Archive for octobre, 2009
“The limits to growth”, le Rapport Meadows - club de Rome.
Ai récemment eu l'occasion de lire le Rapport Meadows (alias "The limits to Growth"), dont on m'a passé une édition d'origine. Publié en 1972, ce rapport Meadows (du nom de deux de 4 auteurs) résume les travaux d'une équipe du MIT réalisés à l'instigation du Club de Rome. En [...]
Dans un sens mais pas comme dans l’autre
Le syndrome Titanic
Ma première impression est qu’il s’agit d’un film déroutant très noir, qui ne manque pas de provoquer un sentiment de malaise chez le spectateur, sentiment que je suppose voulu par les réalisateurs. De quoi s’agit-il exactement ? Durant toute la durée du documentaire, des images flashs de quelques secondes, un tour du monde de situations inconcevables, noires, sur une musique un peu triste et la voix monocorde et désabusée de Nicolas Hulot ; Ce qui marque les esprits de cette multitude d’images : § l’alternance des lumières et de la noirceur (les lumières surabondantes des paysages urbains, des trafics de voiture sur des serpentins de routes qui s’entrecroisent à l’infini avec un fourmillement de voitures (idem dans le ciel), la noirceur des bidonvilles et du quotidien de ceux qui ne vivent que des maigres ressources naturelles que les autres veulent bien leur laisser. § le rythme aussi de cet enchaînement d’images : dans les villes des pays riches, tout va très vite, s’accélère, s’enchaîne : les nuits illuminées, les gratte-ciels, la bombe atomique, les guerres…la vie des pays riches bourdonne à 100 à l’heure ! § la surconsommation des pays riches et leurs conséquences : tout est à outrance, , les réseaux de télécommunications, la productivité à n’importe quel prix pour les industriels, les achats à outrance dans les centres commerciaux, le tourisme, la pub qui nous manipule. En face de ces images : les déchets d’une part (les déchets de tout : des parcs entiers d’avions, des ordinateurs qui s’entassent, les détritus) et le grand dénuement des autres (images de bidonvilles), ceux qui de l’autre coté de la planète n’ont même pas l’essentiel, qui vivent dans le plus grand dénuement, les uns sur les autres, et l’exemple de la vieille dame qui vit et dort dans sa voiture ! § la surexploitation de notre planète, conséquence directe du mode de vie des plus riches, de la surconsommation, du gaspillage avec encore une fois des images et des mots bouleversants : § Les gros engins pour l’exploitation et le transport des matières premières, puisées au plus profond de la terre, toujours plus loin. § Les pylônes électriques, les puits de pétrole, les mines… § Les paquebots venues des deux parties du monde et qui se croisent, en transportant la même chose et en polluant § Les phrases choc de N. Hulot (NH « On ne consomme pas, on consume », « La nature succombe, elle est en charpie » « J’ai vu la planète se rétrécir sous mes yeux, je suis passé de la conviction insouciante de vivre dans un monde infini et immuable à la conscience d’un monde fini et vulnérable » « J’ai peur pour mes enfants et pour tous les enfants du monde » § La conséquence de l’épuisement de la planète et de cette politique de surconsommation est la pollution qui engendre le réchauffement climatique…dont les plus démunis vont souffrir en premier, mais les autres aussi, plus tard !La solution ? seule lueur d’espoir mais un espoir tout de même : le Soleil et l’énergie colossale qu’il dégage. NH « : mieux utiliser l’énergie du soleil qui en 2 minutes, offre plus d’énergie qu’on en utilise chaque année sur terre »Ce documentaire malgré tout, distille quelques belles images…pas vraiment au sens « esthétique » de la chose (quoique la terre, notre « planète bleue » vue de l’espace est assez séduisante), mais dans le sens qu’il donne conscience du miracle qu’est la Vie. Car il faut un sacré concours de circonstances dans l’Univers pour qu’une planète rassemble les circonstances nécessaires et suffisantes pour que la Vie s’y développe. Sur Terre, c’est arrivé un jour, et depuis la Vie n’a cessé de se complexifier et de se diversifier… Là on nous montre des images évoquant l’infini de l’espace où nulle part encore, on n’a découvert trace de vie. Nous possédons un bien précieux (images de fœtus en cours de développement), un miracle et on n’en a pas conscience. NH « La vie ne tient qu’à un fil et on n’a de cesse de jouer avec un rasoir »Ce n’est qu’à la fin du film qu’est évoqué clairement le nom du Titanic. Pourquoi le syndrome Titanic ? car on se dirige tout droit vers un iceberg, parce qu’il ne suffit pas de ralentir la cadence, c’est un changement radical dans nos habitudes, un virage à 90° si on veut éviter l’obstacle. Mais d’autres analogies avec l’aventure du paquebot :- lors de la mise à l’eau du Titanic, un petit nombre avaient évoqué leurs doutes quant à l’insubmersibilité…ils n’avaient pas été écoutés !