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	<title>Commentaires sur : Du prépuce à  la santé publique</title>
	<link>http://www.cafe-sciences.org/?p=363</link>
	<description>Communauté de blogs de science en français</description>
	<pubDate>Tue, 07 Sep 2010 11:51:06 +0000</pubDate>
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		<item>
		<title>Par : Fabrice</title>
		<link>http://www.cafe-sciences.org/?p=363#comment-37</link>
		<dc:creator>Fabrice</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Dec 2007 08:25:12 +0000</pubDate>
		<guid>http://www.cafe-sciences.org/?p=363#comment-37</guid>
		<description>Bonjour Elifsu,

Merci de ta réponse. Je comprends tout à  fait le point de vue que tu affiches, qui est le point de vue du biologiste. Mon point de vue est celui d'un doctorant/chercheur en psychologie sociale qui essaye de comprendre le fonctionnement humain. Une des applications de ma discipline est justement la communication de prévention. Un de mes collègues travaille justement sur la communication préventive en matière de SIDA. On a eu l'occasion d'en parler (en cours, d'abord, puis dans un cadre moins formel) et il est impressionnant de voir qu'aujourd'hui, en 2008, la majorité des gens pensent encore que le SIDA est (quasiment exclusivement) une maladie d'homosexuels et de toxicomanes. 
C'est pour cela que je m'indigne de voir un rapport scientifique, destiné aux citoyens, alimenter ce stéréotype. Je ne doute pas que d'un point de vue de la virologie, les homosexuels et les toxicomanes sont des populations à  risques. Mais du point de vue de l'information, ce genre de précision mets un frein aux stratégies de communications préventives. Quitte à  préciser que les homosexuels hommes et les héroà¯nomanes sont des populations à  risques, autant préciser pourquoi : la transmission par le sang, et les micro-traumatismes des muqueuses dues à  la sodomie. 
D'ailleurs, au niveau des précisions du genre "la probabilité dâ€™attraper le VIH nâ€™est pas la même pour les 2 personnes en cas de sodomie, suivant leur 'position'", il faudrait aussi préciser que, pour des raisons similaires, la probabilité de transmission du VIH de l'homme vers la femme dans un rapport hétérosexuel est plus grande que la probabilité de transmission de la femme vers l'homme. 
En définitive, je serais plus favorable à  une précision qui concerne le comportement, plutôt que les populations. En d'autres termes, tant qu'à  être précis, je préfèrerais qu'il soit dit que la pénétration anale est un comportement à  risque (indépendamment du sexe de la personne, d'ailleurs) plutôt que de stigmatiser les homosexuels hommes.

Je te remercie encore de ta réponse. Bonne journée.

Fabrice.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour Elifsu,</p>
<p>Merci de ta réponse. Je comprends tout à  fait le point de vue que tu affiches, qui est le point de vue du biologiste. Mon point de vue est celui d&#8217;un doctorant/chercheur en psychologie sociale qui essaye de comprendre le fonctionnement humain. Une des applications de ma discipline est justement la communication de prévention. Un de mes collègues travaille justement sur la communication préventive en matière de SIDA. On a eu l&#8217;occasion d&#8217;en parler (en cours, d&#8217;abord, puis dans un cadre moins formel) et il est impressionnant de voir qu&#8217;aujourd&#8217;hui, en 2008, la majorité des gens pensent encore que le SIDA est (quasiment exclusivement) une maladie d&#8217;homosexuels et de toxicomanes.<br />
C&#8217;est pour cela que je m&#8217;indigne de voir un rapport scientifique, destiné aux citoyens, alimenter ce stéréotype. Je ne doute pas que d&#8217;un point de vue de la virologie, les homosexuels et les toxicomanes sont des populations à  risques. Mais du point de vue de l&#8217;information, ce genre de précision mets un frein aux stratégies de communications préventives. Quitte à  préciser que les homosexuels hommes et les héroà¯nomanes sont des populations à  risques, autant préciser pourquoi : la transmission par le sang, et les micro-traumatismes des muqueuses dues à  la sodomie.<br />
D&#8217;ailleurs, au niveau des précisions du genre &#8220;la probabilité dâ€™attraper le VIH nâ€™est pas la même pour les 2 personnes en cas de sodomie, suivant leur &#8216;position&#8217;&#8221;, il faudrait aussi préciser que, pour des raisons similaires, la probabilité de transmission du VIH de l&#8217;homme vers la femme dans un rapport hétérosexuel est plus grande que la probabilité de transmission de la femme vers l&#8217;homme.<br />
En définitive, je serais plus favorable à  une précision qui concerne le comportement, plutôt que les populations. En d&#8217;autres termes, tant qu&#8217;à  être précis, je préfèrerais qu&#8217;il soit dit que la pénétration anale est un comportement à  risque (indépendamment du sexe de la personne, d&#8217;ailleurs) plutôt que de stigmatiser les homosexuels hommes.</p>
<p>Je te remercie encore de ta réponse. Bonne journée.</p>
<p>Fabrice.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : elifsu</title>
		<link>http://www.cafe-sciences.org/?p=363#comment-34</link>
		<dc:creator>elifsu</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Dec 2007 22:32:22 +0000</pubDate>
		<guid>http://www.cafe-sciences.org/?p=363#comment-34</guid>
		<description>réponse à  Fabrice

