La sélection cérébrale de la semaine (numéro 91)

Voici ma sélection des articles publiés la semaine du 18 au 25 avril 2016 dans le domaine des neurosciences. Si l’on défini la conscience comme la capacité à se positionner dans l’espace par rapport à son environnement, alors les insectes peuvent être considérés comme conscient de leur existence selon certains travaux de recherche. Pour beaucoup, les réseaux sociaux occupent une place importante au quotidien. Voici un article qui essaie de savoir si les réseaux sociaux peuvent être aussi addictif que ce que peut l’être une … Continuer la lecture de La sélection cérébrale de la semaine (numéro 91)
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La sélection cérébrale de la semaine (numéro 90)

Voici ma sélection des articles publiés la semaine du 11 au 18 avril 2016 dans le domaine des neurosciences. Du point de vue physique, la nuit, le ciel est noir. Pourtant, le cerveau perçoit un ciel bleu foncé. Selon une découverte récente, cela serait dû à l’activité de certaines cellules cérébrales qui ne laisseraient passer que l’information codant la couleur bleue en bloquant les autres couleurs que sont le vert et le rouge. Pour la première fois, des scientifiques ont observés les effets que produisait … Continuer la lecture de La sélection cérébrale de la semaine (numéro 90)
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La sélection cérébrale de la semaine (numéro 89)

Voici ma sélection des articles publiés la semaine du 4 au 11 avril 2016 dans le domaine des neurosciences. En moyenne, le cerveau ne représente que 5% de la masse corporelle, mais consomme à lui seul près de 20% de l’énergie de l’organisme. Voici un article intéressant qui essaie de comprendre comment un si petit organe peut consommer autant d’énergie. Voici l’histoire fascinante de cette petite fille qui souffrait du syndrome d’Alice au pays des merveilles, ce trouble rare qui se caractérise notamment par une altération de la … Continuer la lecture de La sélection cérébrale de la semaine (numéro 89)
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Pourquoi a-t-on plus de chances d’être dans une file d’attente lente, mais d’être passé par une file d’attente rapide

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En observant les files d’attente, on peut observer deux faits :
  • On a plus de chance d’être dans une file d’attente lente que rapide
  • On a plus de chance d’être passé par une file d’attente rapide que lente
Paradoxal ? Voyons de plus près.
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Les mystères de la formation des files d’attente… (source)

La loi de Murphy sur les files d’attente

La fameuse “loi” de Murphy, qui dit en substance “si quelque chose peut aller mal, alors ça ira mal” a été étendue aux files d’attentes. Elle dit qu’on a plus de chances d’être dans une file d’attente lente que rapide. L’explication est couramment donnée : “Si l’on est dans une file d’attente quelconque, située entre deux autres, il y a deux chances sur trois que l’une des deux files adjacentes soit plus rapide que la sienne”. Et plus il y a de files d’attentes, plus l’effet est important. Sauf que… le raisonnement inverse est lui aussi valide : “Si l’on est dans une file d’attente quelconque, située entre deux autres, il y a deux chances sur trois que l’une des deux files adjacentes soit plus lente que la sienne”. En fait, cela revient tout simplement à dire que l’on a une chance sur trois d’être dans la file la plus lente, une chance sur trois dans la plus rapide, et une chance sur trois d’être dans la file intermédiaire. Une formulation plus exacte serait donc : “S’il y a trois files d’attentes ou plus, on a moins de chances d’être dans la file la plus rapide“. Psychologiquement, on prête plus d’attention aux files plus rapides, pas plus lentes. Ceci dit,tout n’est pas uniquement psychologique… FileAttente.JPG
Trois files d’attente adjacentes. Laquelle est la plus rapide ? (source)

