Pourra-t-on bientôt se passer de lunettes ?

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Applying_riboflavin_for_LASIK_Xtra.png Dans les années à venir, même les Google Glass pourraient être un objet du passé. Si l’on en croit une communication faite ce week-end lors de la réunion annuelle de la société américaine d’ophtalmologie (AAO) par John Vukich, médecin et professeur adjoint d’ophtalmologie à l’université du Wisconsin, l’avenir résiderait dans les implants oculaires, en tout cas pour les presbytes. Il y avait déjà la chirurgie laser, comme le Lasik qui remodèle la cornée pour corriger certains problèmes visuels, mais ce procédé n’est pas généralisé dans le grand public, et n’est pas non plus (pas encore) à la portée de toutes les bourses. Désormais, il y aura donc ce qui est décrit comme un “remède sans lunette pour la presbytie”. Ceux qui, passé un certain âge, éloignent de plus en plus leurs livres et magazines afin de distinguer les lettres comprendront (à moins qu’ils n’utilisent déjà une tablette, qui permet d’adapter la grosseur des caractères à leur vue). Le remède en question, ce sont des implants incrustés dans la cornée. Trois modèles de ces implants sont actuellement inspectés par la FDA, l’agence américaine qui a seule le pouvoir d’autoriser un médicament ou un accessoire de santé (la technologie serait cependant disponible dans certains pays d’Europe et d’Amérique du Sud) : il s’agit de KAMRA, de Raindrop Near Vision Inlay et de Presbia Flexivue Microlens. De quoi faire (déjà?) jouer la concurrence en la matière. Parmi ces trois modèles, le KAMRA, cité en exemple dans la communication, est un anneau de 3,8mm de diamètre avec un trou de 1,6mm en son centre. Lorsqu’il est déposé dans une petite poche dans la cornée, il agit alors comme l’ouverture d’un appareil photo, ajustant la profondeur de champ afin que la personne puisse voir aussi bien de près que de loin. Plus besoin de s’adapter à des verres progressifs, donc, ni de chercher ses lunettes chaque fois qu’on veut déchiffrer une étiquette dans un supermarché. Lorsqu’on parle d’implants, il y a de quoi frissonner. Pourtant, le KAMRA ne prendrait que 10 minutes à installer sous anesthésie locale de surface. L’expérience serait probablement moins pénible que de se faire poser un inlay core chez le dentiste… Et elle pourrait aussi se cumuler avec un Lasik, pour acquérir une vision parfaite. L’efficacité clinique du dispositif a été testée pendant trois ans sur 507 patients presbytes non atteints de myopie, aux USA, en Europe et en Asie. 83% des sujets ont pu regagner une vision de 20/40, ce qui est le standard pour lire un journal ou conduire un véhicule sans verres correctifs. Ces résultats demeurent stables après trois ans. Des complications (vision floue) ont été traitées avec des stéroïdes, mais, assure l’étude, des améliorations dans le design des implants ont rendu ces effets secondaires moins communs. De plus, les implants peuvent être enlevés : la technique est donc réversible, contrairement aux traitements par laser. “Les incrustations cornéennes représentent une grande chance d’améliorer la vue avec le filet de sécurité que représente l’amovibilité,” assure le Dr Vukich. Si l’on considère que la presbytie, selon les chiffres avancés par l’AAO, concernerait un milliard de personnes dans le monde, cela représente tout de même un sacré marché. Reste à savoir combien de temps il faudrait pour que ce qui est aujourd’hui une technologie de pointe, à l’image de la chirurgie laser, devienne aussi courante que d’aller se faire poser une prothèse dentaire. Les fabriquants de lunettes peuvent donc dormir tranquilles pendant encore quelques années. Mais dans 20 ou 30 ans, qui sait, peut-être que les lunettes ne seront plus qu’un accessoire de mode rétro… Crédit photo : Image d’illustration prise durant une intervention Lasik (Poryongming via Wikimedia Commons)
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Pilule du lendemain : les femmes en surpoids méritent mieux que du mépris

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Ce titre un peu tape-à-l’œil est à l’image de ma stupéfaction et ma colère, en lisant l’avis motivé de l’Agence Européenne du Médicament, qui a conclut que le levonorgestrel (pilule du lendemain) et l’ullipristal (EllaOne, autre contraceptif d’urgence) était efficace, … Continue reading

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Et s’il suffisait de mettre une boule de feu dans un tiroir pour s’endormir

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Dans cet article, je voulais partager avec vous une méthode extrêmement puissante qui a réussi à résoudre très rapidement les insomnies de mon fils. J’avais essayé auparavant diverses méthodes avec lui et en particulier celles que j’ai déjà présentées dans … Lire la suite Et s’il suffisait de mettre une boule de feu dans un tiroir pour s’endormir is a post from: Les secrets du sommeil Continue reading

Pourquoi les bleus changent de couleur ?