Merci à  vous, Fabrice d'avoir soulevé autant de questions interessantes ! Je vais réagir sur une partie de ce que vous dites.

    ""The findings from the African studies may have less impact on the epidemic in the United States for several reasons. In the United States, most men have been circumcised. Also, there is a lower prevalence of HIV. Moreover, most infections among men in the United States are in men who have sex with men, for whom the amount of benefit provided by circumcision is unknown.

"Sur le coup, jâ€™ai trouvé cette â€œprécisionâ€ très choquante.""

Je pense qu'il n'y a non seulement pas de quoi être choqué de ces mots, mais encore il faut s'en féliciter !

Je vais essayer d'expliquer pourquoi (désolée, c'est un peu long...).

Je commence par préciser que moi aussi, baignant dans le dogme français anti-communautarismes, la première fois que j'ai vu des colonnes différentes pour les Blancs et les Noirs dans un papier traitant de la consommation d'antibiotiques aux EU, j'ai été super étonnée. Mais vu que cette précision apportait de vraies infos (les Noirs vont moins souvent chez le médecin, et prennent moins d'antibiotiques que les Blancs, même quand on contrôle les autres facteurs (âge, localisation, etc), ce qui veut dire 1/ ils sont moins bien pris en charge médicalement aux EU, et on s'en doutait, mais c'est tjs important de surveiller ce type de choses, 2/ il y a des chances qu'ils aient moins de bactéries résistantes aux antibiotiques--à  vérifier--), j'ai fini par m'habituer et à  trouver ça super intéressant. Il y a plein de domaines de recherche, ne serait-ce qu'en santé, où les données "ethniques" seraient super utiles. Même en France, évidemment, mais ça passe pas (pour l'instant)

Sur la question des populations à  risque sur le VIH/SIDA. J'ai failli, dans les années 80-90 penser, parce que c'est ce qui se disait, que c'était surtout les hommes homosexuels et les usagers de drogues par seringue qui présentaient la prévalence la plus importante de VIH/SIDA (note à  insérer ici : bon j'arrête de mettre VIH et SIDA ensemble, ce sera sous-entendu dans les prochaines occurances de l'un ou l'autre des termes). Mais j'ai eu le cerveau efficacement lavé par une espèce de "bien-pensitude", de "politiquement correctitude" (et je suis pourtant beaucoup moins moqueuse du "politically correct" que l'on l'est généralement en France), et je me suis bien gardée de penser ça, sans doute aussi parce que je suis de gauche, et entourée de gens de gauche. En me justifiant avec la "science" : c'est un virus, c'est transmissible, tout le monde peut l'avoir. J'ai vraiment, et très sincérement, et très profondément oublié le lien HIV/Homos et HIV/seringue (c'est démodé, l'héro).