- lorsque l’énorme iceberg a été vu par l’équipage, la prise du conscience du problème s’est opérée : il était déjà trop tard ! - lorsque la catastrophe a commencé et que le bateau a pris l’eau, on a demandé à l’orchestre de jouer plus fort… Alors j’ai lu quelques critiques sur ce film. Et quelques uns reprochent une vision un peu trop sombre, fermée sans lueur d’espoir, culpabilisante…donc à quoi bon faire des efforts s’il n’y a plus rien à faire ?En fait, je ne crois pas qu’on cherche à nous faire culpabiliser …C’est plutôt la critique de notre modèle économique , social, politique…tout est lié …A l’échelle de chaque individu, on est parfois, souvent, coincé dans les convenances, les habitudes, les systèmes…Il est vrai que le film est dense, dense en images, un peu rapides…on aurait aimé s’appesantir un peu plus longtemps sur certaines situations, pour mieux comprendre les enjeux, les détails… J’ai pu constater également une certaine lassitude du public, des problèmes écologiques…on en parle trop, les gens se sentent agressés…certains médias ou personnes en parlent certainement par mode, pour faire comme tout le monde et parce que cela fait bien !Néanmoins, je pense qu’il faut croire tous ces scientifiques et experts qui ont réalisés moult études sur le sujet…ils savent de quoi ils parlent. Pas nous…Je rappellerai aussi l’exemple cité dans le livre « Home » de Yann Arthus-Bertrand…L’histoire de l’île de Pâques de l’Océan Pacifique. La civilisation a disparu brusquement …Selon un expert américain, J. Diamond, cette disparition est liée au fait que les habitants auraient coupé tous les arbres de l’île se privant ainsi d'une ressource naturelle non renouvelable entraînant l’érosion des terres, l’impossibilité de construire des bateauxet enfin une dernière citation de Nicolas Hulot « Nous assistons à une forme de déni, car l’évidence nous gêne »En conclusion, je conseille d’aller voir le film car il faut prendre conscience …et ne pas laisser voir venir, les yeux grands ouverts mais aveugles.
Source ICIQuelques liens :http://www.lesyndromedutitanic.com/http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=300http://www.manicore.com/documentation/aeroport.html
La Casemate barbouillée par le collectif Débat Citoyen
Lundi 26 octobre au matin, nous découvrons en arrivant à la Casemate des jets de peinture balafrant la porte d'entrée (voir photo ci-dessus) ainsi qu'un tract "justifiant" cette action. "Nous visons le Centre de Culture scientifique technique et industrielle car c'est un symbole de la campagne d'acceptabilisation des nanotechnologies et de leurs applications" peut-on lire dès la première phrase (voir texte complet ici). S'ensuit la dénonciation de l'actuel débat public national sur les nanotechnologies comme une "tentative navrante d'empêcher une mobilisation populaire d'ampleur" puis, pèle-mêle, la mise en cause de la philosophie scientiste du Progrès, des applications militaires ou liberticides des nanotechnologies, de leur contribution à la société de consommation, et enfin du complot politico-industriel pour "transformer l'opinion publique". Ce tract, signé par un mystérieux "collectif Débat Citoyen" se conclue par un curieux mélange d'excuses menaçantes : "si nous projetons de la peinture sur le CCSTI, ce n'est pas pour porter préjudice à qui que ce soit, mais bien pour visibiliser ceux qui nous imposent leur vision du monde. Nous frapperons chaque fois que nous serons pris pour des cons. C'est-à-dire souvent." Curieuse façon de défendre, par la violence, la démocratie dont un collectif pour le "Débat Citoyen" doit forcément se prévaloir...Weeds and drugs.
Il est vrai que les espèces sociales, comme les fourmis, sont particulièrement sujettes aux infections bactériennes et à la transmission de parasites. La promiscuité des individus étant un agent facilitateur de contamination. De plus, les fourmis vivent dans des terriers aux conditions généralement humides et chaudes, Éden pour tout pathogène qui se respecte.
Des expériences ont alors été menées sur des fourmis adultes et au stade larvaire, dans 4 conditions bien distinctes :
1-Le premier test est un test de contrôle, où les individus ne sont pas mis en contact ni de pathogène, ni de résine.
2-Les fourmis sont uniquement mises en contact avec de la résine, afin de voir si elle a un effet quelconque à elle seule (bénéfique ou toxique)
3-On met les fourmis avec l'élément pathogène seulement
4-On met les fourmis avec l'élément pathogène ET de la résine.
Les petites étoiles indiquent les différences significatives entre deux résultats, indiquant un Pvalue<0.05La même expérience a été menée sur des larves de fourmis, avec deux éléments : Pseudomonas, et un champignon parasite : Metarhizium anisopliae.


