur la langue et le palais). Il ne s’agit donc pas seulement d’une question de perception subjective, mais bien d’une réalité biologique. L’umami, ou “savoureux”, correspond au goût des glutamates, additifs alimentaires souvent utilisé dans des plats préparés pour en rehausser le goût. Car l’umami permet de mettre en relief certaines saveurs, même s’il a ses caractéristiques propres. On trouve le goût umami, entre autres, dans certains bouillons, dans les fromages, la sauce soja… L’étude que vient de publier la revue spécialisée Flavour ne s’est cependant pas intéressée à la nature du goût umami, mais sur ses bénéfices sur la santé. Il y aurait en effet “une relation étroite entre la perception par une personne du goût umami et la condition physique de cet individu”, assurent les chercheurs japonais de l’université de Tohoku. Des tests effectués sur des patients âgés auraient en effet révélé une perte de la sensation d’umami sans que les autres quatre saveurs soient affectées. Ces mêmes patients auraient manifesté une baisse d’appétit et de poids, résultant d’une mauvaise santé générale. Les maux dont ils souffraient ainsi que les médicaments qu’ils absorbaient auraient eu comme effet secondaire des troubles du goût et une diminution de la salivation. Grâce à un thé à base d’algues (kobucha), les chercheurs ont pu stimuler le goût umami chez leurs patients, ce qui a augmenté la production de salive, qui à son tour a amélioré leur sens du goût, leur appétit, leur poids… et leur état de santé général. “L’entretien du goût umami contribue non seulement à la préservation de la bonne santé buccale, mais aussi à l’état de santé général chez les personnes âgées”, affirme l’étude. La “cinquième saveur” mérite donc d’être appréciée, même lorsqu’on prend de l’âge…   Crédit photo : Les bouillons contiennent généralement la saveur umami (Cajsa Lilliehook via Wikimedia Commons)

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Modéliser une épidémie pour guider les interventions de santé publique (Ebola, Afrique de l’Ouest)

À la mi-décembre 2014, environ 18 000 personnes avaient déjà été infectées par le virus Ebola sévissant actuellement en Afrique de l’Ouest. Au 12 janvier 2015, le dernier bilan de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) faisait état de plus … Lire la suite

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Question d’obésité : MacDonald est-il cancérigène ?

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C’est un pavé dans les marre pour les amateurs de la chaîne fast-food la plus célèbre au monde !Quand on se dit que les médecins préconisaient à leurs patients, au début des années 1900 de conserver un léger surpoids d’une quinzaine de kilos et que cent ans plus tard, la mode vestimentaire vous oblige à […]

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Les maladies mentales, par Clara Moreau

  Dossier publié au cours de l’épisode 202, le 13/01/14  « Les fous ouvrent des voies qu’empruntent les sages » Carlo Dossi   Ce dossier vise donc à faire un point détaillé sur ce que l’on nomme communément maladies mentales (mot fourre-tout bien souvent utilisé à mauvais-escient). On va essayer d’éclaircir comment un individu  en vient à avoir […]
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Le noirs n’ont pas de cors aux pieds parce qu’ils marchent pieds nus

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Diable vert
Les laboratoires COLIN S.A. véhiculent un stéréotype raciste dans la notice de leur Diable vert. Un matin de la semaine passée en arrivant à l’école, Pierrot m’interpelle « hé ! Lis ça, tu vas me dire si tu ne remarques pas quelque chose ! ». Je me mets à lire le paragraphe  conservation du mode d’emploi du coricide […] Cet article Le noirs n’ont pas de cors aux pieds parce qu’ils marchent pieds nus est apparu en premier sur De la science sauvage pour des cerveaux en ébullition. Continue reading

