Archive for avril, 2010

Le MEB : Microscope Electronique à Balayage

Vous avez sans doute déjà vu de jolies images noir et blanc en trois dimensions prises à l’aide d’un Microscope Electronique à Balayage mais comment fonctionne cet instrument ?

oeil mouche

Un œil de mouche grossis 100, 1000 et 10 000 fois à l’aide d’un MEB

(Images du Service commun de microscopie[...]

Est-il poule, est-elle coq ?

L’image ci-dessous montre un poulet (1) face à un miroir. Et alors ? Et bien, si nous regardons les reflets du poulet, nous remarquons qu’il présente une moitié femelle (2) et une moitié mâle (3) ! C’est donc un poulet gynandromorphe, c’est à dire un individu ayant une moitié coq et une moitié poule tout [...]

Un climatologue poursuit le National Post

Le climatologue Andrew Weaver, professeur à l’Université de Victoria et l’un des auteurs des rapports du GIEC, a déposé une plainte en diffamation contre le National Post.

Le scientifique, l’un des experts du climat les plus réputés au Canada, accuse le quotidien de lui avoir attribué des points de vue qu’il n’a jamais eu et des actes qu’il n’a pas commis dans quatre articles publiés à la suite de la fameuse affaire du Climategate (Weaver’s Web, Weaver’s Web II, Climate Agency going up in flames et So much for pure science, qui sont pour l’instant toujours en ligne).

Selon CBC, le chercheur demande notamment que le National Post retire ces articles des archives de son site internet et de tout autre endroit où ils pourraient se retrouver.

Dans Weaver’s web, un article d’opinion de Peter Foster publié dans le Financial Post, Andrew Weaver est présenté comme le «Canada’s warmist spinner in chief».

Sans présumer des suites de la poursuite, disons que cela semble bien réducteur pour un chercheur qui est quand même depuis 10 ans titulaire d’une chaire de recherche du Canada en modélisation et en analyse climatique !

Plus loin, le texte laisse entendre qu’Andrew Weaver pourrait avoir été corrompu par l’argent du gouvernement qui finance ses recherches, et que ses collègues ont manipulé le processus de revue par les pairs.

L’avocat du climatologue cité par CBC estime qu’un recours en justice est la seule solution pour faire disparaître du domaine public ces allégations.

Dans les derniers mois, plusieurs animateurs de radio, chroniqueurs et internautes ne se sont pas gênés pour surfer sur la vague climatosceptique et traîner dans la boue certains climatologues. La plupart des scientifiques, peu habitués à se faire traiter de tous les noms sur la place publique, ont préféré les ignorer.

Mais s’ils se décident à répliquer par la voix des tribunaux, pour le coup, ça va chauffer.

Corps en tête


Similicaudipteryx: le dinosaure aux plumes de lait

          Bon alors on va commencer à le comprendre: certains dinosaures avaient des plumes (1,2 et 3), et même des plumes avec de jolies couleurs.   Alors pourquoi présenter de nouveaux fossiles à plumes sur SSAFT? Et bien s’il devient courant maintenant de trouver des traces de plumes autour de spécimens de dinosaures particulièrement... Lire Similicaudipteryx: le dinosaure aux plumes de lait

Bon anniversaire, Hubble !

A

Une autre découverte passée inaperçue

Encore une fois, j’ai raté une actualité énorme ! Alors, en complément du dossier de Sciences et Avenir consacré au chiffrement (en kiosque ! ou en ligne bientôt), voici quelques infos sur une belle découverte.

