[Flash Info Recherche] #1 : Recherche pluridisciplinaire : valorisée, mais moins financée

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J’écris des articles issus de l’actualité de la recherche, pour un mensuel bien connu, version française de « Scientific American ». Mais tous les sujets que je vois passer dans les grandes revues scientifiques ne sont pas abordés… Cette nouvelle catégorie, parallèle … Continue reading
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Publier ou mourir : la science ouverte peut-elle sauver la recherche ?

Face au monopole des grands éditeurs de revues scientifiques, de plus en plus d’acteurs défendent un libre accès aux résultats de la recherche. Le salut passe-t-il par l’ « open » ? Pas si sûr. Publier ou périr (« publish or perish »), c’est l’équation à laquelle sont confrontés tous les scientifiques de la planète. Pas de financement ou de progression de carrière possibles sans une bonne évaluation de son travail, et pas de bonne évaluation sans la publication régulière dans des revues à comité de lecture cotées. Pour un chercheur, ne pas publier c’est, littéralement, ne pas exister. Ne pas lire les travaux publiés par les confrères, c’est à terme menacer son propre travail. Mais si elles sont incontournables dans l’organisation actuelle de la recherche, les revues scientifiques sont vivement contestées pour leur modèle économique, considéré comme abusif par de nombreux professionnels de la recherche (chercheurs, bibliothèques, institutions), certains allant jusqu’à dénoncer un… Cet article Publier ou mourir : la science ouverte peut-elle sauver la recherche ? est apparu en premier sur Sciences pour tous. Continue reading

Les relations entre l’écologie et la politique

J’avais écrit un article sur la différence entre l’écologie et l’écologisme. Ce billet prolonge ma réflexion sur le même thème en abordant cette fois-ci la relation entre l’écologie (science) et la politique (société). Le domaine est vaste et complexe, mes réflexions seront forcément incomplètes, voire même bancales. Pourtant, je ressens le besoin d’exprimer mes pensées […]
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Le “publish or perish”, coupable idéal de la fraude scientifique

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Toujours à propos de la fraude scientifique, un discours omniprésent ces derniers mois n’a de cesse de m’agacer : le fait de mettre la hausse des cas de fraude sur le dos de la pression à la publication, le fameux “publish or perish”.

@fxcoudert par la mise en cause d’un individu dans un système qui encourage la “sexyness” des résultats, exalte l’individualité, la com’. — Groupe J.-P. Vernant (@Gjpvernant) 10 juillet 2015

researchers looking after “les feux de la rampe/limelight”:-) …funding agency are also guilty! https://t.co/wz91mAKLVs — Fesquet didier (@didierfesquet) 24 septembre 2015

3 areas influencing #researchintegrity: inadequate training, pressure to publish, expectations of journals. https://t.co/LNdhqNqBXZ — Publication Ethics (@C0PE) 2 août 2016

Et allez, @antoine_petit_ affirme @f_inter que la pression de publication est responsable de ↗ des fraudes. Faux: https://t.co/2GUrMEW8bv — Antoine Blanchard (@Enroweb) 4 juillet 2016