On a plus de chance d’être par une file d’attente lente que rapide

Prenons plusieurs files d’attentes qui se remplissent de la même façon au cours du temps (clients d’un supermarché, voyageurs à la sécurité d’un aéroport, voitures à un péage, …). Plus le point de passage est lent, plus la file d’attente va grossir, car les éléments la quittent plus lentement que les files plus rapides. Ainsi, à un instant donné, si on prend un élément quelconque parmi les deux files d’attente, il aura plus de chances d’être dans la file lente. Pour illustrer ce concept, prenons l’exemple d’un supermarché avec deux caisses : l’une est gérée par une personne inexpérimentée, et fait passer 1 client à la minute. L’autre est beaucoup plus efficace, et fait passer 2 clients à la minute. Il y a 3 nouveaux clients à la minute à chaque caisse, donc des files d’attente se forment.
Au bout de 10 minutes, il y aura 3*10 – 1*10 = 20 clients dans la file d’attente lente, et 3*10-2*10 = 10 clients dans la rapide. Donc à ce moment-là, il y a deux fois plus de personnes dans la “mauvaise” file d’attente que dans la bonne…
Et pas de loi de Murphy là-dedans, qui s’applique quand il y a au moins trois caisses ! FileAttenteGraph1.svg Donc statistiquement, une personne dans une file d’attente quelconque a tout simplement plus de chances d’être dans une file d’attente lente que rapide Mais pas de panique ! La vie n’est pas si mal faite, comme vous allez le voir…

On a plus de chances de passer par une file d’attente rapide que lente

Une file d’attente rapide permet de traverser plus rapidement qu’une file d’attente lente : le débit y est donc supérieur. Parmi les éléments, plus d’éléments sont susceptibles de passer par la file d’attente rapide que la lente. Revenons à l’exemple des deux caisses de supermarché, avec une caisse rapide et une caisse lente. En 10 minutes, la première caisse aura fait passer 10 clients, et la deuxième 20 clients.
Cela veut dire que parmi les 30 clients, les deux tiers seront passés par la file rapide et un tiers par la file lente. FileAttenteGraph2.svg Donc une personne passée par une file d’attente quelconque a tout simplement plus de chances d’être passée par une file d’attente rapide…

Paradoxal ? Creusons un peu…

Le paradoxe tient tout simplement à la population étudiée : soit on considère l’ensemble des personnes qui sont dans une file d’attente à un instant donné, soit on considère l’ensemble des personnes qui sont passées par une file d’attente. Si vous êtes en train d’attendre dans une file et que vous vous impatientez, vous êtes probablement dans la file la plus lente… Mais si vous êtes sortis et que vous faites la suite de vos activités, il y a des chances que vous ne vous souciez plus vraiment des autres encore en train de faire la queue ! Ceci dit, il faut quand même prendre en compte que le rythme de passage aux caisses et équivalent peut varier au cours du temps. Si un client oublie son porte-monnaie en arrivant devant vous, ou discute longtemps avec le préposé à la caisse, etc, cela peut transformer une caisse rapide en caisse lente. Mais cela ne change pas les deux observations ci-dessus. People-of-WalMart-2.gif
Ceci n’est pas une bonne façon de passer la file d’attente d’une caisse de supermarché… (source)
Par ailleurs, on a souvent le choix entre plusieurs files d’attente. Si chacun peut faire un choix éclairé et délibéré, cela permet d’optimiser la répartition et minimiser le temps d’attente de chacun – la vie est bien faite !
Mais le choix n’est pas toujours si simple : dans un supermarché, on peut vouloir choisir la caisse la plus proche de là où on est, plutôt qu’aller à l’autre bout du magasin pour gagner une misérable place ; dans un péage, on peut pas toujours accéder facilement à la voie qui nous semble la plus intéressante ; on peut avoir l’impression qu’une file est plus lente sans que ce soit le cas. La plupart du temps, on choisit intuitivement la file la plus courte. Même si ce n’est pas forcément la plus rapide, il y a quand même de grandes chances que ce soit le cas.
Si les files d’attente ne sont pas équivalentes, le système sera globalement moins efficace. Par exemple, les caisses “moins de 10 articles”, ou autres des supermarchés font que ces caisses se retrouveront parfois vides alors que celles à côté ont des files d’attente : si le temps d’attente diminue pour les quelques privilégiés, il augmente pour les autres. WaitingLineAirport.jpg
Un choix “éclairé et délibéré”. Hum. (source)

