Archive for juillet, 2009

Villefort 2009 forever…

Et voilà...C'est terminé...Un mois et demi d'aventures, d'écologie de terrain pur et dur. Un mois et demi de travail H24 7j/7. Un mois et demi intense de vie partagée entre chercheurs et stagiaires. Comment trouver les mots pour raconter une expérience si unique, si formidable dans la vie d'une jeune étudiante de 20 ans. Rude serait l'adjectif pour décrire la vie là bas, de l'à peu près en permanence, des horaires intenables et pourtant tenus avec fierté. Une expérience humaine...Inoubliable. De la passion pour l'écologie est née une amitié inespérée entre nous, d'une incroyable solidité. Entre les chercheurs et nous, de la proximité est né un respect d'autant plus grand que nous étions proches.

Photographie d'un mâle lézard vivipare que je tiens dans mes mains

Des paysages de rêve, des journées intenses de chasse au lézard vivipare, des heures dans un laboratoire niché dans un petit village de la Lozère : Villefort. Veiller sur un élevage de x lézards rend légèrement obsessionnel, E34 qui ne voulait jamais manger sa teigne, H36 qui montait toujours sur son abri pour profiter de la chaleur de la lampe, I51, une lézarde enceinte jusqu'au cou dont j'attendais l'accouchement avec impatience et inquiétude. Je les connaissais toutes, chacune avec leurs habitudes, et quel bonheur quand les lézardeaux naissaient. Petits et frêles, tout juste sortis de leurs membranes, mais déjà prêts à conquérir leur monde. Des heures à veiller sur eux, pour 1 minute à les voir partir lors des lâchers.

Photographie d'une femelle lézard vivipare encore enceinte lors d'un lâcher

Un juvénile, quelques secondes après le lâcher

Jamais je n'oublierai ces chercheurs exceptionnels qui furent avec nous d'une simplicité et d'une accessibilité unique. Des gens brillants, passionnés par leur travail, qui partagèrent leur savoir sans concession...

Paysage près des gorges du Tarn où nous allions capturer les lézards

Étudiants, sachez qu'il n'y a rien de plus formateur autant personnellement que professionnellement qu'un vrai stage de terrain. Même si ça semble difficile, fatiguant, et rude, le retour qui vous est offert vaut bien ces efforts.
Jamais je n'oublierai cette expérience, les gens, les paysages, c'est pourquoi je dis à Villefort : rendez vous l'an prochain pour de nouvelles aventures ... !


Grippe A : la France pas mieux que l’Angleterre

Quand on est arrivés en Angleterre, il y a exactement un mois, la situation ressemblait étrangement à celle de la France aujourd’hui face à la grippe A/H1N1 : le pays apprenait, terrorisé, la nouvelle des premières morts liées à la maladie. Aujourd’hui, la France a annoncé son premier cas mortel. Il s’agit d’une jeune fille de 14 ans hospitalisée à Brest.

On se rend brutalement compte que le virus ne s’est pas arrêté à la Manche. Un peu comme on s’est rendu compte, après l’explosion de Tchernobyl en 1986, que le nuage ne s’était pas arrêté au-dessus du Rhin. L’Angleterre n’a en tout cas plus le monopole des cas graves liés à la grippe porcine en Europe, puisque la Belgique, la Hongrie et l’Espagne ont déjà fait état de cas mortels. Et la maladie rattrappe la France plus vite que prévu, alors que le gouvernement tablait jusqu’ici sur la rentrée de septembre, voire “l’automne”, pour une agravation de l’épidémie.

Toujours exactement comme en Angleterre il y a un mois, l’Institut français de veille sanitaire (INVS) précise que la jeune fille qui est décédée aujourd’hui était déjà gravement malade : “Cette jeune fille souffrait d’une maladie grave, compliquée d’une infection pulmonaire sévère, autre que la grippe”. Autrement dit, la grippe A/H1N1 ne serait pas la cause directe de la mort.

En Angleterre aussi, le Service national de santé (NHS) avait constaté que la grippe porcine touchait prioritairement des personnes jeunes et en bonne santé, contrairement à la grippe saisonnière. La France, qui semble se trouver aujourd’hui dans la même situation que la Grande-Bretagne il y a un mois, va sans doute se servir de l’exemple britannique pour gérer la crise. Tout du moins pour éviter de reproduire les mêmes erreurs.

Que trouve-t-on dans l’Origine des Espèces ?

ça y est, je peux le dire : J’ai fini de lire le fameux ouvrage de Charles Darwin. Ouf. une petite odyssée personnelle de finie. Aujourd’hui, il est tout à fait possible de faire de la biologie et d’étudier l’Evolution sans lire Darwin ( D’ailleurs remarquez que l’article est proposé l’article dans la rubrique Culture plutôt que Science et technologie ). Encore heureux, car considérer un livre

De la “grippette”

Pendant qu’en France, Debré s’exprime dans le JDD, des scientifiques s’expriment dans le courrier des lecteurs de Nature.

