Archive for septembre, 2008

Bonsoir, Très intéressant surtout qu’en ce sur Lumière !

Bonsoir,
Très intéressant surtout qu'en ce moment, je me renseigne sur les champs électromagnétiques pulsés que l'on utilise dans certaines maladies pour diminuer les douleurs chroniques, faciliter la récupération du corps face à  la fatigue...Cette technique est aussi utilisée pour la récupération des sportifs de haut niveau. Il semble que ce sont des ondes de basses fréquences qui agissent au niveau des membranes cellulaires favorisant ainsi une meilleure qualité des échanges entre les cellules. As-tu déjà  entendu parlé de cela et si oui, aurais-tu des infos pour moi? Bonne soirée

Feynman sur Cap sur les nanotechnologies

Le "certain Mr Feynman" a été Prix Nobel de Physique en 1965 et c'était un type absolument génial à  tous points de vue. Lisez "Vous voulez rire Mr. Feynman", une autobiographie extraordinaire pour comprendre ce que "curiosité scientifique" veut dire.
Sa présentation "There's Plenty of Room at the Bottom" est effectivement visionnaire à  propos de la miniaturisation. Comme il n'existait à  ma connaissance pas de traduction en français de ce texte très important, je m'y suis attaqué et toute aide pour continuer ce travail est la bienvenue. Voir ici : http://drgoulu.wordpress.com/2008/06/13/il-y-a-plein-de-place-en-bas/

Première chronique sur les blogs de science sur la Radio suisse romande

Qui a réussi à  faire passer Kate McAlpine sur la Radio suisse romande ? Qui a cité Tom Roud et Dr Goulu à  l'antenne (le temps m'ayant manqué pour citer Pablo et Benjamin Bradu qui sont en lien sur le site de l'émission) ? C'est votre serviteur, dans le cadre d'une chronique consacrée aux blogs dans l'émission "Impatience" de la RSR (1ère chaîne). Chronique qui a toutes les chances de devenir mensuelle : voici déjà  le volume de septembre, les suivants seront à  guetter ici-même ou en s'abonnant au flux de l'émission (RSS de ma chronique uniquement - podcast iTunes de l'émission complète) !

Butinage* (12)

Le monde est fouUne attachée de presse d'un opérateur téléphonique m'a confessé qu'il fallait "ralentir le tempo des innovations" ...

Question pour un champion


Imaginons que vous êtes dans une cage, aux barreaux de laquelle je fixe un cylindre d'environ 40 cm de long et 2 cm de diamètre. Ce cylindre possède une seule ouverture en haut par laquelle je passe votre friandise préférée qui tombe donc au fond. Comment la récupérez vous (vous ne pouvez pas renverser le cylindre bien évidemment)? Vous prenez des outils? Vous testez la télékinésie? Regardez plutôt comment s'y prend notre proche cousin le chimpanzé :




Y aviez vous seulement pensé :) ? Genius non?

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Cette vidéo a été tirée par moi-même à  partir de l'emission National Geographic "Ape Genius"

Un mauvais scenario (4)

Bon, réponse à  mon précédent post - on n'est jamais mieux servi que par soi-même - suite à  une petite discussion chez Stoat j'ai trouvé ca (made in Ipcc 2001, j'ai regardé rapidement mais je n'ai pas vu grand-chose de semblable dans l'Ipcc2007), que je me suis empressé de mettre en [...]

The beauty of life

Cette année, j'ai commencé les cours sur le développement, et vraiment c'est quelque chose de superbe. Juste pour vous le montrer, j'ai réussi à  trouver une vidéo vue en cours sur le développement de Xenopus laevis, autrement appelé Xénope, amphibien anoure d'Afrique australe.

Xénopus laevis

Sur cette vidéo, vous pourrez voir toutes les étapes du développement de la cellule oeuf jusqu'à  l'éclosion du petit têtard de xénope. On assiste notamment à  la phase de clivage, correspondant aux nombreuses divisions cellulaires synchrones de la cellule (2,4,8,16...cellules) , ensuite nous avons la gastrulation avec la mise en place des différents feuillets embryonnaires (endodermes, ectodermes, mésodermes), la neurulation avec mise en place du système nerveux et enfin l'organogénèse avec la structuration des organes et des tissus.
Même si vous n'avez strictement rien compris aux mots que je viens d'employer vous pouvez toujours apprécier cette vidéo juste en admirant la précision, la beauté et l'exactitude avec laquelle la nature crée un nouvel être vivant.



Malgré mes recherches je n'ai réussi à  trouver que cette vidéo sur laquelle quelqu'un a eu la "brillante" idée de rajouter une musique...Sorry for that.



Pour plus de détails ou pour les questions, je vous conseille quelques sites comme wikipédia, ou alors contactez moi pour plus de détails :)
Enjoy.

Un beau texte sur Turing

Vincent Fleury m’a envoyé un texte sur Turing qu’il a écrit pour le compte d’un numéro de la revue franco-portugaise Sigila.
Comme je l’ai trouvé très intéressant, et avec l’accord des concernés, je vous propose de le télécharger et de le lire ici :

cliquez sur ce lien.