Oui, mais non. Je viens de (re)découvrir qu'aujourd'hui le VIH touche beaucoup plus les homosexuels masculins, et/ou les toxicomanes (à  seringue), la proportion dépendant de la région du globe. Et ça, ça m'a choquée. Non pas que l'on sache (et écrive) cela, mais que je ne le sache pas avant, alors que 1/ j'ai suivi d'assez près la presse générale ces 20 dernières années, 2/ j'ai fait des études de biologie pendant 10 ans, 3/ je fais de la recherche depuis près de 8 ans (dont 5 ans dans un labo de virologie où personne ne travaillait sur le VIH). Je pense que ne pas voir les faits par aveuglement dogmatique, même avec les meilleures intentions du monde, c'est dangereux. Pour un scientifique, c'est sûr, mais aussi plus généralement pour n'importe quel citoyen responsable.

Regardons de près le paragraphe que tu cites. Je pense avoir déjà  répondu plus à  ce que tu croyais (et moi aussi) n'être  que "croyance" et "stéréotypes". Ca n'en sont donc pas. Je vais maintenant essayer d'expliquer pourquoi je trouve cela important que ces recherches aient été faites, et pourquoi c'est important de pouvoir communiquer dessus.

Il est important, autant de point de vue de recherche fondamentale, que d'un point de vue de santé publique (vu le sujet ici), de comprendre le plus grand nombre de paramètres possible concernant une infection (le VIH) et une maladie (le SIDA). Cette remarque très générale ne peut qu'être consensuelle, non ? En tant qu'humains doués de cerveaux à  potentialités plutot importantes, et ayant depuis des millénaires travaillé pour en arriver là  où en est arrivé en terme de maîtrise de notre environnement et de nos destins, on peut au moins exiger ça, non ? Donc l'humain veut comprendre les infections virales qui l'affectent, on est tous d'accord (recherche fondamentale). Et en plus il veut les maîtriser (santé publique). La questions est maintenant de savoir quelles questions il a le droit de se poser. Ben...toutes ! ... celles 1/ qui sont pertinentes 2/ dont l'étude ne nécessite pas de pratique contraire à  la dignité humaine (et on peut rajouter n'abîme pas inutilement son environnement et les vivants qui le peuplent). La pertinence d'un sujet de recherche peut être assez difficile à  évaluer de prime abord, mais dans le cas qui nous concerne, une affection qui a d'abord concerné les homosexuels masculins et les toxicomanes (à  seringue), la pertinence est évidente : on se doit d'être capable de savoir si le VIH concerne toujours de façon plus importante ces catégories de population, et quelles évolutions il a subi. Surtout que répondre à  cette question ne nécessite pas de technique invasive ni humiliante, il suffit d'enquêter correctement, poser des questions qui pourraient en fâcher certains, mais qui me paraissent justifiées à  l'égard de la gravité de la question. Ce type de recherche, visant à  comprendre la dynamique de l'épidémie et les populations touchées, est donc tout à  fait indispensable.

Maintenant, doit-on l'écrire "en toutes lettres" dans un rapport officiel ? Là  encore, je dis oui, sans hésitation. Je ne vais quand même pas plaider pour l'opacité des chercheurs vis-à -vis du public et des pouvoirs politiques. Je ne vois pas trop ce qui pourrait justifier cela. Alors que j'ai des arguments pour justifier la transparence : elle doit être, à  mon avis, un des buts (et moyen) que la recherche scientifique doit se donner. Pas moins que ça. La recherche scientifique doit se permettre de faire de la recherche y compris sur des sujets tabous, et aider la société des humains à  s'en défaire (des tabous et autres interdits). Les garde-fous (on ne doit pas pouvoir faire n'importe quoi, n'importe comment, hein !) doivent être ailleurs. Ne me demandez pas où, 1/ on s'éloigne du sujet 2/ vaste sujet, largement étudié, je n'ai pas de réponse immédiate. Donc non seulement, la recherche scienfique doit se permettre de faire les recherches qu'elle (il y a plein de "vérifications internes", le jugement des pairs, etc, et on doit de plus en plus aller vers une co-production des savoirs avec la société, cf Callon) juge interessantes, mais en plus par son attitude de transparence, elle doit servir de modèle à  toutes les autres activité humaines. Oui à  la glasnost généralisée !

Enfin, la question des chercheurs blancs-riches-occidentaux-venant-des-anciens-pays-colonisateurs-aujourd'hui -démocratiques débarquant en Afrique faire des expériences sur les noirs-pauvres-affamés-malades-souvent-opprimés-par-leurs-régimes. Peut choquer au premier abord, mais cela n'est-il pas au contraire la moindre des choses que l'occident sus-qualifié doit apporter à  l'Afrique ?