15 minutes pour convaincre

Pour vous le printemps est synonyme de bourgeons qui éclosent, de pics hormonaux et autres douceurs. Dans les laboratoires c’est aussi synonyme de concours d’entrée au CNRS. Chaque année des centaines de candidats affluent vers Paris pour jouer leur avenir en 15 minutes d’oral. Le gros lot : un poste à vie au CNRS. La compétition est rude, de l’ordre d’un élu pour 30 candidats. La compétition est internationale, nombre de post-docs exilés aux Etats-Unis viennent tenter leur chance pour rentrer au pays.L’oral qui tueVous avez bien lu : il s’agit d’un oral de 15 minutes (quinze), suivi tout de même de 10 petites minutes de discussion avec le jury. Si vous êtes un peu familier avec le monde du recrutement et des ressources humaines, vous êtes au courant qu’un entretien de si courte durée arrive juste devant l’astrologie et la graphologie en terme de fiabilité. Ajoutez à cela que les membres du jury sont des chercheurs lambda aucunement formés aux méthodes de l’entretien de recrutement…Un oral de quelques minutes, un jury d’amateur, cela ne vous rappelle rien ? Mais si, bien sûr, la Star Academy (sauf qu’au CNRS les téléspectateurs ne peuvent pas voter). Certes, les candidats fournissent aussi un dossier écrit, un projet de recherche, ce qui permet au jury de juger sur un autre critère que la prestation orale mais les candidats avec de bons dossiers sont nombreux et au final il ne reste que l’oral pour les départager.La naissance du flairPour avoir trainé mes fonds de culottes dans ces concours CNRS, d’abord comme candidat, puis en tant que membre du jury je voudrai témoigner d’un phénomène curieux. A force de voir défiler les candidats, vous avez l’impression que vous développez une intuition : vous devenez capables de détecter les meilleurs. Comme les cochons qui trouvent des truffes. A quoi cela tient ? C’est impalpable, des intonations de voix du candidat, une façon de répondre aux questions, de l’assurance mais pas d’arrogance, une franchise dans le regard… ??Bonne nouvelle : vos collègues, les autres membres du jury, ont aussi l’impression d’acquérir ce 6e sens ! Mauvaise nouvelle : il est bien rare qu’ils flashent sur les mêmes candidats que vous. D’où des délibérations du jury homériques.Deux choses sauvent le système. La première c’est le temps, il faut bien que la délibération se termine un jour, donc le jury finit toujours par se mettre d’accord. La deuxième c’est le grand nombre de bons candidats. Finalement, même en les sélectionnant à la courte paille on aurait de bonnes chances d’engager de bons éléments. Le CNRS au final s’en tire, par contre, pour les candidats c’est d’une incroyable cruauté. Heureusement cette année, comme le fait remarquer Tom Roud, le nuage de cendre a permit à ceux que venait de loin de déclarer forfait en gardant la tête haute.JMG

Les errances d’Ottawa, de l’avortement à la procréation assistée

Pendant que le gouvernement Harper veut imposer sa vision de l’avortement au G8 en refusant d’inclure celui-ci dans le plan d’aide sur la santé des femmes, deux expertes viennent de démissionner de l’organisme fédéral Procréation assistée Canada chargé, en théorie, de mettre de l’ordre dans cette activité au Canada.

Le Devoir rapportait hier que deux administratrices de cet organisme fédéral sont parties avant la fin de leurs mandats. Françoise Baylis, spécialiste en bioéthique et en philosophie de l’Université Dalhousie et Barbara Slater, une spécialiste ontarienne, auraient claqué la porte de l’organisme fédéral, mais ne pourraient dire pourquoi, puisqu’elles sont tenues au secret par des ententes de confidentialité.

Procréation assistée Canada a été créée en 2006 pour faire respecter les règlements de la Loi fédérale de 2004 visant à encadrer les activités de procréation assistée au pays… sauf que ceux-ci n’ont jamais été écrits !

«Nous avons travaillé si fort pour obtenir une telle agence et elle est inutile!», a déclaré au Devoir la chercheure Abby Lippman, professeure à l’Université McGill et rattachée à l’Institut de la biotechnologie et de l’avenir de l’homme de Chicago.

Plutôt que de mettre des bâtons dans les roues de d’avortement à l’étranger, le gouvernement fédéral ferait mieux de s’activer pour protéger un peu mieux les Canadiens des dérives possibles de la procréation assistée, une activité fort lucrative presque exclusivement contrôlée par l’entreprise privée.

Certaines pratiques de procréation soulèvent des questions éthiques majeures pour les enfants à naître, et il faut s’en occuper.

Au Québec, le ministère de la Santé et des services sociaux a quant à lui commencé à mettre sur pied un système universel de procréation assistée dans les hôpitaux, allant ainsi à l’encontre des recommandations des experts de la Commission d’éthique de la science et de la technologie. Voyez ce qu’en pense Édith Deleury, la présidente de cet organisme.

Créez votre système solaire

Construisez votre système solaire

Un système solaire, c’est un fragile équilibre. Une planète mal placée et c’est le drame : en quelques années elle finira “avalée” par l’étoile qui l’éclaire.

Le site du National geographic propose de simuler un système solaire. On choisit son étoile et les planètes qui tourneront autour d’elle. La précision est poussée assez loin puisque l’on peut déterminer leur masse et leur composition. Puis on les dispose dans le pan d’univers qui sert de toile de fond à ce simulateur.

La masse des astres et la distance qui les sépare est primordiale. La force qui régit un tel système est la force de gravitation ; elle dépend de ces deux grandeurs.

La force exercée par un corps A sur un corps B est égale à :

[MA et MB sont les masses respectives des corps, AB la distance qui les sépare et G la constante de gravitation]

Une fois que tout est calé, il suffit de “mettre en route” le temps qui s’était arrêté le temps de construire le système. Vous pouvez prendre une photo pour immortaliser cette éphémère construction parce que le verdict tombe très vite. Mes planètes n’ont tenu guère plus longtemps qu’une centaine d’années. Une broutille à l’échelle de l’univers.