La première lettre est signée par Ilaria Capua & Giovanni Cattoli du centre pour les maladies à l’interface animaux-humains de Padoue. Elle s’intitule : “Vacciner pour empêcher l’émergence d’un virus chimérique”.
Capua et Cattoli préconisent des vaccinations massives dans les pays du Tiers Monde. La vaccination réduit en effet la capacité du virus à se reproduire, et donc le développement de l’épidémie. Surtout, Capua et Cattoli craignent la possibilité d’un réarrangement avec d’autres grippes plus méchantes qui circulent en ce moment, rappelant les précédents de réarrangements de 1957 à 1968.

Le danger est le suivant : comme la grippe A (qu’ils appellent nao-H1N1) se répand comme une traînée de poudre, la contamination mondiale augmente les risques de rencontre avec des souches plus méchantes. Le problème étant, qu’en en ce moment même, il y a deux souches de grippes H5N1 et H9N2 qui sont très présentes dans les élevages des pays en voie de développement :

In countries where animal husbandry practices fall short of accepted biosecurity standards and where immunologically naive animal caretakers infected with nao-H1N1 would shed large amounts of infectious virus, there is a significant risk of emergence of a reassortant virus. A reassortant virus containing a combination of genes, including a novel-human adapted influenza virus and H5N1 or H9N2, could result in chimeric viruses with unknown characteristics.

Dans les pays où les élevages animaux ne respectent pas les standards de biosécurité et où des éleveurs naifs immunologiquement infectés avec la grippe nao-H1N1 seraient porteurs d’une grande quantité de virus, il y a un risque significatif d’émergence de virus recombinant. Une recombinaison virale nouvelle, incluant des gènes des grippes H5N1 ou H9N2, adaptée à l’homme, pourrait déboucher sur des virus chimères aux caractéristiques inconnues

Moralité : la vaccination massive n’est pas inutile, peut-être pas chez nous, mais ailleurs, surtout dans les pays où il y a des épizooties massives.

La deuxième lettre s’intéresse aux relations experts- grand public
, et est signée Erwin van Rijswoud. van Rijswoud raconte le débat qui anime les Pays-Bas. Dans cette douce province, les media locaux ont interviewé deux vrais experts (eux), qui donnent deux messages apparemment contradictoires. D’un côté, Albert Osterhaus du Centre National sur la Grippe de Rotterdam, de l’autre, Roel Coutinho de l’Institut nationale pour la santé publique et l’environnement à Bilthoven. Osterhaus, comme les auteurs de la première lettre, est sur la ligne “attention danger”, avertissant semble-t-il depuis de nombreuses années ses concitoyens sur l’imminence de grandes et dangereuses pandémies mondiales, dont le virus de la grippe A ne pourrait être qu’un prélude. Coutinho, lui, s’en tient à la situation d’aujourd’hui, et affirme qu’il n’y a pas lieu de paniquer pour l’instant. van Rijswoud souligne bien que les deux experts ont des perspectives différentes : l’un plus sur le long terme, l’autre pragmatique et plus immédiate, sur le mode “pas de panique si vous êtes contaminés”.

Public understanding, therefore, cannot hinge only on experts telling the truth as they see it: also important is how the public interprets mixed messages. It is the public’s ability to assess the relative value of expert information that helps to stimulate the trust and compliance needed to follow recommended public-health measures.

La compréhension du public ne peut reposer uniquement sur l’intervention d’experts disant la vérité telle qu’ils la perçoivent : l’interprétation de messages contradictoires par le grand public est importante. C’est la faculté du public à estimer la valeur relative des informations données par les experts qui permettra d’efficacement mettre en place les mesures de santé publique recommandées.

De la pertinence des experts interrogés, et de l’importance de la culture scientifique en somme. Deux choses qui font trop souvent défaut en France.

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Grippe A : les femmes enceintes particulièrement exposées

les femmes enceintes particulièrement exposées

L’Etat français a commandé 94 millions de doses du futur vaccin contre la grippe A H1N1. Tout ceux qui le souhaitent pourront être vaccinés gratuitement. Mais les délais sont si serrés que les laboratoires pharmaceutiques – enchantés de tourner à plein régime – expédieront la commande petit à petit.

Une partie de la population a été désignée comme prioritaire, soit parce qu’elle est indispensable à la marche du pays, surtout en ces temps potentiellement très troublés, comme les personnels de santé ou les personnes qui tiennent les manettes du pays ; soit parce qu’elle est particulièrement vulnérable. Ainsi, les jeunes enfants, les personnes atteintes de maladies graves ou les femmes enceintes devraient bénéficier des premières doses.