La revue a pour thème “le secret” en général, et Fleury aborde la vie et l’oeuvre de Turing sous cet angle.
Fleury revient dans une première partie sur le décodage (par Turing entre autres) du langage ENIGMA, utilisé par les nazis dont je n’avais pas du tout parlé dans le billet précédent. Il revient ensuite sur le thème de “la machine pensante”, expliquant notamment pourquoi les architectures des ordinateurs actuels rendent difficile (voire impossible) la simulation de la pensée. Enfin, la dernière partie sur le test de Turing est l’occasion d’un exercice philosophique d’uchronie : et si Turing avait été arrêté avant de publier son article sur son fameux test ?

Extrait :

A titre d’exercice intellectuel, supposons qu’Alan Turing ait été emprisonné en 1950, et que son article sur l’intelligence des machines soit paru en 1952. Cette simple inversion de dates (1950«1952) provoque un retournement complet de l’analyse du fameux test de Turing. Comment se retournement s’opère-t-il? Le test de Turing commence par un exemple visant à  déterminer non pas si une machine est intelligente ou pas, mais si un être humain est homme ou femme. Ainsi, on doit, selon Turing, placer un homme et une femme dans une pièce fermée, et leur poser des questions jusqu’à  pouvoir affirmer A est la femme et B est l’homme. A et B sont supposés tromper leur juge. Mais, Turing était homosexuel. Le problème d’identification du genre était son problème à  lui : il n’était pas d’un genre défini par les canons de la société de son temps. Enfermé dans une pièce, et répondant à  des questions, qu’aurait-il répondu? Qu’auraient pensé les interlocuteurs? Il faut préciser que le test de Turing (s’agissant d’un test du genre comme d’un test d’intelligence) suppose que l’homme, dans le premier cas, la machine dans le second, trompe constamment, ou essaie de tromper l’interlocuteur. Turing appelle son test le Jeu de l’Imitation. Or, quoi de plus enfoui dans Alan Turing, que le fait de faire constamment semblant, de dresser des paravents entre lui et les autres, entre lui et sa mère, lui et les militaires, etc.


Référence :

Vincent Fleury : Alan Turing, une vie de secrets, dans Science et secrets “ Ciência e segredos
printemps - été 2005

Vous avez dit Force ?

Je viens d'acquérir un dictionnaire que je vous conseille vivement : le dictionnaire de physique de Richard Taillet, Loà¯c Villain et Pascal Febvre édité chez De Boeck, il vient juste de paraître. Il y a plus de 5300 définitions de physique succinctes mais suffisantes [...]

Il aura peut-être le Nobel : Shinya Yamanaka

Si les cellules souches artificielles tiennent leurs promesses, je ne vois pas comment le Nobel pourra échapper à  Shinya Yamanaka, comme je l’expliquais en mars dernier. L’occasion de revenir sur les développements récents de ce domaine.

Petit rappel pour commencer (on pourra aussi consulter cette page) : Yamanaka est l’inventeur d’un concept qui est aussi devenu une méthode, les cellules souches iPS (pour “induced pluripotent stem cells”, cellules souches pluripotentes induites). La méthode consiste à  introduire dans le génome des cellules un cocktail de gènes, qui vont permettre de littéralement “reprogrammer” une cellule adulte afin de la faire revenir à  l’état “initial” de toutes les cellules, celui de cellule souche.

L’intérêt est scientifique, mais aussi, sur le long terme thérapeutique : on peut imaginer par exemple soigner beaucoup de maladies dégénératives en reprogrammant des cellules pour reconstituer un organe abimé ou déficient (moelle osseuse, cerveau, pancreas, etc …).

Le domaine est en plein boom, ce qui suscite d’ailleurs quelques interrogations légitimes . Deux événements récents sont à  rappeler :
- tout d’abord, les rumeurs qui courent depuis une dizaine de mois se sont confirmées : l’équipe de Doug Melton à  Harvard a utilisé une stratégie tout à  fait similaire à  celle de Yamanaka pour transformer une cellule adulte en autre type de cellule adulte, sans passer par le stade cellule souche. En l’occurence, des cellules du pancreas en cellules productrices d’insuline (on voit tout de suite l’intérêt thérapeutique pour le diabète, via Oldcola). C’est une grosse avancée car cela apporte d’abord une preuve de faisabilité de la reprogrammation directe de cellules adultes et ensuite cela “court-circuite” le gros problème de la redifférentiation des cellules souches qu’on ne sait pas contrôler.
- autre événement d’importance, signalé par Enro : l’université de Kyoto a obtenu le premier brevet sur la méthode de reprogrammation des cellules souches iPS (voir cette brève de Nature). La volonté affichée par l’université de Kyoto est de posséder le brevet pour permettre à  tout le monde de travailler librement sur ce mécanisme :

Hayashi says the university does not plan to restrict others from doing iPS cell research. Rather, it wants to ensure that people, including Yamanaka, are not restricted by other patents and can freely use iPS cell technology. “We want to remove any potential obstacles to the quick clinical application of iPS technology,” Hayashi says. “We are not trying to confine its use.”