 

Photo : National Geographic

Quand philosophes et sociologues se renvoient la balle

Après-midi laborieux, le doctorant 2.0 fait une pause dans ses lectures et au détour de la page Facebook de l’association Doc’up, découvre la tribune publiée le 20 avril par Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique  à l’Université Pierre et Marie Curie et chercheur au sein du LIP6 (Laboratoire d’informatique de Paris 6). Cet article publié dans La Tribune, s’intitule « La Science prise en otage ». La doctorante en question toussote alors à la lecture du dernier paragraphe.

En  voici les premières lignes :

« Les sciences se construisent sur le conflit des arguments ; les disputes y portent sur les idées, uniquement sur elles. Contrairement à ce que la sociologie contemporaine des sciences veut laisser accroire, ni les avantages personnels, ni a fortiori les coalitions ne l’emportent dans les débats scientifiques. »

Passée l’émotion de la première lecture et  après quelques échanges de mails avec un autre jeune scientifique 2.0, il est apparu qu’il y avait matière à discussion (constructive). Il ne s’agit pas de faire l’exégèse de cette tribune. Simplement l’extrait ci-dessus nous a interpellés. L’occasion de revenir sur un point qui nous semblait important et de faire un bilan (partiel) des sujets abordés sur Pris(m)e de tête depuis maintenant 6 mois, était tentante.

Epistémologie – Sociologie (1-0)

« Les sciences se construisent sur le conflit des arguments ; les disputes y portent sur les idées, uniquement sur elles. »

Jean-Gabriel Ganascia nous laisse entrevoir des scientifiques qui débattent, argumentent, contre-argumentent, vérifient et falsifient leur théories  à la lumière de l’expérience. Cette approche trouve son explicitation dans les travaux d’épistémologues tel que Karl Popper (voir nos un, deux, trois billets sur Popper) ou Gaston Bachelard.  Toute pertinente qu’elles soient ces approches n’en demeurent pas moins centrées sur les connaissances. La science serait-elle alors quelque chose « qui flotte dans l’air avec simplement des idées » pour rependre les termes Christophe Bonneuil, historien et sociologues des sciences au CNRS ?

Extrait de l’émission Recherche en cours avec Christophe Bonneuil

L’approche cognitive des sciences est essentielle et guide le travail des scientifiques. Elle leur fournit un cadre éthique de ce que peut (doit ?) être la science dans l’idéal. En tant que chercheur, Jean-Gabriel Ganascia s’y réfère, ce qui est à la fois normal et légitime. Cependant d’autres dimensions des sciences, non plus cognitives mais sociales, sont envisageables. L’un des premiers à avoir tenté un rapprochement du cognitif et du social fut Thomas Kuhn avec le concept de paradigme. Il entrouvrit ainsi la porte par laquelle les sociologues se sont engouffrés pour étudier non plus uniquement les institutions scientifique (comme l’avait fait Merton dès les années 1940) mais les produits même de l’activité scientifique, les connaissances.

Nic's events sur Flick, licence CC.

Epistémologie – Sociologie (1-1)

Que nous disent alors ces sociologues ? Les sciences ne sont pas que des connaissances pures, ce sont aussi… des gens ! Oui, de vrais gens : deux bras, deux jambes, des besoins, des sentiments, des espoirs, des ambitions, des vertus et des vices. Ce sont ces gens là que les sociologues des sciences sont allés étudier pour se rendre compte que la science « c’est dans les individus que ça se passe » comme nous le dit Dominique Pestre, historien et sociologues des sciences à l’EHESS.

Extrait de l’émission Recherche en cours avec Dominique Pestre

Les chercheurs demeurent des hommes (et des femmes) comme les autres et tout ce qui fait la nature humaine affecte forcément ce qu’ils sont et ce qu’ils font, donc la science et les savoirs. Cette nature de l’homme et de nos sociétés s’immisce jusque dans les énoncés scientifiques comme l’a montré Emily Martin concernant la biologie de la reproduction. Mais alors pourquoi Jean-Gabriel Ganascia affirme-t-il :

« Contrairement à ce que la sociologie contemporaine des sciences veut laisser accroire, ni les avantages personnels, ni a fortiori les coalitions ne l’emportent dans les débats scientifiques. »

Cette bande de sociologues n’aurait-elle rien compris à l’affaire ? Popper aurait-il raison ? Jetons nous un (très) court instant dans les bras séduisants de la caricature. A ma droite, des sociologues (et des historiens) qui auraient mis en lumière une recherche dévoyée où la méthode scientifique est jetée aux orties et réduits les scientifiques à de vulgaires lobbyistes ; à ma gauche des épistémologues (et des historiens) nous démontrant l’existence d’une science pure, normée, parfaite, sans vice et sans reproche.