D’après une étude du Centre for disease control (CDC) étatsunien publiée dans le Lancet, les femmes enceintes seraient particulièrement exposées au virus de la grippe A. Les auteurs fondent leurs conclusions sur les cas survenus aux États-Unis au printemps, alors que l’épidémie faisait ses premiers pas.

Elles auraient quatre fois plus de risques que le reste de le population de souffrir de complications nécessitant leur hospitalisation. Sur les 34 femmes enceintes atteintes par le virus entre le 15 avril et le 28 mai aux USA, 11 ont dû être admises à l’hôpital, notamment pour des problèmes respiratoires. Par ailleurs, 6 des 45 personnes mortes entre la mi-avril et la mi-juin étaient des femmes enceintes.

Les échantillons sont faibles, mais les conclusions sont inquiétantes. Aussi, les auteurs préconisent de “traiter rapidement les femmes enceintes atteintes par le virus avec des antiviraux”.

Et pour ne pas avoir besoin de traitement, les femmes qui attendent un bébé peuvent suivre les conseils que prodigue le docteur Mark Porter dans le Times.

Photo : Pensiero

Le regard du poète et le regard du scientifique

Bien qu’ayant suivi un cursus universitaire tourné vers la science et que je m’intéresse beaucoup à l’actualité scientifique, je pense avoir garder un côté littéraire dont je ne peux et ne veux m’en défaire. Surtout dans un domaine qui m’est cher: la poésie. A la découverte de ma surdité m’est souvent posée cette question: « entends tu [...]

Grippe A : le Tamiflu, simple comme un coup de fil ?

L’épidémie de grippe A se propage rapidement en Grande-Bretagne. Jusqu’aux bénitiers. Les autorités anglicanes ont décidé de faire une entorse aux traditions centenaires. Les fidèles ne devront plus boire le vin de messe à même le calice. C’est sans doute plus prudent. Il y aurait outre-Manche, selon la BBC “plus de 100 000 cas [avérés] [suite...]

Ce que le président a loupé aujourd’hui

Passage à l’hôpital oblige, le monde entier est au courant que le président français avait initialement prévu de visiter le Mont Saint-Michel et son nouveau barrage aujourd’hui. Il a tout annulé, mais on y était pour vous.

Et si vous aussi, vous étiez aussi en train de faire votre footing à l’heure de Xenius, vous pouvez toujours revoir l’émission pendant sept jours sur ARTE+7 : www.arte.tv/plus7

Bulles et couleurs de l’espace

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Breaking news sur les cellules souches

Je viens de le twitter, mais cela vaut bien un rapide billet : Nature vient d’annoncer que deux équipes viennent indépendamment de produire des embryons et des souris vivantes, capables de se reproduire, à partir de cellules souches reprogrammées (iPS).

Les cellules souches iPS sont ces fameuses cellules souches obtenues à partir de cellules d’adultes, “reprogrammées” à l’aide de 4 gènes activés artificiellement. Je vous renvoie à mes billets sur Yamanaka et les cellules souches reprogrammées iPS pour en savoir plus. La technique utilisée pour fabriquer les embryons est exactement celle que je décrivais sur cette page : les deux équipes ont fabriqué un trophectoderme (i.e. en gros un placenta) à partir d’un embryon “normal” fusionné au stade deux cellules et ainsi sacrifié, puis ont injecté à l’intérieur les cellules souches reprogrammées iPS. Les cellules souches se sont organisées en embryon et ont donné des souris viables. Néanmoins et sans surprise, la technique doit être encore raffinée car de nombreuses souris ainsi créées sont mortes jeunes.

Evidemment, il faut souhaiter qu’on ne fasse jamais ce genre de choses chez les humains, mais cela signifie aussi que le clonage est vraisemblablement techniquement possible aujourd’hui.

Les perspectives éthiques sont également vertigineuses. Car il semble assez clair maintenant que les cellules souches (reprogrammées ou non) sont équivalentes à un embryon, puisqu’on peut obtenir des cellules souches à partir d’un embryon et désormais des embryons à partir de cellules souches iPS.

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Au Mont Saint-Michel, contre vents et marées

A moins d’un malaise vagal, nous serons bien au rendez-vous demain au Mont Saint-Michel. Parce qu’un projet scientifique spectaculaire vient d’y entrer dans sa première phase active : les ingénieurs veulent sauver l’île qui abrite le Mont Saint-Michel de l’ensablement, en installant un nouveau type de barrage qui régule artificiellement le courant du fleuve Couesnon à son embouchure. C’est ce barrage qui vient d’être mis en service, et que nous allons voir de très près demain.

L’idée est d’utiliser la force du courant et des marées pour chasser les sédiments retenus autour du Mont Saint-Michel. Pour libérer l’île de 3 millions de mètres cube de sédiments qui l’enserrent, les ingénieurs ne feront qu’utiliser la nature en la mettant à leur profit. On leur décerne par avance la palme de l’éco-friendly !

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