Ainsi, cette très belle expérience nous démontre que les espèces sociales, souffrant particulièrement du parasitisme et des agents infectieux, sont capables de développer des parades intéressantes, que ce soit l'épouillage, la gestion des déchets, ou l'utilisation de plante aux vertues antiseptiques.
D'autres exemples sont connus à travers le monde animal, notamment chez l'étourneau sansonnet, dont le mâle apporte au nid diverses plantes aux composants volatiles et antiseptiques, qui semblent renforcer la résistance des poussins contre les parasites et réduire l'envahissement du nid par les bactéries.
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Sources :
Michel Chapuisat, Anne Oppliger, Pasqualina Magliano, and Philippe Christe, Wood ants use resin to protect themselves against pathogens, Proc R Soc B 2007 274: 2013-2017.
Helga Gwinner and Silke Berger, European starlings: nestling condition, parasites and green nest material during the breeding season, Journal of Ornithology 2005 365-371
Inuits modernes
Clearstream et science à gogo(s)

Ou quand la science s'invite dans les prétoires… Ou science à gogos...L'avocat de J.L. Gergorin, le bâtonnier Paul-Albert Iweins, a eu une ligne de défense très particulière de son client, celle des gogos de l'Histoire. Et il a cité à l'appui le mathématicien Michel Chasles (1793-1880), qui, [...]
Pourquoi il n’y a pas d’escaliers dans les pâturages des vaches ?
Gare au changement d’heure

N’oubliez pas, samedi soir, on change d’heure. A trois heures du matin, il sera deux heures. Cette mesure a été adoptée en 1975 pour faire correspondre au mieux les heures d’activité aux heures d’ensoleillement.
Des scientifiques allemands spécialistes en chronobiologie – l’étude de notre horloge biologique – ont montré que ce décalage générait des perturbations sur notre comportement. Notre horloge interne ne s’y retrouve pas. D’après ces chercheurs, ce “décalage horaire chronique a des influences notables sur nos performances quotidiennes” et accentue le stress.
Tout cela, c’est à voir dans l’excellente émission Xenius d’Arte consacrée au sujet, disponible pendant une semaine.
[A l’occasion allez aussi faire un tour sur le blog de Xenius, notre voisin de comptoir au C@fé des sciences]
Finalement, Bashung avait raison quand il chantait qu’il avait “des doutes sur le changement d’heure” ...
NANOYOU : que pensent les jeunes des nanos ?
Ça y est ! Nous venons de mettre en ligne la version francophone d’une grande enquête sur les représentations et attentes des jeunes européens (11-25 ans) à propos des nanotechnologies. En cette période de grand débat public national en France, où les discussions ne se déroulent pas sans heurts ni tensions (une bouteille d'ammoniac a même été jetée sur la scène lors de la séance publique à Toulouse), nous entrons enfin dans la phase opérationnelle des projets de médiation des nano financés par le 7ème programme cadre de la Commission Européenne. Pour nous, au CCSTI Grenoble, il s’agit des projets NANOYOU et TIME4NANO. L’enquête que nous venons de mettre en ligne s’inscrit dans le projet NANOYOU. Elle s’adresse directement aux jeunes de 11 à 25 ans, et elle constitue un bon moyen d’apprendre et de tester ses connaissances en la matière ! Evidemment, les enseignants, les parents, les journalistes, les éducateurs peuvent s’en emparer pour la critiquer et amplifier sa diffusion.Le grand public, ou le mythe de l’Atlantide. Ces projets visent une diffusion la plus large possible afin de toucher ce qu’on continue d’appeler « le grand public ». Cependant, à en croire un nombre croissant d’analystes de nos faits sociaux, cette notion de « grand public » ne serait qu’un mythe, une idée fausse étonnamment résistante (on en connaît d’autres) que les sociologues réfutent aujourd’hui à longueur de publication. C’est vrai, nous en faisons aussi le constat dans l’action culturelle, il n’y a pas « un » public mais « des » publics – une sorte d’élévation au carré d’un terme signifiant déjà un pluriel. C’est ainsi que nous avons, avec des collègues de 6 autres pays, focalisé sur le public des jeunes – ou plutôt, « les publics » des jeunes. Car les jeunes aussi ont droit à être différenciés. Néanmoins, l’idée derrière est bien, via ces publics, de concerner le plus grand nombre de citoyens européens. Car même si « le grand public » n’existe pas (et c’est tant mieux, il était temps de casser cette idée d’une masse d’individus agissant et réagissant de la même manière, comme une espère d’armée rouge de citoyens), il n’empêche que nouer un vaste dialogue avec le plus grand nombre d’individus, en respectant et comprenant les enjeux des multiples groupes auxquels ils appartiennent ou dont ils s’inspirent, reste un défi majeur de nos démocraties occidentales…---Pour participer à la version française de l'enquête NANOYOU : www.nanoyou.eu