Quand la science résout l’énigme de la mort d’un seigneur de Vérone

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800px-Tomba_Cangrande_VR.jpgL’investigation scientifique a parfois tous les ingrédients d’un bon polar. Elle permet aussi dans certaines circonstances d’élucider les circonstances de la mort de personnages disparus depuis des siècles. Ce fut le cas récemment pour Richard III d’Angleterre, dont on connaît même le régime alimentaire, ou encore, du moins sous forme d’hypothèse, pour Toutankhamon. Aujourd’hui, c’est un dirigeant de la cité-état de Vérone, en Italie, qui est sous les feux de l’actualité. Cangrande della Scala, capitaine de guerre de Vérone à la Renaissance, membre d’une dynastie qui dirigea la ville pendant plus d’un siècle, serait mort des suites d’une fièvre en juillet 1329, juste après avoir conquis la ville de Trévise. C’était en tout cas la version officielle, jusqu’à ces derniers jours. Une équipe de chercheurs dirigés par Gino Fornaciari, du département de paléopathologie de l’université de Pise (Italie) a en effet exhumé le corps de Cangrande,”toujours vêtu de ses habits précieux, et dans un bon état de conservation”,  afin de le soumettre à divers examens, dans une enquête qui a mêlé l’archéologie, la paléopathologie (étude des maladies du passé), la palynologie (étude des spores et grains de pollen), la toxicologie et, bien sûr, l’histoire. Les résultats de cette étude viennent d’être publiés dans le Journal of Archaeological Science. Selon les récits de l’époque, la mort de Cangrande, le 22 juillet 1329, a été précédée de vomissements, de diarrhée et d’une fièvre qu’il aurait contractée quelques jours plus tôt en buvant à une fontaine polluée. Une version officielle cependant teintées de quelques rumeurs d’empoisonnement, que les scientifiques ont tenté de vérifier. Lors des différents tests et de l’autopsie effectuée sur la momie, les chercheurs ont eu quelques éléments intéressants sur son état de santé. Ses poumons, par exemple, montrent qu’il aurait souffert de tuberculose, ainsi que d’anthracose, une maladie provoquée par l’inhalation de particules de charbon (facile à expliquer par les cheminées ouvertes dans les édifices médiévaux mal ventilés). Son foie pourrait présenter des traces de cirrhose, mais aussi de toxines liées à la digitale, une plante très toxique. On a également retrouvé des grains de pollen de camomille, de mûrier et… encore de digitale dans les excréments encore présents dans le corps. Les symptômes décrits par les textes prennent alors une autre signification. Ils sont en effet “compatibles avec la première phase d’une intoxication à la digitale”. Un empoisonnement confirmé par les analyses, donc. “L’hypothèse la plus probable des causes de la mort est l’administration délibérée d’une dose mortelle de digitale”, affirme l’étude. Le fait que l’on ait retrouvé des traces de camomille, une plante médicinale encore utilisée aujourd’hui, ou de mûrier, connu pour ses propriétés astringentes, peut laisser penser que le poison a pu être administré dans une tisane sous prétexte de soigner un autre problème de santé… Selon les auteurs de l’étude, ”même si plusieurs cas d’empoisonnement par l’utilisation de substances organiques sont connues par des sources historiques, il n’y a pas d’autres preuves directes documentées dans la littérature paléopathologique”. Ce serait donc la première fois qu’on peut prouver un empoisonnement dans le passé. Sherlock Holmes et H.G.Wells n’auraient pas fait mieux… Crédit photo : la tombe de Cangrande à Vérone (Lo Scaligero via Wikimedia Commons) Continue reading

En chassant les baleines, les humains détruisent-ils la clé de leur propre longévité ?

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800px-Grönlandwal_3-1999.jpgStar Trek IV, sous-titré “Retour sur Terre” fait partie des films “classiques” de la série légendaire. Son scénario, un peu étonnant à l’époque, tournait autour de l’arrivée d’une sonde extraterrestre en orbite de notre planète, et qui menaçait de détruire toute vie… parce qu’elle tentait de contacter des baleines à bosse, disparues dans ce futur hypothétique. Le salut de l’humanité dépendait donc d’une espèce que l’Homme avait exterminée, une sorte de retour des choses ironique. L’étude qui vient d’être réalisée par une équipe internationale et publiée dans la revue Cell Reports, ne s’est pas préoccupée des baleines à bosse, mais des baleines boréales, des animaux connus pour leur longévité (elles pourraient vivre 200 ans, à condition de ne pas rencontrer de bateaux de pêche…). Le séquençage du génome de ces cétacés, comparé avec celui d’autres mammifères, a permis aux chercheurs de découvrir “des différences génétiques uniques à la baleine boréale, le plus gros animal à avoir fait l’objet d’un tel séquençage”, selon l’université de Liverpool. Qu’ont-ils trouvé d’intéressant ?
  • Des risques moindres d’avoir un cancer, indice de l’existence de mécanismes naturels performants. “Les baleines boréales pèsent entre 50 et 100 tonnes à l’âge adulte et ont probablement mille fois plus de cellules que les humains, mais elles ont apparemment une réponse anti-tumeur au niveau cellulaire qui est beaucoup plus efficace que celle que l’on trouve chez les humains”, explique le biologiste Mads Peter Heide-Jørgensen, de l’université de Copenhague, l’un des co-auteurs de l’étude, cité par Scientific American.
  • Un coup d’oeil sur les gènes d’une espèce d’une grande longévité, qui pourrait nous fournir des éléments importants sur la nôtre. “Notre compréhension de la différence de longévité entre les espèces est très pauvre”, explique João Pedro de Magalhães, de l’insitut de biologie intégrative de l’université de Liverpool, également signataire de l’article de Cell Reports, “aussi nos découvertes nous apportent de nouveaux gènes candidats à de prochaines études. Nous pensons que différentes espèces ont élaboré différents “trucs” pour avoir une longue espérance de vie, et en découvrant ceux utilisés par la baleine boréale nous pourrions appliquer ces trouvailles aux humains pour combattre les maladies liées à l’âge”.
Les chercheurs ont mis à disposition l’ensemble de leurs données et de leurs résultats sur un site dédié, qui pourra servir à toute la communauté scientifique. On le voit bien ici, les espèces animales peuvent nous amener de nombreux remèdes, ou moyens d’améliorer notre existence. Combien d’animaux qui se sont éteints à cause de l’Homme avaient-ils en eux des secrets qui auraient pu traiter telle ou telle maladie ? On ne le saura jamais. Mais l’exemple de la baleine boréale montre bien que pousser une espèce à l’extinction peut avoir des conséquences importantes sur notre bien-être futur. Rappelons que la chasse à la baleine est toujours pratiquée, notamment par la Norvège et le Japon…   Crédit photo : Une baleine boréale (Ansgar Valk via Wikimedia Commons) Continue reading