Et une info "choquante" pour la route : la probabilité d'attraper le VIH n'est pas la même pour les 2 personnes en cas de sodomie, suivant leur "position" (je sais pas comment dire ;-)). Non seulement la question a été posée, mais en plus la recherche a été faite, et la réponse publiée !

elifsu
PS/ consciente que j'ai pas répondu sur
1/ la campagne publicitaire de l'inserm. Diffile de savoir quel type de campagne et de messages vont donner le résultat escompté. Réaction/contre-réaction du public...(faire ce qu'on me dit ou le contraire, justement)
2/ les sous-questions des recherches menées par les occidentaux en afrique. Vraies questions dont je ne connais pas les réponses. D'accord dans le fond : certaines manips ne passeraient pas les comité d'éthique occidentaux; oui la recherche apporte parfois un suivi de santé insuffisant par ailleurs...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>réponse à  Fabrice</p>
<p>Merci à  vous, Fabrice d&#8217;avoir soulevé autant de questions interessantes ! Je vais réagir sur une partie de ce que vous dites.</p>
<p>    &#8220;&#8221;The findings from the African studies may have less impact on the epidemic in the United States for several reasons. In the United States, most men have been circumcised. Also, there is a lower prevalence of HIV. Moreover, most infections among men in the United States are in men who have sex with men, for whom the amount of benefit provided by circumcision is unknown.</p>
<p>&#8220;Sur le coup, jâ€™ai trouvé cette â€œprécisionâ€ très choquante.&#8221;"</p>
<p>Je pense qu&#8217;il n&#8217;y a non seulement pas de quoi être choqué de ces mots, mais encore il faut s&#8217;en féliciter !</p>
<p>Je vais essayer d&#8217;expliquer pourquoi (désolée, c&#8217;est un peu long&#8230;).</p>
<p>Je commence par préciser que moi aussi, baignant dans le dogme français anti-communautarismes, la première fois que j&#8217;ai vu des colonnes différentes pour les Blancs et les Noirs dans un papier traitant de la consommation d&#8217;antibiotiques aux EU, j&#8217;ai été super étonnée. Mais vu que cette précision apportait de vraies infos (les Noirs vont moins souvent chez le médecin, et prennent moins d&#8217;antibiotiques que les Blancs, même quand on contrôle les autres facteurs (âge, localisation, etc), ce qui veut dire 1/ ils sont moins bien pris en charge médicalement aux EU, et on s&#8217;en doutait, mais c&#8217;est tjs important de surveiller ce type de choses, 2/ il y a des chances qu&#8217;ils aient moins de bactéries résistantes aux antibiotiques&#8211;à  vérifier&#8211;), j&#8217;ai fini par m&#8217;habituer et à  trouver ça super intéressant. Il y a plein de domaines de recherche, ne serait-ce qu&#8217;en santé, où les données &#8220;ethniques&#8221; seraient super utiles. Même en France, évidemment, mais ça passe pas (pour l&#8217;instant)</p>
<p>Sur la question des populations à  risque sur le VIH/SIDA. J&#8217;ai failli, dans les années 80-90 penser, parce que c&#8217;est ce qui se disait, que c&#8217;était surtout les hommes homosexuels et les usagers de drogues par seringue qui présentaient la prévalence la plus importante de VIH/SIDA (note à  insérer ici : bon j&#8217;arrête de mettre VIH et SIDA ensemble, ce sera sous-entendu dans les prochaines occurances de l&#8217;un ou l&#8217;autre des termes). Mais j&#8217;ai eu le cerveau efficacement lavé par une espèce de &#8220;bien-pensitude&#8221;, de &#8220;politiquement correctitude&#8221; (et je suis pourtant beaucoup moins moqueuse du &#8220;politically correct&#8221; que l&#8217;on l&#8217;est généralement en France), et je me suis bien gardée de penser ça, sans doute aussi parce que je suis de gauche, et entourée de gens de gauche. En me justifiant avec la &#8220;science&#8221; : c&#8217;est un virus, c&#8217;est transmissible, tout le monde peut l&#8217;avoir. J&#8217;ai vraiment, et très sincérement, et très profondément oublié le lien HIV/Homos et HIV/seringue (c&#8217;est démodé, l&#8217;héro).</p>
