Le chocolat, c’est bon (aussi) pour les séniors… et leur mémoire ?

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800px-Where_Chocolate_Comes_From_(Imagicity_218).jpgCeux qui aiment vraiment le chocolat ont rarement besoin d’excuses pour en consommer, mais il est toujours agréable de voir la science confirmer les bienfaits de sa “drogue” favorite. Les sites consacrés à la santé ne s’en privent d’ailleurs pas. La bonne nouvelle du jour nous est apportée par une étude publiée dimanche dans Nature Neuroscience, et dirigée par des scientifiques du centre médical de l’université de Columbia (USA). Les flavanols, composés très présents dans le cacao, pourraient contrecarrer, voire inverser le déclin naturel de la mémoire chez les personnes âgées en bonne santé. “Au fur et à mesure que l’on prend de l’âge, on subit un déclin dans les capacités cognitives, ce qui inclut la capacité d’apprendre et de se souvenir de choses comme les noms des nouvelles connaissances, où l’on a garé sa voiture, ou encore ses clés”, explique le site de l’université de Columbia. “Ce déclin normal de la mémoire lié à l’âge démarre au début de la vie adulte, mais n’a pas d’impact visible sur la qualité de la vie jusqu’à ce que les gens atteignent la cinquantaine ou la soixantaine.” Il ne s’agit donc pas là des ravages de maladies neurologiques frappant les populations âgées, comme Alzheimer, mais bien d’un déclin normal. L’étude de l’université de Columbia s’est intéressée à la partie du cerveau que l’on nomme le gyrus denté, dont des études précédentes avaient montré qu’elle était associée au déclin mémoriel lié à l’âge, sans pour autant qu’il y ait un lien de cause à effet établi : était-ce le déclin mémoriel qui provoquait ces changements ? L’inverse ? Les deux étaient-ils causés par un même phénomène ? Pour mieux cerner le phénomène, les chercheurs ont fait absorber à des volontaires un cocktail de flavanols extraits de fèves de cacao, préparé spécialement par la société Mars (oui, celle des barres chocolatées), qui finançait partiellement l’étude. Pendant trois mois, les sujets du test ont eu droit soit à un régime de 900 milligrammes de flavanols par jour, soit un régime avec seulement 10 milligrammes. Ces sujets ont été soumis à des tests de mémoire et des clichés de leur cerveau ont été pris, avant et après l’expérience. Le résultat ? Au bout de trois mois, l’adulte moyen de la soixantaine soumis au régime avec hautes doses de flavanols se retrouve avec la mémoire d’un adulte de 30 ou 40 ans. Une “cure de jouvence” mémorielle liée au fonctionnement du fameux gyrus denté, dont les imageries cérébrales montrent des améliorations notables. Avant de vous précipiter sur la tablette la plus proche, quelques bémols sur cette étude :
  • L’échantillon de sujets-test était assez réduit de l’avis même de ceux qui ont mené l’étude. Ils prévoient de recommencer à une plus grande échelle
  • Les doses de flavanols administrées correspondraient à de très grosses quantités de chocolat si l’on voulait les égaler. On parle là de 300 grammes de chocolat noir par jour, ou peut-être 100 grammes de poudre de cacao non sucrée…
  • Oubliez les barres chocolatées. Comme l’explique au New-York Times un responsable de la nutrition chez Mars, leur processus de fabrication élimine une grande quantité de flavanols.
  • Attention aux effets secondaires. N’imaginez pas qu’en vous empiffrant de chocolat vous allez resplendir de santé : si vous en consommez beaucoup sans faire de l’exercice, vous allez vous retrouver avec d’autres problèmes de santé, et vous n’aurez pas l’excuse de ne pas vous souvenir de ce que vous aurez mangé…
L’étude a cependant le mérite de faire le lien direct entre les capacités mémorielles des sujets âgés et le fonctionnement du fameux gyrus denté…   Crédit photo : des fèves de cacao (Graham Crumb/Imagicity.com via Wikimedia Commons)

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Les gladiateurs étaient-ils végétariens ?