Du sentiment d’injustice face aux files rapides

On est souvent très attaché à une notion de “justice” qui fait que chacun est censé attendre à peu près pareil – mise à part quelques exceptions (femmes enceintes, personnes handicapées, etc…). Et ceux qui gèrent les files d’attente le savent très bien, ce qui mène à des réactions différentes : avez-vous remarqué que les caisses “détenteurs de cartes de fidélité” sont bien visibles, contrairement aux aéroports où l’on cache les files spéciales pour les voyageurs “business class” et autres “carrés VIP” ?
Dans les supermarchés, l’accès la carte de fidélité est simple et peu onéreux, voire gratuit : la frustration engendrée pourra pousser le consommateur à obtenir une carte (qui donne des informations précieuses à l’établissement). En revanche, dans les aéroports, on considère que le péquenot moyen qui voyage en classe économique n’aura de toutes façons pas suffisamment de moyens pour voyager en business class, pour la très grande majorité : inutile de le frustrer inutilement. Bref, la gestion des files d’attente a au moins autant à voir avec la psychologie qu’avec les mathématiques. Ainsi, il est normal, quand vous faites la queue depuis un moment dans une file d’attente, d’avoir l’impression d’être dans la file la plus lente : c’est statistiquement le cas ! Mais heureusement, dans la plupart des cas, vous serez passés par la file la plus rapide….

Pour aller plus loin

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Fibres et microbiote : les effets sur le « très » long terme

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Il faut manger des fibres, on nous le répète depuis la nuit des temps ! Pourquoi ? tout simplement parce que c’est bon pour la santé, vous n’imaginez peut-être pas jusqu’à quel point. Et pourtant, les fibres ne se digèrent pas :… Read more → Continue reading

La sélection cérébrale de la semaine (numéro 88)

Voici ma sélection des articles publiés la semaine du 28 mars au 4 avril 2016 dans le domaine des neurosciences. Des chercheurs ont réussi à stimuler le cerveau de souris présentant des signes comparables à la maladie d’Alzheimer pour leur faire recouvrir certains souvenirs. Un découverte intéressante qui permet d’en apprendre un peu plus sur le développement précoce de cette maladie. L’article suivant expose de façon très intéressante le fait que le cerveau n’est pas un organe passif servant seulement à attendre de l’information à … Continuer la lecture de La sélection cérébrale de la semaine (numéro 88)
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"Les filles ne sont pas faites pour les sciences pour 67% des Européens" : vraiment ?

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Un sondage paru il y a quelques mois prétendrait que “Les deux tiers des Européens pensent que les filles ne sont pas faites pour les sciences”. Ou en tout cas, c’est ce qu’en rapporte plusieurs articles. Sauf que ce chiffre est malhonnête. Il y a quelques mois, une étude commandée par l’Oréal au sondeur OpinionWay s’intéresse à la place des femmes en sciences. Plusieurs résultats ont fait “le buzz” :
Nouvel Obs : Les femmes ne sont pas faites pour la science ? Les préjugés ont la vie dure :
Ils révèlent que 90% des Européens estiment que les femmes sont douées pour tout… sauf pour les sciences.
Au féminin : Femmes et science : Les préjugés persistent et signent !
67% des personnes interrogées (hommes et femmes confondus) pensent que les femmes n’ont pas les capacités requises pour accéder à des postes scientifiques de haut niveau. Manque de persévérance, d’esprit rationnel, d’esprit pratique, de rigueur, d’esprit analytique et tout simplement d’esprit scientifique…
Figaro étudiant : Pour 67% des Européens, la femme est moins apte à devenir scientifique que l’homme
Pour deux tiers des sondés, les femmes seraient moins capables de «devenir des scientifiques de haut niveau».
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La fameuse campagne ratée “Science, it’s a girl thing” de l’Union Européenne… (vidéo complète)

Ah quand même… Et que dit l’étude ?

Je vous invite à la consulter ici, elle est instructive et pas très longue : Scribd

“67% des Européens pensent que les filles ne sont pas faites pour la science”

Pour revenir au chiffre du titre de ce billet en particulier, qui a été pas mal repris, la question exacte est : “In your opinion, what abilities do women lack that stops them from becoming high-level scientists?” et 67 % des hommes/66 % des femmes répondent un ou plusieurs éléments qui ont été regroupés dans “Lack of abilities“.
Sauf que… Cette question peut être interprété de deux manières :
* “les femmes sont moins intelligentes/douées/habiles que les hommes en sciences”
* “les femmes n’ont pas les mêmes opportunités que les hommes pour faire des sciences”
Le contenu est d’ailleurs explicité dans la question suivante : “Lack of abilities” est un fourre-tout qui inclut manque de “Self-confidence” et de “Professional network” (1ere et 2e réponse respectivement). En plus, si aucune des 17 propositions du fourre-tout ne convenait, on pouvait choisir “aucune de ces réponses proposées”… qui a quand même eu 33% de choix !
Donc c’est un raccourci très douteux de dire “les deux tiers des Européens pensent que les filles ne sont pas faites pour les sciences”, car la question est (au mieux) ambiguë, et la forme du questionnement pousse à répondre dans le sens voulu par le sondeur. D’ailleurs, la question suivante est “In your opinion, what is the biggest factor preventing women from being high-level scientists?“. Les premières réponses sont, dans l’ordre “They are impeded by cultural factors“, “They are impeded by men” et “They aren’t supported by their management“. Notez qu’il n’y a pas de “Elles sont moins intelligentes/douées/habiles”, ni dans les trois réponses principales suivantes d’ailleurs (les autres réponses, pour moins de 7%, ne sont pas explicitées).