Hayashi (NDTR : membre du bureau pour l’application des recherches sur les cellules souches à  Kyoto) affirme que l’université ne veut pas empêcher d’autres recherches sur les cellules souches iPS. Au contraire, elle veut s’assurer que les chercheurs, y compris Yamanaka, ne se retrouvent pas coincés par d’autres brevets et peuvent librement utiliser la technologie des cellules iPS. “Nous voulons abattre tous les obstacles potentiels à  une application clinique rapide de la technologie iPS, nous ne voulons pas restreindre son usage”.

Des demandes ont été faites auprès du bureau international des brevets, incluant plus ou moins toute forme de reprogrammation à  tous les stades (je suppute par exemple que la méthode de Melton serait couverte par le brevet …). Il est clair que Yamanaka et son équipe sont les vrais inventeurs de cette technique, donc ce brevet est tout à  fait légitime, mais ce qui me laisse songeur est qu’il soit nécessaire de déposer un brevet pour empêcher d’autres gens d’en déposer à  des fins plus lucratives. J’aime cette vision de la recherche où les grosses universités publiques ont les finances et les reins nécessaires pour déposer des brevets afin que tous puissent librement exploiter leurs recherches fondamentales, ce qui contraste pas mal avec une vision où des instituts privés cherchent à  se financer par le dépôt de ces mêmes brevets…

Maintenant, pour être tout à  fait honnête, je ne pense pas que Yamanaka ait le prix Nobel cette année : d’abord la technologie n’est pas encore assez mature à  mon avis, ensuite, le domaine des cellules souches a déjà  été récompensé l’an dernier.

Classement des Joueurs de Tennis (suisses)

A

Cinquantenaire de l’Institut des hautes études scientifiques

J'ai eu la chance de participer au cinquantenaire de l'Institut des Hautes études scientifiques (Bures s/Yvette) ;sans doute un des plus importants centres au monde en mathématiques et en physique mathématique, animé par Jean-Pierre Bourguignon. Toutes les conférences étaient intéressantes, j'enmentionnerais deux.J'avais déjà  évoqué dans ce blog  MarcChemillier et les "ethnomathématiques" ; il nous parlé du Vanuatu (ex- Nouvelles Hébrides), et des artistes qui y dessinent des tortues sur le sable, voir la vidéo :     Un cycle d'Euler autrement plus compliqué que celui de l'enveloppe ! Mais il respecte lui aussi la règle - un graphe peutêtre dessiné sans lever la main si et seulement s'il possède zéro ou deux sommets d'ordre impair (celui duquel on part et celui auquel on arrive; si c'est le même point de départ et d'arrivée ily a 0 sommet d'ordre impair ; pour les sommets qui ne sont ni point de départ ni point d'arrivée, on y arrive et on en repart à  chaque fois, donc ils sont forcément d'ordre pair). 
La conférence d'Etienne Ghys était totalement nouvelle pour moi - le titre en était alléchant « 3264 » (lire  cette conférence sur la page d'E.Ghys). Il s'agissaitprincipalement de coniques (la conique correspond à  la coupe d'un sablier par un plan : ce peut être une ellipse, une parabole ou une hyperbole). Il nous a rappelé un résultat de Chasles(1793-1880) : il existe 3264 coniques tangentes à  cinq coniques données dans un plan ! Ces coniques peuvent être réelles ou complexes ;  les mathématiciens ont cherché à savoir lesquelles pouvaient être réelles.Dessin Etienne GhysEn 1997, Les mathématiciens Ronga, Tognoli et Vust ont exhibé un cas où ces 3264 coniques sontréelles (chacune des arêtes d'un pentagone supporte une hyperbole, cf. figure). En 2005, un jeune mathématicien français, Jean-Yves Welschinger, a démontré, pour les tangentes à  cinq ellipses nonsécantes dans un plan, qu'il existait au moins 32 coniques réelles tangentes (qu'on peut effectivement dessiner), et a démontré l'optimalité de son théorème : il en existe au moins 32 pourtoute configuration des ellipses, mais il y a des configurations où il n'y en a qu'effectivement 32...Ghys a qualifié ce résultat de « beau théorème » au sens que luidonnait Hilbert : 1) simple à  énoncer ; 2) faisant suite à  une longue histoire (c'est la cas après les coniques de Gauss et de Chasles) ; 3) faisant appel à  des méthodes nouvelles(Welschinger utilise la méthode des jauges, inspirée de la physique théorique récente ; nul doute que Chasles ignorait cette méthode, idem. Fermat & Wiles) ; 4) engendrant denouveaux développements possibles (c'est le début d'une « géométrie énumérative réelle »).Une belle après-midi, avec de nombreux collégiens et lycéens, montrant des mathématiques vivantes et animées.

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