En chassant les baleines, les humains détruisent-ils la clé de leur propre longévité ?

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800px-Grönlandwal_3-1999.jpgStar Trek IV, sous-titré “Retour sur Terre” fait partie des films “classiques” de la série légendaire. Son scénario, un peu étonnant à l’époque, tournait autour de l’arrivée d’une sonde extraterrestre en orbite de notre planète, et qui menaçait de détruire toute vie… parce qu’elle tentait de contacter des baleines à bosse, disparues dans ce futur hypothétique. Le salut de l’humanité dépendait donc d’une espèce que l’Homme avait exterminée, une sorte de retour des choses ironique. L’étude qui vient d’être réalisée par une équipe internationale et publiée dans la revue Cell Reports, ne s’est pas préoccupée des baleines à bosse, mais des baleines boréales, des animaux connus pour leur longévité (elles pourraient vivre 200 ans, à condition de ne pas rencontrer de bateaux de pêche…). Le séquençage du génome de ces cétacés, comparé avec celui d’autres mammifères, a permis aux chercheurs de découvrir “des différences génétiques uniques à la baleine boréale, le plus gros animal à avoir fait l’objet d’un tel séquençage”, selon l’université de Liverpool. Qu’ont-ils trouvé d’intéressant ?
  • Des risques moindres d’avoir un cancer, indice de l’existence de mécanismes naturels performants. “Les baleines boréales pèsent entre 50 et 100 tonnes à l’âge adulte et ont probablement mille fois plus de cellules que les humains, mais elles ont apparemment une réponse anti-tumeur au niveau cellulaire qui est beaucoup plus efficace que celle que l’on trouve chez les humains”, explique le biologiste Mads Peter Heide-Jørgensen, de l’université de Copenhague, l’un des co-auteurs de l’étude, cité par Scientific American.
  • Un coup d’oeil sur les gènes d’une espèce d’une grande longévité, qui pourrait nous fournir des éléments importants sur la nôtre. “Notre compréhension de la différence de longévité entre les espèces est très pauvre”, explique João Pedro de Magalhães, de l’insitut de biologie intégrative de l’université de Liverpool, également signataire de l’article de Cell Reports, “aussi nos découvertes nous apportent de nouveaux gènes candidats à de prochaines études. Nous pensons que différentes espèces ont élaboré différents “trucs” pour avoir une longue espérance de vie, et en découvrant ceux utilisés par la baleine boréale nous pourrions appliquer ces trouvailles aux humains pour combattre les maladies liées à l’âge”.
Les chercheurs ont mis à disposition l’ensemble de leurs données et de leurs résultats sur un site dédié, qui pourra servir à toute la communauté scientifique. On le voit bien ici, les espèces animales peuvent nous amener de nombreux remèdes, ou moyens d’améliorer notre existence. Combien d’animaux qui se sont éteints à cause de l’Homme avaient-ils en eux des secrets qui auraient pu traiter telle ou telle maladie ? On ne le saura jamais. Mais l’exemple de la baleine boréale montre bien que pousser une espèce à l’extinction peut avoir des conséquences importantes sur notre bien-être futur. Rappelons que la chasse à la baleine est toujours pratiquée, notamment par la Norvège et le Japon…   Crédit photo : Une baleine boréale (Ansgar Valk via Wikimedia Commons) Continue reading