Gaz de schiste : les conseils des experts indépendants
Avant que l’industrie gazière n’entame sa «tournée d’information» et que Québec ne demande l’avis de la population par le biais de «consultations publiques», je vous conseille d’aller faire un petit tour chez nos voisins du sud où le débat sur les gaz de schiste est passablement plus avancé qu’ici. Gros avantage : vous y trouverez de l’information objective.
Je vous conseille notamment le rapport The future of natural gas (pdf en anglais) publié plus tôt cette année par une équipe de chercheurs du MIT Energy Initiative formée de spécialistes en chimie, génie, économie, politiques environnementales et environnement.
Voici la principale conclusion de ces chercheurs indépendants quant aux impacts environnementaux de l’exploitation des gaz de schiste:
Les impacts environnementaux du développement du gaz de schiste sont gérables, mais posent des défis. Les plus grands défis concernent la gestion de l’eau, en particulier l’élimination perfomante des fruides de fracturation.
Cette question est particulièrement préoccupante dans les régions qui n’ont jamais connu de développement gazier et pétrolier de grande envergure.
Il est essentiel que les grandes compagnies comme les petites adoptent les meilleures pratiques de l’industrie, que la fourniture et le traitement de l’eau soient coordonnées à l’échelle régionale et que des méthodes améliorées soient développées pour recycler les fluides de fracturation récupérés.
Autrement dit, l’exploitation des gaz de schiste doit être encadrée de très très près et rendue plus performante dans sa gestion de l’eau si on ne veut pas qu’elle tourne au désastre.
Les chercheurs conseillent au gouvernement américain trois pistes d’action pour satisfaire les «préoccupations légitimes de la population concernant les impacts environnementaux»:
- il faut accroître très largement la recherche publique dans ce domaine, en finançant des programmes d’envergure visant à mieux connaître les schistes et l’environnement souterrain, à diminuer les quantités d’eau utilisées et à développer des technologies efficaces de recyclage de l’eau;
- le United States Geological Survey doit accélérer le développement d’une méthodologie efficace pour qualifier les ressources;
- l’industrie et les différents paliers de gouvernements doivent collaborer pour minimiser les impacts environnementaux par la recherche et la réglementation, et ce en toute transparence. Les schémas d’utilisation de l’eau et les composants utilisés dans les liquides de fracturation doivent être rendus publics.
Les mêmes conseils sont probablement valables au Québec. Le gouvernement aura-t-il la sagesse – et les moyens – de les écouter ?