<p>Oui, mais non. Je viens de (re)découvrir qu&#8217;aujourd&#8217;hui le VIH touche beaucoup plus les homosexuels masculins, et/ou les toxicomanes (à  seringue), la proportion dépendant de la région du globe. Et ça, ça m&#8217;a choquée. Non pas que l&#8217;on sache (et écrive) cela, mais que je ne le sache pas avant, alors que 1/ j&#8217;ai suivi d&#8217;assez près la presse générale ces 20 dernières années, 2/ j&#8217;ai fait des études de biologie pendant 10 ans, 3/ je fais de la recherche depuis près de 8 ans (dont 5 ans dans un labo de virologie où personne ne travaillait sur le VIH). Je pense que ne pas voir les faits par aveuglement dogmatique, même avec les meilleures intentions du monde, c&#8217;est dangereux. Pour un scientifique, c&#8217;est sûr, mais aussi plus généralement pour n&#8217;importe quel citoyen responsable.</p>
<p>Regardons de près le paragraphe que tu cites. Je pense avoir déjà  répondu plus à  ce que tu croyais (et moi aussi) n&#8217;être  que &#8220;croyance&#8221; et &#8220;stéréotypes&#8221;. Ca n&#8217;en sont donc pas. Je vais maintenant essayer d&#8217;expliquer pourquoi je trouve cela important que ces recherches aient été faites, et pourquoi c&#8217;est important de pouvoir communiquer dessus.</p>
<p>Il est important, autant de point de vue de recherche fondamentale, que d&#8217;un point de vue de santé publique (vu le sujet ici), de comprendre le plus grand nombre de paramètres possible concernant une infection (le VIH) et une maladie (le SIDA). Cette remarque très générale ne peut qu&#8217;être consensuelle, non ? En tant qu&#8217;humains doués de cerveaux à  potentialités plutot importantes, et ayant depuis des millénaires travaillé pour en arriver là  où en est arrivé en terme de maîtrise de notre environnement et de nos destins, on peut au moins exiger ça, non ? Donc l&#8217;humain veut comprendre les infections virales qui l&#8217;affectent, on est tous d&#8217;accord (recherche fondamentale). Et en plus il veut les maîtriser (santé publique). La questions est maintenant de savoir quelles questions il a le droit de se poser. Ben&#8230;toutes ! &#8230; celles 1/ qui sont pertinentes 2/ dont l&#8217;étude ne nécessite pas de pratique contraire à  la dignité humaine (et on peut rajouter n&#8217;abîme pas inutilement son environnement et les vivants qui le peuplent). La pertinence d&#8217;un sujet de recherche peut être assez difficile à  évaluer de prime abord, mais dans le cas qui nous concerne, une affection qui a d&#8217;abord concerné les homosexuels masculins et les toxicomanes (à  seringue), la pertinence est évidente : on se doit d&#8217;être capable de savoir si le VIH concerne toujours de façon plus importante ces catégories de population, et quelles évolutions il a subi. Surtout que répondre à  cette question ne nécessite pas de technique invasive ni humiliante, il suffit d&#8217;enquêter correctement, poser des questions qui pourraient en fâcher certains, mais qui me paraissent justifiées à  l&#8217;égard de la gravité de la question. Ce type de recherche, visant à  comprendre la dynamique de l&#8217;épidémie et les populations touchées, est donc tout à  fait indispensable.</p>
<p>Maintenant, doit-on l&#8217;écrire &#8220;en toutes lettres&#8221; dans un rapport officiel ? Là  encore, je dis oui, sans hésitation. Je ne vais quand même pas plaider pour l&#8217;opacité des chercheurs vis-à -vis du public et des pouvoirs politiques. Je ne vois pas trop ce qui pourrait justifier cela. Alors que j&#8217;ai des arguments pour justifier la transparence : elle doit être, à  mon avis, un des buts (et moyen) que la recherche scientifique doit se donner. Pas moins que ça. La recherche scientifique doit se permettre de faire de la recherche y compris sur des sujets tabous, et aider la société des humains à  s&#8217;en défaire (des tabous et autres interdits). Les garde-fous (on ne doit pas pouvoir faire n&#8217;importe quoi, n&#8217;importe comment, hein !) doivent être ailleurs. Ne me demandez pas où, 1/ on s&#8217;éloigne du sujet 2/ vaste sujet, largement étudié, je n&#8217;ai pas de réponse immédiate. Donc non seulement, la recherche scienfique doit se permettre de faire les recherches qu&#8217;elle (il y a plein de &#8220;vérifications internes&#8221;, le jugement des pairs, etc, et on doit de plus en plus aller vers une co-production des savoirs avec la société, cf Callon) juge interessantes, mais en plus par son attitude de transparence, elle doit servir de modèle à  toutes les autres activité humaines. Oui à  la glasnost généralisée !</p>