Balle au centre

Ne tombons pas dans ce manichéisme qui nous conduirait tout droit à l’opposition stérile entre relativisme et scientisme. Les choses sont plus subtiles et nous sommes tous suffisamment ouverts pour l’entendre et en discuter. Ces deux approches que nous évoquons sont deux façons différentes de regarder la science, elles représentent sans aucun doute deux extrêmes, deux points opposés d’un même segment épistémologique sur lequel chacun est libre de se placer où il l’entend. Mais, comme souvent, la réalité est dans la nuance, dans la « zone grise », pas dans les extrêmes ou la caricature.

Comprenons-nous bien : il existe bien évidemment un idéal de science pure, rationnelle et désintéressée, auquel la plupart des scientifiques adhèrent. Ce que disent les sociologues, c’est qu’il persiste une différence entre cet idéal et la pratique de la science telle qu’elle se fait et nul ici ne doute que Jean-Gabriel Ganascia, du fait des fonctions qu’il occupe, ne l’ignore pas. Jamais il ne sera question pour un sociologue ou pour un philosophe de remettre en cause l’existence de cet idéal, ni la bonne foi de ceux qui le poursuivent. Encore moins de laisser accroire que les productions scientifiques ne pourraient être expliquées qu’en termes de jeux de pouvoir politique.

Toutefois, la sociologie nous rappelle que la dimension humaine de l’activité scientifique ne doit pas être négligée, ni oblitérée au nom de cet idéal. Dire que la science n’est pas que le domaine de la froide rationalité, ce n’est bien sûr pas en rejeter la dimension rationnelle. Bien plus, prendre acte du fait que les scientifiques, qu’ils le veuillent ou non, sont des êtres humains avec leurs limitations cognitives et leurs obligations sociales, permet de bien mieux comprendre ce qu’est la science. Reconnaître cette dimension ne revient pas forcément à embrasser la théorie anarchiste de la connaissance du philosophe américain Paul Feyerabend selon lequel « tout se vaut », ni à placer la science sur un pied d’égalité avec la théologie ou la mythologie. Mais nier l’évidence du rôle de l’humain dans la construction historique et théorique de la science au nom d’un idéal c’est, précisément, faire montre d’une attitude anti-scientifique.

Science chinoise : de l’acupuncture au synchrotron

Des scientifiques chinois ont commencé à scruter les points d’acupuncture à l’aide du synchrotron de Shanghai (voir ce billet à son sujet), annonçait récemment l’Académie chinoise des sciences.

Voilà un travail de recherche qui montre bien à quel point la montée en puissance de la science chinoise, dont je vous parlais hier, risque non seulement de bouleverser l’économie mondiale, mais aussi de faire progresser nos connaissances dans bien des domaines et de changer notre quotidien.

Dans les pays occidentaux, on classe l’acupuncture parmi les médecines douces. Même si on ne comprend pas bien les fondements scientifiques de cette approche, il est admis qu’elle peut donner des résultats positifs dans plusieurs cas, comme l’ont montré plusieurs chercheurs (voir ici et ici, par exemple)

Mais qui, en Occident, a la volonté de financer des recherches plus poussées sur l’acupuncture?

Certainement pas les compagnies pharmaceutiques ou les fabricants de matériel médical de pointe!

Certainement pas non plus les gouvernements. Imaginez-vous le ministre Bolduc annonçant un investissement majeur dans la recherche en acupuncture ? Il se ferait tomber dessus à bras raccourcis.

En Chine, par contre, la nouvelle n’a fait sourciller personne, bien au contraire. Les Chinois sont très fiers de chercher, grâce à la science, à transformer une médecine traditionnelle en médecine du futur. Et ils ont bien raison.

Car imaginez que, grâce aux recherches chinoises, on comprenne enfin comment fonctionne l’acupuncture et qu’on trouve des moyens de la rendre plus performante, au point qu’elle devienne la solution première à certains problèmes de santé. Ce serait une révolution.

Imaginez que quelques séances d’acupuncture une fois par an puisse traiter pratiquement à coup sûr chaque personne aux prises avec des maux de dos qui ne cèdent aujourd’hui qu’à un usage longue durée de médicaments anti-inflammatoires non dénués d’effets secondaires.

Moins de médicaments, moins de visites médicales… que d’économies pour notre système de santé! Et quel challenge pour les compagnies pharmaceutiques, qui pour continuer d’exister devraient nous vendre des médicaments moins chers et plus performants!

On peut toujours rêver. Mais en attendant, allez la science, en Chine ou ailleurs !

Next Page »