La pression à la publication est un coupable idéal mais je tiens à rétablir son innocence ! Le raisonnement semble logique : à trop demander des résultats aux chercheurs, on les pousse à s’affranchir des règles de bonne conduite et à plagier, à fabriquer ou falsifier des résultats… Et pourtant, c’est démenti par une étude intitulée on ne peut plus explicitement “Misconduct Policies, Academic Culture and Career Stage, Not Gender or Pressures to Publish, Affect Scientific Integrity”. Ses auteurs ne sont pas des inconnus : l’un, Vincent Larivière, est spécialiste de scientométrie (l’étude de la dynamique scientifique à partir des publications) ; l’autre, Daniele Fanelli, de méta-revues et d’éthique de la recherche. Qu’ont-ils montré exactement ? Par une étude multifactorielle de 611 articles rétractés (suite à une fraude) et 2226 articles ayant fait l’objet d’un erratum (suite à une erreur honnête) en 2010-2011, ils ont corrélé la probabilité des premiers et derniers auteurs de frauder ou d’être intègre respectivement, avec des facteurs de risque psychologiques, sociologiques et structurels : journal.pone.0127556.t001.PNG Ils concluent que le sexe des auteurs n’est pas statistiquement significatif, que la fraude a plus de risque de se produire dans les pays qui n’ont pas de code de conduite, où la critique des pairs l’emporte sur le respect de l’autorité, où la performance est rétribuée financièrement, et au début de la carrière des chercheurs. La probabilité de frauder étant plus faible dans les pays où la performance de publication détermine l’évolution de carrière et le financement de la recherche, ils concluent que the widespread belief that pressures to publish are a major driver of misconduct was largely contradicted: high-impact and productive researchers, and those working in countries in which pressures to publish are believed to be higher, are less-likely to produce retracted papers, and more likely to correct them. Les mêmes auteurs ont remis le couvert il y a quelques mois en montrant que le taux de publication individuel des chercheurs n’avait pas augmenté depuis un siècle. Ce qui a augmenté c’est le nombre d’article en collaboration, mais quand on compte chaque article comme une fraction du nombre d’auteurs de l’article alors l’effet disparaît. Par conséquent : the widespread belief that pressures to publish are causing the scientific literature to be flooded with salami-sliced, trivial, incomplete, duplicated, plagiarized and false results is likely to be incorrect or at least exaggerated. journal.pone.0149504.g002.PNG Je n’ai pas encore trouvé d’explication à la propagation de ce mythe, à part qu’il permet de blâmer les agences de financement et la culture de l’évaluation à tout va, dont beaucoup de chercheurs se passeraient bien volontiers… Continue reading

Fraude et intégrité scientifique : lettre ouverte au bureau de l’Académie des sciences

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350 ans de l'Académie des sciences
Bordeaux, le 27 septembre 2016 Monsieur le Président Bernard Meunier,
Madame la Secrétaire perpétuelle Catherine Bréchignac,
Monsieur le Secrétaire perpétuel Jean-François Bach, en tant que citoyen, je m’honore de contribuer à la culture scientifique de ce pays et de ses habitants. Depuis 10 ans, je tiens sur mon blog « La science, la cité » la chronique des bonnes et mauvaises relations entre science et société. Ce rôle de vigie, j’aimerais le partager avec notre assemblée la plus auguste, siégeant quai Conti. Statutairement, l’Académie exerce cinq missions fondamentales : encourager la vie scientifique, promouvoir l’enseignement des sciences, transmettre les connaissances, favoriser les collaborations internationales et assurer un rôle d’expertise et de conseil. L’exemplarité éthique n’en fait pas partie mais c’est une responsabilité qui lui est reconnue de fait :
  • le rapport de Pierre Corvol propose de « mieux impliquer les Académies en matière d’intégrité dans les sciences et faire la promotion de leurs travaux dans la matière » (Proposition n° 13)
  • le Président Hollande, dans son discours de ce jour, désigne les scientifiques de l’Académie comme un rempart contre les « égarements » des « charlatans ».
Vous comprendrez ma colère et mon incompréhension du fait que l’Académie des sciences accueille en son sein un fraudeur notoire, à l’origine du plus grand scandale de fraude scientifique en France depuis l’affaire Bihain dans les années 1990. Olivier Voinnet, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été suspendu par ses employeurs, l’ETH Zürich et le CNRS. Mme la Secrétaire perpétuelle Catherine Bréchignac peut mesurer la gravité de cette décision puisqu’elle a dirigé pendant cinq ans le CNRS, et qu’elle n’a jamais eu à prononcer une telle sanction. Par conséquent, je tenais à vous exprimer ma révolte et à lire la défense que vous voudrez bien m’opposer. Dans cette attente, je vous prie de croire, chers membres du Bureau de l’Académie des sciences, ma considération la plus distinguée. Courrier_Acade_mie_des_sciences.png Continue reading

Le Nuage Noir

« Le Nuage Noir » est un roman de science-fiction de l’astrophysicien britannique Fred Hoyle, paru en 1957. Je l’ai découvert il y a quelques années, en version originale, « The Black Cloud » ; j’avais trouvé cette histoire géniale, au point que, ne le trouvant pas en français, je pensais qu’il n’avait jamais été traduit, ce que je trouvais dommage, je m’étais mis en tête d’essayer de le faire. Il faut avouer que le beau projet n’est pas allé beaucoup plus loin que la première page ! Et puis, il y a peu, (…) –
Réflexions
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