<p>Enfin, la question des chercheurs blancs-riches-occidentaux-venant-des-anciens-pays-colonisateurs-aujourd&#8217;hui -démocratiques débarquant en Afrique faire des expériences sur les noirs-pauvres-affamés-malades-souvent-opprimés-par-leurs-régimes. Peut choquer au premier abord, mais cela n&#8217;est-il pas au contraire la moindre des choses que l&#8217;occident sus-qualifié doit apporter à  l&#8217;Afrique ?</p>
<p>Et une info &#8220;choquante&#8221; pour la route : la probabilité d&#8217;attraper le VIH n&#8217;est pas la même pour les 2 personnes en cas de sodomie, suivant leur &#8220;position&#8221; (je sais pas comment dire ;-)). Non seulement la question a été posée, mais en plus la recherche a été faite, et la réponse publiée !</p>
<p>elifsu<br />
PS/ consciente que j&#8217;ai pas répondu sur<br />
1/ la campagne publicitaire de l&#8217;inserm. Diffile de savoir quel type de campagne et de messages vont donner le résultat escompté. Réaction/contre-réaction du public&#8230;(faire ce qu&#8217;on me dit ou le contraire, justement)<br />
2/ les sous-questions des recherches menées par les occidentaux en afrique. Vraies questions dont je ne connais pas les réponses. D&#8217;accord dans le fond : certaines manips ne passeraient pas les comité d&#8217;éthique occidentaux; oui la recherche apporte parfois un suivi de santé insuffisant par ailleurs&#8230;</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Pierre</title>
		<link>http://www.cafe-sciences.org/?p=363#comment-33</link>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Dec 2007 14:04:23 +0000</pubDate>
		<guid>http://www.cafe-sciences.org/?p=363#comment-33</guid>
		<description>Merci pour cet article qui remet les pendules à  l'heure. Peut-être serait-il utile de rappeler que dans de nombreux pays, dont le nôtre, les mutilations sexuelles sont interdites, que la circoncision en est une et que seule une mauvaise conscience complexe fait qu'on ferme pudiquement les yeux sur celle là . De là  à  ce que ça explique pourquoi on veut absolument trouver à  la mutilation en question une valeur en santé publique, quitte à  mentir sur les chiffres... Le mensonge sur les chiffres pur la bonne cause est courant dans le milieu médical (voir les effets du tabac sur la sécu ou du tabagisme passif dans les familles). J'ajouterai deux points. D'une part, même si la circoncision diminuait les risques, ça ne suffirait pas à  la justifier (si on montrait que l'excision clitoridienne diminue le risque de SIDA, on en déduirait quoi?). D'autre part, ceux qui pensent qu'il ne s'agit pas de mutilation l'ont subie alors qu'ils étaient petits enfants et ne s'en souviennent pas. Si une telle pratique devait subsister dans un cadre éthique, elle devrait devenir une opération réalisée à  l'âge adulte après un consentement exprès et éclairé. Gageons que dans ce cas, elle disparaîtrait rapidement.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Merci pour cet article qui remet les pendules à  l&#8217;heure. Peut-être serait-il utile de rappeler que dans de nombreux pays, dont le nôtre, les mutilations sexuelles sont interdites, que la circoncision en est une et que seule une mauvaise conscience complexe fait qu&#8217;on ferme pudiquement les yeux sur celle là . De là  à  ce que ça explique pourquoi on veut absolument trouver à  la mutilation en question une valeur en santé publique, quitte à  mentir sur les chiffres&#8230; Le mensonge sur les chiffres pur la bonne cause est courant dans le milieu médical (voir les effets du tabac sur la sécu ou du tabagisme passif dans les familles). J&#8217;ajouterai deux points. D&#8217;une part, même si la circoncision diminuait les risques, ça ne suffirait pas à  la justifier (si on montrait que l&#8217;excision clitoridienne diminue le risque de SIDA, on en déduirait quoi?). D&#8217;autre part, ceux qui pensent qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas de mutilation l&#8217;ont subie alors qu&#8217;ils étaient petits enfants et ne s&#8217;en souviennent pas. Si une telle pratique devait subsister dans un cadre éthique, elle devrait devenir une opération réalisée à  l&#8217;âge adulte après un consentement exprès et éclairé. Gageons que dans ce cas, elle disparaîtrait rapidement.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Fabrice</title>
		<link>http://www.cafe-sciences.org/?p=363#comment-26</link>
		<dc:creator>Fabrice</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Dec 2007 10:42:23 +0000</pubDate>
		<guid>http://www.cafe-sciences.org/?p=363#comment-26</guid>
		<description>Bonjour,

