Archive for mars, 2007

Reed Elsevier: l’union improbable des armes et de la santé.

Elsevier is proud to be part of the science and health communities and to participate in the advancement of these fields. By delivering world-class information and innovative tools to researchers, students, educators and practitioners worldwide, Elsevier helps them become increasingly more productive in their work. It makes substantial investments of capital and resources, which are required to manage the complex processes and innovations that serve the needs of the global science and health communities.

 

En trois lignes, et en français, Elsevier, imprimeur de plus de 2000 revues scientifiques, est donc fier d’appartenir aux communautés scientifique et  de la santé. De les aider à être plus performantes en leur apportant informations et investissements financiers. L’une de ses revues phares est The Lancet, que certains d’entre vous connaissent probablement. Le pôle éditions scientifiques est l’un des plus lucratifs de la firme.

Bizarrement, sur son site, Elsevier ne mentionne pas sa participation à l’organisation de ventes d’armes, comme le Salon des technologies militaires.

Ceci avait été dénoncé pour la première fois, dans le Lancet, justement, en septembre 2005 (!!!) au travers d’un Editorial. Les scientifiques, qui trouvaient en effet cette double casquette un peu contradictoire, voire cynique réclamaient la fin de cette implication.  Mais cette lettre est resté…morte.

Cet élément refait surface en ce printemps 2007 dans le British Medical Journal. Et comme j’apprends tout seulement maintenant…je vous transmets l’information.

 

Certes je trouve ceci très cynique. Cependant, un gouvernement qui, d’une main dépense des millions pour la santé, la recherche, et de l’autre  engrange bien plus via le commerce des armes, l’est-il  moins ? Mais c’est mon côté idéaliste qui s’exprime, je m’égare…

 

Revenons-en à nos moutons : en attendant que les armes soient éradiquées de la planète, qu’il n’y ait plus de guerres et tout et tout, vous pouvez faire un tour sur ce site de Nick Gill (un chercheur mathématicien). Vous y trouverez notamment des liens vers des pétitions. Petit à petit…

Dissonance cognitive

Reçu le 23 mars par la newsletter A :

nombreux sont les personnels de l’organisme régulièrement sollicités pour s’exprimer
dans les médias. Il convient de rappeler, là  aussi, que l’affiliation au CNRS doit être la règle dès lors
que les personnels sont sollicités pour leur domaine de compétences. Inversement, un personnel
s’exprimant, en tant que citoyen, en dehors de son champ de compétences, ne doit pas engager
l’organisme.

Message de la Présidente et du Directeur général aux personnels du CNRS, courrier daté du 22 mars 2007

Reçu le 23 mars par la newsletter B :

Présidentielle : les intellectuels ont un programme

Un vidéoblog dans lequel chaque jour un chercheur ou un universitaire s’invite dans le débat présidentiel. [ ]

Le 20 mars 2007, c’était au tour d’Alain Trautmann, biologiste chercheur au CNRS, ancien porte-parole du collectif Sauvons La Recherche, d’intervenir à  propos de la recherche. La nouvelle idée proposée par Alain Trautmann est la mise en place d’un impôt européen destiné à  financer la recherche à  l’échelle européenne.

Reviens, Max !

Droit (?) à  la santé.

Sujet de réflexion du week-end. En 1946, la constitution de l’OMS disait déjà que « La possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale." Ceci a été repris ensuite dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. (Ce site est une mine d’informations sur le sujet).

 

En pratique, le conflit d’intérêts entre droit à la santé et objectifs financiers des laboratoires pharmaceutiques complique un chouïa la situation… (J’avais abordé le sujet ici).