“90% des Européens estiment que les femmes sont douées pour tout… sauf pour les sciences”

Autre chiffre de l’étude, dont parle le Nouvel Obs par exemple : “Ils révèlent que 90% des Européens estiment que les femmes sont douées pour tout… sauf pour les sciences.”
L’étude demandait exactement : “In your opinion, which of the following fields do women have the most aptitudes for?
Il fallait choisir entre “Social matters“, “Communication“, “Languages“, “The arts“, “Business“, “Politics” et “Sciences“. Science a obtenu 10% (soit pas loin de 100/7 = 14%, qui serait la moyenne théorique), ce qui s’est transformé en… “Les femmes sont douées pour tout sauf en sciences”… C’est quand même une interprétation très malhonnête…

“80% des scientifiques ont été influencés positivement par leur enseignants”

Tiens, ça on ne l’a pas lu ! Et effectivement, d’autres points révélés par l’étude, plus positifs, n’ont pas été repris. Par exemple, d’après les personnes qui ont poursuivi en science (garçons et filles), les enseignants ont eu à 80% un rôle positif (= ont encouragé à poursuivre dans ce domaine), plus précisément 82% et 77% entre homme et femmes. Donc même si une différence existe, les enseignants sont donc loin de décourager les filles de poursuivre en sciences. ScienceGirlThing2.png
Pas sûr que ce genre de message aide beaucoup la cause…

Et donc ?

On peut en conclure de cet exemple que :
1) Il est toujours utile de lire les sources et non pas le simple communiqué de presse
2) La formulation des questions dans un sondage peut énormément influencer le résultat, surtout si les questions sont (volontairement) ambiguës
3) Il faut se méfier des buzz
Oui, ces quelques points sont assez classiques, mais apparemment, un certain nombre de journalistes ne les applique pas encore. Et surtout, faire du buzz sur des chiffres biaisés ne peut que donner du grain à moudre ceux qui nient la situation, et cela dessert le problème, bien réel, du sexisme dans le monde scientifique. Bref, un peu de rigueur ne ferait pas de mal ! Je tiens quand même à noter que d’autres sites ont rapporté plus fidèlement le sondage (même si celui-ci est un peu biaisé, comme on l’a vu), comme Terra Femina ou Science et Avenir – bien que les chapeaux soient pas mal tendancieux…

Références

Je pourrais citer beaucoup d’articles sur le sexisme en science, mais je voudrais citer ici celui qui m’a amené à la rédaction de cet article : un article de blog, de Florence Pourcel. L’auteure y parle de l’influence du fait d’être un homme ou une femme dans le domaine de la vulgarisation scientifique sur Youtube, en se basant entre autres sur son expérience personnelle. Avant de donner des leçons ou son avis sur l’existence ou non du sexisme, il est préférable d’écouter celles qui s’en sentent victimes.
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La sélection cérébrale de la semaine (numéro 87)

Voici ma sélection des articles publiés la semaine du 21 au 28 mars 2016 dans le domaine des neurosciences. Selon une étude récente menée pendant près de 30 ans, la consommation régulière de chocolat serait associée à de meilleures fonctions cérébrales. Il n’y a donc aucun remords à avoir à céder à sa gourmandise. La stimulation artificielle d’une partie très précise du cerveau permettrait de modifier le regard que certains autistes portent sur le monde et sur les personnes qui les entourent. Cette découverte pourrait … Continuer la lecture de La sélection cérébrale de la semaine (numéro 87)
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Vache folle et prions

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Cette semaine, je vous propose une fois de plus une vidéo de bio, qui parle des maladies à prions. Sur ce sujet relativement récent, j’ai dû assez souvent retourner aux publications scientifiques d’origine, et je voudrais donc ici revenir sur quelques points et apporter plusieurs précisions. Kuru et cannibalisme L’épidémie de Kuru dans la tribu […]
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