J'avais vu, en décembre dernier, une information sur Blogosciences concernant ces études sur l'effet de la circoncision sur le risque d'être contaminé par le VIH. Et ces recherches m'ont vraiment dérangé, au niveau éthique. D'une part, le &lt;a href="http://www3.niaid.nih.gov/news/newsreleases/2006/AMC12_06.htm" rel="nofollow"&gt;communiqué du NIH concernant ces recherches&lt;/a&gt; précise que :

&lt;blockquote&gt;The findings from the African studies may have less impact on the epidemic in the United States for several reasons. In the United States, most men have been circumcised. Also, there is a lower prevalence of HIV. Moreover, most infections among men in the United States are in men who have sex with men, for whom the amount of benefit provided by circumcision is unknown.&lt;/blockquote&gt;

Sur le coup, j'ai trouvé cette "précision" très choquante. 

D'une part parce qu'il est écrit en toutes lettres, dans un compte rendu scientifique officiel, que le SIDA c'est surtout une maladie d'homosexuels. Je trouve cette remarque complètement inutile. De plus, je trouve qu'il est très maladroit de la part de l'auteur de ce rapport d'ajouter cette précision. Celle-ci alimente la croyance déjà  pourtant bien présente (et toujours plus présente que ce qu'on le croit) que le SIDA est une maladie d'homosexuels et de drogués, ce qui apporte à  la population (hétérosexuelle, non toxicomane) un sentiment d'invulnérabilité. Comme quoi il est vraiment difficile de lutter contre certains stéréotypes, d'autant plus lorsque ceux-ci fournissent une sorte de protection aux personnes qui les portent. Un peu différemment, mais toujours en lien avec cette remarque, j'avais été choqué que les campagnes de prévention de l'INSERM diffusées à  la télévision l'année dernière ou il y a 2 ans, présentent soit un protagoniste hétérosexuel d'origine africaine, soit un protagoniste homosexuel blanc. Je sais que ces campagnes visaient à  sensibiliser particulièrement les populations dites à  risques, mais il faut également penser au message que cela transmet aux autres personnes.

D'autre part, j'ai trouvé cette recherche ultra-choquante sur un plan éthique. Premièrement, qu'est ce qui légitime qu'un groupe de chercheurs occidentaux se permettent d'aller mener une étude de ce genre en Afrique ? Je doute que si on proposait le même type de recherche sur un échantillon différent, par exemple un panel d'américains, la recherche soit autorisée par les autorités scientifiques. Deuxièmement, pourquoi des occidentaux se permettent de faire cette recherche, alors qu'ils concluent eux-mêmes que les résultats de celle-ci ne sont pas généralisables à  leurs propres pays ? Encore une démonstration du droit d'ingérence que s'accordent les occidentaux sur les pays du Tiers-Monde. Finalement, si on accepte que les conditions sanitaires en Afrique ne sont pas optimales (nombre de médecins insuffisants, etc.), je trouve révoltant qu'on mette fin prématurément à  cette expérience qui permettait à  des milliers de personnes de bénéficier d'un suivi médical régulier.