 

Un nouvel exemple, rapporté par Le Monde hier, avec la progression dans les pays en voie de développement des formes multi-résistantes de tuberculose : ainsi, les traitements actuels ne permettent de guérir qu’un patients sur deux ! D’où la nécessité de tester et valider de nouveaux antibiotiques dans cette indication.  Mais il faut investir financièrement, pour des populations peu ou non solvables. Seules des directives émanant de l’OMS ou des gouvernements peuvent faire avancer le schmillibilick. A suivre…

Effets (peut-être pas si) paradoxaux de l’excitation neuronale

Ce billet sera peut-être compléter par la suite, mais je ne pouvais attendre pour vous faire partager ce travail paru dans Neuron  le 15 Février (et je ne le découvre que maintenant !!!). 

Le glutamate est un neuromédiateur excitateur du système nerveux central. Un peu l’opposé du GABA, quoi. Il a plusieurs types de récepteurs, dont les recepteurs NMDA, qui sont des canaux calciques. Et ces récepteurs sont un peu Dr Jekyll et Mr Hyde (d’autres m’ont piqué la formule avant que je ne l’emploie, mais tant pis…).

Ainsi, leur stimulation peut:

     1)      provoquer la mort cellulaire: pas top (quoi que ça se discute…mais bon. on va dire pas top quand même).

 Ou bien

    2)      favoriser la survie neuronale, certains processus de mémorisation etc. Donc tout bénef…

Comme dit l’autre, c’est pas pareil. Comment explique ce paradoxe? Un débat faisait rage. Certains pronaient un différence de degré d’activation des récepteurs. D’autres invoquaient la localisation de ces derniers. Ils peuvent en effet être synaptiques, ou extra-synaptiques. (Forcément me direz-vous: quand on n’est pas dehors, c’est qu’on est dedans).

Et bien les auteurs ont fait une fort jolie étude. Ils ont activé spécifiquement les récepteurs extra-synaptiques ou synaptiques (rien que ça, déjà, c’est pas mal!). Puis ont identifié dans chaque cas, les gènes spécifiquement exprimés lors de l’activation de ces récepteurs NMDA. Et quelle ne fut pas leur surprise (Enfin, avouons qu’ils avaient quand même une petite idée sur la question)!

     1) Lors de la stimulation des récepteurs synaptiques, les gènes surexprimés étaient impliqués dans la neuroprotection. Au passage, ils ont même même montré que deux gènes dont la fonction n’était pas connue, jouait un rôle dans cette protection. (Joli!)

   

     2) Lors de la stimulation des récepteurs extra-synaptiques, les gènes surexprimés étaient impliqués dans la mort cellulaire.

Et voili, voilou! Une nouvelle avancée! Bon, je pourrais détailler un peu plus, mais là tout de suite maintenant, je suis coincée par le temps…Si vous en exprimez la demande, je m’épancherai plus avant.  Sinon, changement de sujet au prochain billet!

 

(1) Decoding NMDA receptor signaling: identification of genomic programs specifying neuronal survival and death. Zhang, S.-J. et al. Neuron 53, 549–562 (2007).

Energie sombre

Matthieu nous avait parlé il y quelques semaine de la matière noire. Elle constituerait en fait 85% de la totalité de matière de l’univers, et se distingue de la matière baryonique par son indifférence au rayonnement électromagnétique. (quelle snob !). Par contre, toutes deux sont soumises aux lois de la gravitation.

Dans le numéro de mars de Pour la Science,  Cristopher Conselice aborde non seulement la matière noire ou sombre, mais l’énergie sombre, dark energy ! 

 

La nature de celle-ci est mal connue : on pourrait l’assimiler à une sorte de « fluide », qui serait présent même en l’absence de toute  matière.

Les arguments en faveur de cette énergie sont multiples. Par exemple, le calcul de la densité du fond diffus cosmologique donne des valeurs supérieures à la somme de densité des matières noire et baryonique. La différence pourrait s’expliquer par cette énergie sombre, dont la densité et la valeur sont supposées constantes dans les modèles « simples ». Elle serait une force contribuant à la gravité, exerçant une pression négative. 