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800px-Jean-Leon_Gerome_Pollice_Verso.jpg Lorsqu’on pense aux gladiateurs qui combattaient dans les arènes pour distraire les citoyens romains, on pouvait les imaginer festoyer après le combat, et s’empiffrer de steaks bien saignants. Erreur ! Ils étaient quasiment végétariens, si l’on en croit une étude menée par des experts en médecine légale, et publiée cette semaine dans le journal PLOS One. Au premier siècle de notre ère, la ville d’Ephèse, aujourd’hui en Turquie, était l’une des plus grandes métropoles du monde occidental, capitale de la province impériale d’Asie. La ville avait abrité le grand temple d’Artémis, l’une des sept merveilles du monde, dont il ne reste hélas rien, et qui avait d’ailleurs été détruit bien avant la conquête romaine. Quiconque visite les ruines d’Ephèse un jour de pluie sera frappé par le fait que les égoûts romains évacuent toujours l’eau avec une efficacité inégalée, témoin du savoir-faire des ingénieurs impériaux. Ephèse avait bien entendu son cirque et ses jeux, comme toute ville romaine qui se respecte.En 1993, des fouilles archéologiques permettaient même d’y découvrir un cimetière de gladiateurs, daté des deuxième et troisième siècles de notre ère. Diverses inscriptions et objets ont en outre permis de déduire que les gladiateurs étaient enterrés à Ephèse depuis le tout début du premier siècle. Une équipe de médecine légale emmenée par le Dr Fabian Kanz, du département de médecine légale de l’université médicale de Vienne (Autriche), a étudié les os de ces combattants de l’arène, ce qui leur a permis de reconstituer leur régime alimentaire. On savait déjà, grâce à Pline l’Ancien, que les gladiateurs mangeaient des céréales, ce qui leur avait valu le surnom de “hordearii” (mangeurs d’orge). Mais ce que l’on ne savait pas, et que l’étude vient de montrer, c’est l’étendue de leur régime végétarien.

De l’orge et des boissons énergisantes… à base de cendre

En analysant les restes de 53 occupants du cimetière, dont 22 gladiateurs, les médecins ont pu faire “parler” leurs os en utilisant la spectroscopie, les pourcentages d’isotopes de carbone, d’azote et de soufre dans le collagène, ainsi que la proportion de strontium et de calcium dans ces os. Les chercheurs ont ainsi pu déterminer l’alimentation des gladiateurs par rapport au reste de la population. On sait donc désormais que le blé, l’orge et les fèves constituaient la base de leur alimentation, ce qui était aussi le cas pour les habitants “ordinaires” d’Ephèse. Le citoyen moyen devait cependant manger du grain de meilleure qualité que les gladiateurs , et ceux-ci n’avaient donc pas un “régime d’athlètes” particulier. Mais les gladiateurs avaient des besoins différents, du fait de leur activité physique intense. Ils absorbaient donc des “cocktails toniques” composés de cendres , pour se maintenir en forme. “Les cendres de plantes étaient à l’évidence consommées pour fortifier le corps après l’effort physique, et pour permettre aux os de mieux guérir,” explique le Dr Kanz à MedicalDaily. “Cela se passait de manière similaire à ce que nous faisons aujourd’hui : nous prenons du magnésium et du calcium (sous la forme de comprimés effervescents, par exemple) après l’exercice physique.” L’histoire ne dit pas s’ils avaient également des produits dopants…   Crédit image : Pollice Verso, par Jean-Léon Gérôme (1872) via Wikimedia Commons Continue reading

Pourra-t-on bientôt se passer de lunettes ?