Je trouve que ces recherches sont un bon point d'appui pour discuter d'éthique scientifique--et je rejoins tout à  fait Elifsu quand elle s'interroge sur le message que diffusent ces études--, et par-delà  les questionnements portant sur le sujet même de la recherche, les études africaines posent la question des droits et devoirs du scientifique. Merci à  vous d'avoir traité ce sujet.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour,</p>
<p>J&#8217;avais vu, en décembre dernier, une information sur Blogosciences concernant ces études sur l&#8217;effet de la circoncision sur le risque d&#8217;être contaminé par le VIH. Et ces recherches m&#8217;ont vraiment dérangé, au niveau éthique. D&#8217;une part, le <a href="http://www3.niaid.nih.gov/news/newsreleases/2006/AMC12_06.htm" rel="nofollow">communiqué du NIH concernant ces recherches</a> précise que :</p>
<blockquote><p>The findings from the African studies may have less impact on the epidemic in the United States for several reasons. In the United States, most men have been circumcised. Also, there is a lower prevalence of HIV. Moreover, most infections among men in the United States are in men who have sex with men, for whom the amount of benefit provided by circumcision is unknown.</p></blockquote>
<p>Sur le coup, j&#8217;ai trouvé cette &#8220;précision&#8221; très choquante. </p>
<p>D&#8217;une part parce qu&#8217;il est écrit en toutes lettres, dans un compte rendu scientifique officiel, que le SIDA c&#8217;est surtout une maladie d&#8217;homosexuels. Je trouve cette remarque complètement inutile. De plus, je trouve qu&#8217;il est très maladroit de la part de l&#8217;auteur de ce rapport d&#8217;ajouter cette précision. Celle-ci alimente la croyance déjà  pourtant bien présente (et toujours plus présente que ce qu&#8217;on le croit) que le SIDA est une maladie d&#8217;homosexuels et de drogués, ce qui apporte à  la population (hétérosexuelle, non toxicomane) un sentiment d&#8217;invulnérabilité. Comme quoi il est vraiment difficile de lutter contre certains stéréotypes, d&#8217;autant plus lorsque ceux-ci fournissent une sorte de protection aux personnes qui les portent. Un peu différemment, mais toujours en lien avec cette remarque, j&#8217;avais été choqué que les campagnes de prévention de l&#8217;INSERM diffusées à  la télévision l&#8217;année dernière ou il y a 2 ans, présentent soit un protagoniste hétérosexuel d&#8217;origine africaine, soit un protagoniste homosexuel blanc. Je sais que ces campagnes visaient à  sensibiliser particulièrement les populations dites à  risques, mais il faut également penser au message que cela transmet aux autres personnes.</p>
<p>D&#8217;autre part, j&#8217;ai trouvé cette recherche ultra-choquante sur un plan éthique. Premièrement, qu&#8217;est ce qui légitime qu&#8217;un groupe de chercheurs occidentaux se permettent d&#8217;aller mener une étude de ce genre en Afrique ? Je doute que si on proposait le même type de recherche sur un échantillon différent, par exemple un panel d&#8217;américains, la recherche soit autorisée par les autorités scientifiques. Deuxièmement, pourquoi des occidentaux se permettent de faire cette recherche, alors qu&#8217;ils concluent eux-mêmes que les résultats de celle-ci ne sont pas généralisables à  leurs propres pays ? Encore une démonstration du droit d&#8217;ingérence que s&#8217;accordent les occidentaux sur les pays du Tiers-Monde. Finalement, si on accepte que les conditions sanitaires en Afrique ne sont pas optimales (nombre de médecins insuffisants, etc.), je trouve révoltant qu&#8217;on mette fin prématurément à  cette expérience qui permettait à  des milliers de personnes de bénéficier d&#8217;un suivi médical régulier.</p>
<p>Je trouve que ces recherches sont un bon point d&#8217;appui pour discuter d&#8217;éthique scientifique&#8211;et je rejoins tout à  fait Elifsu quand elle s&#8217;interroge sur le message que diffusent ces études&#8211;, et par-delà  les questionnements portant sur le sujet même de la recherche, les études africaines posent la question des droits et devoirs du scientifique. Merci à  vous d&#8217;avoir traité ce sujet.</p>
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