Pour les matheux, physiciens : si j’ai bien compris, dans l’équation de la relativité générale, la constante cosmologique peut soit être partie intégrante des propriétés de l’espace-temps, soit si on la place dans l’autre bras de l’équation, être la représentante du vide cosmologique. Ce serait cette énergie sombre.  

Elle pourrait expliquer quatre phénomènes, que les observations ont montré avoir été concomitants :

1)     L’arrêt de la fusion des galaxies

2)     La stabilisation de leur forme : elles sont irrégulières lorsqu’elles fusionnent beaucoup, puis deviennent spirales ou elliptiques

3)     Le ralentissement de la formation des étoiles, résultant de la collision des nuages de gaz galactiques

4)     L’endormissement des trous noirs, alimentés par ces gaz galactiques

Et même l’accélération de l’expansion de l’univers !

Voici comment : ces phénomènes, pour être intenses, nécessitent une densité de matière, et donc des forces gravitationnelles, importantes. Parallèlement à l’expansion de l’univers, il y a eu diminution de cette densité de matière, qui s’est « diluée ». Et donc une inversion du rapport énergie sombre/ matière au profit de la première. Du coup, lorsque la densité de la matière est devenue inférieure à celle de l’énergie sombre,  le taux d’expansion de l’univers s’est accéléré ! Et la probabilité de fusion des galaxies et de formation des étoiles etc a diminué… 

Reste maintenant à confronter ces hypothèses à la réalité. Et ceci passera par un recensement exhaustif des galaxies…Y’a encore du boulot !  

Anarchy in the UK

Après une journée passée à  tenter (en vain) de comprendre/respecter/appliquer les trois différents codes d’éthique qui traînent sur ma table (1, 2, 3), il me fallait un exutoire :

Paul Feyerabend

Je me sens déjà  mieux.

Anarchy in the UK

Beaucoup mieux même.

, , ,

Enfin un sondage intéressant !

Le site web de Sciences et Avenir (et hop l'autopromo !) a révélé les résultats décoiffants d'un sondage sur l'attitude ...

Brèves (2)*

Plutôt que de nourrir les pigeons, la mairie de Paris propose aux personnes âgées, souvent coupables de donner quelques grains ...

110 - Fin de la science

Même si la fin de la science n' a pas connu le succès international de la fin de l'Histoire, de Francis Fukuyama, elle a tout de même énervé pas mal de monde et connu, du coup, un certain...

110 - Fin de la science

Même si la fin de la science n' a pas connu le succès international de la fin de l'Histoire, de Francis Fukuyama, elle a tout de même énervé pas mal de monde et connu, du coup, un certain succès.

Présidentielle : cafouillage sur les chiffrages

Le chiffrage des programmes présidentiels a fait couler pas mal d'encre. Petit décryptage sur l'exemple de la recherche.

UMP, PS ...

Brouillon

Ce weekend, je m’offre une porte ouverte : de l’utilité des brouillons.

Je peine à  imaginer le raisonnement qui a pu aboutir à  ce que l’enseignement secondaire et supérieur ne valorise pas plus le principe du brouillon. Les enseignants préconisent certes la rédaction au brouillon comme préalable à  la rédaction au propre, mais leur rôle se limite à  ce conseil de bon sens. Jamais ne s’immiscent-ils entre le premier jet et la copie finale, alors qu’une première correction apporterait tant au résultat final.

Howard Becker en parle dans Writing for Social Scientists quand il explique que l’enseignement privilégie le quitte ou double : on ne joue qu’une fois ses idées, la première correction est aussi la dernière. L’échange est unique, la balle n’effectue qu’un seul aller-retour sur la table.

Pourtant, tout le reste de notre existence sera basé sur un mécanisme essai/erreur. Sauf peut-être les demandes de financement et le saut en parachute).

Vivent les brouillons écrits sur les verso de pages de garde.

brouillon.jpg

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