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Applying_riboflavin_for_LASIK_Xtra.png Dans les années à venir, même les Google Glass pourraient être un objet du passé. Si l’on en croit une communication faite ce week-end lors de la réunion annuelle de la société américaine d’ophtalmologie (AAO) par John Vukich, médecin et professeur adjoint d’ophtalmologie à l’université du Wisconsin, l’avenir résiderait dans les implants oculaires, en tout cas pour les presbytes. Il y avait déjà la chirurgie laser, comme le Lasik qui remodèle la cornée pour corriger certains problèmes visuels, mais ce procédé n’est pas généralisé dans le grand public, et n’est pas non plus (pas encore) à la portée de toutes les bourses. Désormais, il y aura donc ce qui est décrit comme un “remède sans lunette pour la presbytie”. Ceux qui, passé un certain âge, éloignent de plus en plus leurs livres et magazines afin de distinguer les lettres comprendront (à moins qu’ils n’utilisent déjà une tablette, qui permet d’adapter la grosseur des caractères à leur vue). Le remède en question, ce sont des implants incrustés dans la cornée. Trois modèles de ces implants sont actuellement inspectés par la FDA, l’agence américaine qui a seule le pouvoir d’autoriser un médicament ou un accessoire de santé (la technologie serait cependant disponible dans certains pays d’Europe et d’Amérique du Sud) : il s’agit de KAMRA, de Raindrop Near Vision Inlay et de Presbia Flexivue Microlens. De quoi faire (déjà?) jouer la concurrence en la matière. Parmi ces trois modèles, le KAMRA, cité en exemple dans la communication, est un anneau de 3,8mm de diamètre avec un trou de 1,6mm en son centre. Lorsqu’il est déposé dans une petite poche dans la cornée, il agit alors comme l’ouverture d’un appareil photo, ajustant la profondeur de champ afin que la personne puisse voir aussi bien de près que de loin. Plus besoin de s’adapter à des verres progressifs, donc, ni de chercher ses lunettes chaque fois qu’on veut déchiffrer une étiquette dans un supermarché. Lorsqu’on parle d’implants, il y a de quoi frissonner. Pourtant, le KAMRA ne prendrait que 10 minutes à installer sous anesthésie locale de surface. L’expérience serait probablement moins pénible que de se faire poser un inlay core chez le dentiste… Et elle pourrait aussi se cumuler avec un Lasik, pour acquérir une vision parfaite. L’efficacité clinique du dispositif a été testée pendant trois ans sur 507 patients presbytes non atteints de myopie, aux USA, en Europe et en Asie. 83% des sujets ont pu regagner une vision de 20/40, ce qui est le standard pour lire un journal ou conduire un véhicule sans verres correctifs. Ces résultats demeurent stables après trois ans. Des complications (vision floue) ont été traitées avec des stéroïdes, mais, assure l’étude, des améliorations dans le design des implants ont rendu ces effets secondaires moins communs. De plus, les implants peuvent être enlevés : la technique est donc réversible, contrairement aux traitements par laser. “Les incrustations cornéennes représentent une grande chance d’améliorer la vue avec le filet de sécurité que représente l’amovibilité,” assure le Dr Vukich. Si l’on considère que la presbytie, selon les chiffres avancés par l’AAO, concernerait un milliard de personnes dans le monde, cela représente tout de même un sacré marché. Reste à savoir combien de temps il faudrait pour que ce qui est aujourd’hui une technologie de pointe, à l’image de la chirurgie laser, devienne aussi courante que d’aller se faire poser une prothèse dentaire. Les fabriquants de lunettes peuvent donc dormir tranquilles pendant encore quelques années. Mais dans 20 ou 30 ans, qui sait, peut-être que les lunettes ne seront plus qu’un accessoire de mode rétro… Crédit photo : Image d’illustration prise durant une intervention Lasik (Poryongming via Wikimedia Commons)
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Pilule du lendemain : les femmes en surpoids méritent mieux que du mépris

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Ce titre un peu tape-à-l’œil est à l’image de ma stupéfaction et ma colère, en lisant l’avis motivé de l’Agence Européenne du Médicament, qui a conclut que le levonorgestrel (pilule du lendemain) et l’ullipristal (EllaOne, autre contraceptif d’urgence) était efficace, … Continue reading

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Et s’il suffisait de mettre une boule de feu dans un tiroir pour s’endormir

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Pourquoi les bleus changent de couleur ?

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Infection des voies respiratoires chez l’enfant : trop d’antibiotiques ?

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