Telle fut la question qui m’est venue en tête devant le magnifique cocard d’un enfant, paré de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel ou presque. Si je connais l’origine des ecchymose, je ne savais pas jusqu’à maintenant pourquoi ça changeait de couleur au cours du temps. Lacune vite comblée par une petite recherche et j’en profite […]
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Infection des voies respiratoires chez l’enfant : trop d’antibiotiques ?

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La résistance aux antimicrobiens représente une menace sérieuse pour la santé humaine. Comme le rapport de l’OMS publié en avril 2014 le souligne, il ne s’agit plus d’un problème futur mais déjà de la réalité, et ce partout dans le … Lire la suite

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La population vieillit? Ce n’est pas un problème, au contraire

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450px-Windsurfing_Mimarsinan_Istanbul_1120996.jpgL’humanité vieillit. L’espérance de vie augmenterait, dans les pays dits développés, à raison de trois mois par an, alors que le taux de natalité, dans la plus grande partie des pays européens et en Amérique du Nord, serait au-dessous du seuil de renouvellement des générations. Le vieillissement général de la population mondiale, et plus particulièrement dans les pays occidentaux, est souvent présenté comme un problème à long, voire à moyen terme. Diminution de la population active, nécessité d’anticiper les problèmes d’autonomie, protection sociale, système de santé…  Le vieillissement pourrait être également la cause d’un ralentissement de la croissance mondiale, comme l’expliquait récemment l’agence Moody’s, pour qui “il aura des effets négatifs sur la main d’œuvre mais aussi sur le taux d’épargne des ménages, comme sur la productivité et l’investissement”. Certains pensent cependant qu’il n’y a pas que de mauvais côtés à ce vieillissement, comme le professeur Yves Carrière, du département de démographie de l’université de Montréal, qui pense que le vieillissement de la population canadienne comporte son lot d’avantages : garde des enfants par les grand-parents, bénévolat et autres activités non rémunérées mais qui apportent beaucoup à la société… Aujourd’hui, c’est une étude menée par une équipe internationale dirigée par Fanny Kluge, du Max Planck Institute pour la recherche démographique (Allemagne), qui se penche sur les impacts positifs du vieillissement pour la société. Les chercheurs se sont penchés sur le cas particulier de l’Allemagne, car ce pays “est à un stade avancé de sa transition démographique, avec un taux de fertilité autour des 1,4, et a la deuxième population la plus âgée dans le monde, avec un âge moyen de 44,3 ans.” Mais ils affirment que les conclusions qu’ils en  tirent peuvent s’appliquer à la plupart des sociétés vieillissantes. Ils ont identifié cinq domaines dans lesquels le vieillissement de la population pourrait avoir des bénéfices nets lorsque on le combine avec d’autres facteurs démographiques:
  • Les plus jeunes produiront davantage. Même si le vieillissement va probablement amener une réduction de la population active, l’augmentation du niveau d’éducation des travailleurs peut en partie compenser ce déclin par une plus forte productivité.
  • Le vieillissement, c’est bon pour l’environnement. Le changement de la pyramide des âges et la diminution de la population sont associées à une consommation plus réduite de produits à forte empreinte énergétique, et à la diminution des émissions de CO2
  • Le partage des richesses avec les jeunes. Avec l’augmentation de l’espérance de vie, on va hériter plus vieux, et utiliser cet héritage pour financer sa retraite ou aider ses enfants financièrement lorsqu’ils deviennent adultes. De plus, comme les familles ont moins d’enfants, l’héritage sera moins divisé, donc chacun recevra davantage, en moyenne.
  • Tant qu’on a la santé… L’allongement de la durée de vie signifie également rester en bonne santé plus longtemps. Les résultats de l’étude laissent présager que l’Allemand moyen en 2050 passera 80% de sa vie en bonne santé, alors qu’aujourd’hui ce chiffre est de 63%.
  • La qualité de vie. L’étude suggère que la proportion entre le travail, les travaux ménagers et les loisirs va changer dans le futur, avec une augmentation du temps de loisir moyen.
Si l’on en croit cette étude, qui vient d’être publiée par le journal PLOS One, on devrait donc bientôt avoir des populations de seniors en bonne santé, qui dépensent leur argent pour les jeunes, préservent l’environnement et donnent de leur temps pour des oeuvres socialement utiles. De quoi nous réconcilier avec la vieillesse…   Crédit photo : Les “personnes âgées” ne sont plus ce qu’elles étaient (Nevit Dilmen via Wikimedia Commons) Continue reading